La fessée du sourd.

Marcel Alalof

 Il pensait à ce sourd, qui avait voulu le fesser lorsqu'il lui répondit de se mêler de ses affaires. Mais, le sourd se calma lorsqu'il le traita de faux sourd. « Vous n'êtes pas sourd si vous avez entendu ma phrase ! », ajouta t’il. Le sourd, démasqué, s’affaissa.

Après quatre nuits passées à se demander ce qu'il pourrait bien écrire, il prit son stylo à encre, plume doigt qu’il connaissait Parker, dont le capuchon avait été enlevé plusieurs jours plus tôt. Advint ce qu'il advint : il n'y avait plus d'encre dans le réservoir ! Il se demanda s'il ne l’'avait pas fait exprès pour ne plus écrire, et décida de passer dorénavant à l'encre en gel.

Puis, il se prit à penser à autre chose : pourquoi pas, après tout, ne pas écrire. Est-on obligé d'écrire ? Il se versa un fond de Jack Daniel,  porta le verre à ses lèvres, le huma, puis se ravisa. Pourquoi ne pas fumer, plutôt ?

... C’est alors que de l'arbre, il la vit descendre, on aurait dit Isabelle. La ressemblance était troublante, mais sa raison reprit le dessus ; elle avait disparu depuis bien longtemps. Il admirait néanmoins son agilité sur l'arbre sur lequel elle était remontée. Il la voyait passer de branche en branche, avec une telle grâce qu'elle semblait prendre appui dans les airs. Puis, elle se posa entre les branches maîtresses, ouvrit un livre et commença sa lecture.

 Elle devait être bien là haut !

À sa gauche près de lui, un grand arbre semblait lui tendre ses bras. Il enlaça,enserra, empoigna le tronc et se mit en quête d'un appui qu’il trouva dans les encoches aménagées dans son écorce. Arrivé en haut, ce qui ne fut pas chose aisée, il se sentit encouragé et décida de poursuivre son escalade. Continuant à s'agripper aux branches les plus proches, progressant par paliers, mais sûrement, il arriva lui aussi à trouver un endroit assez confortable pour s'installer. Alors il laissa son esprit divagué, les yeux fermés, humant les odeurs de la nature qui ici n’appartenaient qu’à lui.

Comme dans un rêve, il entendit une voix féminine :

« Excusez-moi ! ».

Il baissa les yeux, vit la jeune femme qui, au bas de l'arbre, regardait dans sa direction les mains jointes en visière.

« Excusez-moi. Vous êtes…tu es bien Marcel ?

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