La machette à toto

teacheart

Le Trésor de Barbe Noire Extrait n°2

"Le Trésor de Barbe Noire" publié sur Amazon aux formats kindle et paperback sous le nom de plume 'SHIELD Eric'.

amazon.com/author/shielderic

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Fin juin 2019, j'ai tenu 9 mois.

Tous les Américains ou presque ont quitté l'île maintenant et il me reste tout juste de quoi rentrer en France.

Hille qui est en Allemagne m'a laissé les clés de sa maison sur German Hill. J'y ai battu en retraite en demandant à Virginia, Pauline, Antoine et Chris W. de garder l'information discrète sinon la plus secrète.

 J'attends que John honore ses engagements financiers, mais je n'ai que peu d'illusions. Ma petite voix me chuchote de redoubler de vigilance, car John cherche à savoir via Jake si je suis toujours sur l'île. Et ça, c'est mauvais signe.

 Ici, on peut rapidement se retrouver découpé à la machette ou nageant par 200 mètres de fond de l'autre côté de la barrière des récifs. Il y a à Cat Island deux ou trois commanditaires possibles et ils ne sont pas chers.

Depuis quelques nuits justement, quelque chose rôde autour de la maison d'Hille. Le poil hérissé et les grondements de Comète ne me laissent aucun doute sur ce point. 

J'ai moi aussi de quoi me défendre, mais je sais que je ne peux en aucun cas sortir. Ils sont peut-être venus à deux ou trois.

Les échanges de John deviennent plus que discourtois, ça sent mauvais, je vais devoir quitter l'île si je ne veux pas aller nourrir les crabes.

J'ai croisé Roy et Lucille qui sont toujours à Greenwood, ils ont pu s'en étonner à voix haute à Port Howe et coconut-telegraph a fait le reste. Ça sent très fort le roussi. 

J'en suis là de mes réflexions lorsque longeant la plage qui conduit à Greenwood Beach Resort comme je fais chaque matin, Comète, habituellement intrépide, me dépasse comme une torpille et finit par disparaitre derrière les cocotiers du petit hôtel vers lequel je me dirige.

Me retournant pour voir ce qui a bien pu lui faire peur à ce point, je découvre un des mauvais garçons de l'île avancer sur mes traces, une machette à la main. J'ai 20 mètres d'avance, 30 ans de plus que lui et une opération de la cheville en souffrance. Je suis très mal barré comme on dit dans ces cas-là.

Avec l'âge, je suis devenu charitable. Comme il n'est qu'un pauvre hère avec de jeunes enfants à charge, je vais l'appeler Toto…

Continuant à progresser au même rythme vers Greenwood Beach Resort, je me baisse pour ramasser un sand-dollar qui traîne là et remplis ma main d'une poignée d'un sable qui s'avérera peut-être salvateur.

En me relevant, je me tourne vers Toto et lui souris en lui montrant mon oursin de sable. Lui reste impassible. Je poursuis en direction de Greenwood avec un Toto qui me coupe maintenant l'accès au haut de la plage et qui n'est plus qu'à trois mètres de moi.

C'est à ce moment précis que Comète décide de me sauver la vie.

Surgissant de nulle part, elle aboie furieusement et se jette sur mon Toto bien surpris et qui n'aura pas le temps de dire ouf. La suite reste pour l'instant, entre Comète, Toto, sa machette et moi.

Car oui, Toto est en vie. Il n'a pas perdu la vue mais il n'est pas garanti qu'il puisse avoir d'autres enfants, biologiquement parlant.

Cette dernière nuit à Cat Island je ne la passe évidemment pas dans mon lit, mais sur une plage, avec Comète blottie dans mes bras. Ce jour-là elle m'a rendu au centuple et au péril de sa vie toute l'affection que je lui avais prodiguée. 

Le lendemain après avoir confié Comète à Chris, j'étais en sûreté à Nassau chez Hubert.

Le plus étrange est que mon retour chez Hubert était programmé depuis trois jours et que c'est la veille du jour J qu'est survenu ce léger incident…

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