La morale de l’histoire…

cerise-david

Carnet de santé #5

Je suis fatiguée. Au sens propre. Mon corps et mes sens me tirent. Et les gens sur mes nerfs me font sauter les fusibles doucement. Sûrement. Les uns après les autres. Pourtant, je ne demande rien qu'un peu de silence. Ce jugement si pesant à moins de valeur à mes yeux que ma prochaine paire de Minelli. Si j'ai besoin d'un avis, je ferais appel à un cordonnier. Je vous revois le jour j. Pas de message, pas de soutien. Le silence. L'écart pour se mettre à l'abri de la détresse. Les regards qui se perdent dans le vague devant mes pleurs. Et pas un mot. Et maintenant, il faudrait que j'écoute les leçons de vie de certains qui n'ont vécus que leur propre égoïsme et leurs nombreux caprices. Que j'écoute la morale, les conseils, les critiques, les jugements. De gens connus à de nouveaux inconnus. Il faudrait que je sois mâture et hypocrite, c'est ça être adulte ? Il faudrait que je change, parce qu'au bout de 25 ans je ne rentre toujours pas dans les rangs, et que ça vous étonne toujours autant. Il faudrait que je sois comme tout le monde, à manger et boire sur le dos des autres… je suis repue de vos bêtises,  pas besoin de votre laine, je ne porte que du cachemire. Que je garde mes cheveux longs, soit douce comme les blés et docile comme les bêtes qui y pâturent. Bête. A beugler. Que vous savez, que vous avez vécus. Qu'il faut être comme vous. Votre vie misérable baser sur le parjure et le mensonge. Les faux semblants. Autant de peinture que de sourire. Je veux juste vous voir étouffer par votre bêtise, et qu'on me laisse en paix. Qu'on me laisse râler,  ruminer à voie haute mes souffrances, ma haine de ce monde, que j'aimerais tant soigner. Mes espoirs envolés et mes peurs qui surgissent quand vient le soir. Je crois déjà les avoir combattu sans personne à mes côtés. Ou avec de précieux alliés, les médisants reviennent toujours savourer les déchets. La carcasse sèche et les corbeaux. Une nouvelle fable sans fontaine… La morale de cette histoire, je la cherche encore, entre un verre d'innocence et des éclairs de rêves inavoués. Je me soignerais... loin de vos plaies.

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