La lecture

heartillyline

essai poème

Soudainement, il me vient l'envie

Une idée germe en mon esprit,

Mes pieds l'ont déjà compris et,

C'est ainsi qu'ils m'ont mené

Jusqu'à ces rangées d'étagères

Débordantes de livres divers.

 

Je parcours les tranches veloutées,

Les titres me remémorant mainte pensée,

Mainte émotion et événements passés.

 

Les souvenirs créent des vagues,

En mon âme d'adulte sage,

Ils menacent de briser les digues,

Mais est-ce un si mauvais présage ?

 

Les titres défilent sous mon regard,

Je ressens mon esprit un brin hagard,

Mes doigts continuent d'effleurer

Les  ouvrages impeccablement alignés,

Et trouvent enfin ce qu'ils cherchaient.

 

Il est là, mon roman, mon coup de cœur,

Épais pavé à la couverture abîmée,

Où s'illustre leur air déterminé,

Et leurs yeux, reflétant la même lueur.

 

Je m'en saisis, m'installe dans mon cocon,

Et l'ouvre afin qu'il s'offre à ma vision,

Il est resté imprégné de l'odeur de camel,

J'inhale les effluves âcres et les images qui baignent avec elles,

J'ai brusquement perdu quinze ans,

Ce fut magique, il ne fallut qu'un instant.

 

A voix haute, je lis,

Ma voix prononce chaque syllabe,

Rendant les mots palpables,

Qui lentement prennent vie.

 

L'émotion inhérente

M'envahit et me bouleverse,

Au dehors l'écho d'une averse,

Empli mon être d'une joie incohérente.

 

Je parcours les pages, aspirée par l'histoire,

Les mots sont images, ils se déroulent

Sur la toile, renvoyant en miroir,

Ces aspirations rêveuses qui en découlent.

 

Je me coule dans mon écrin,

Roulée en boule, bordée de coussins,

Jusqu'à la pénurie des mots,

Jusqu'à la fin de ce monde clos.

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