La nuit.

Lilya Saude

En bas, il fait sombre, 
Il fait même nuit.

La lumière tamisée du lampadaire permet aux derniers passants d'apercevoir les chats se promener. 

Mais certaines rues ne sont plus éclairées.

Il fait nuit, en bas. 

L'hôpital a laissé ses portes ouvertes. Pourquoi ne pas entrer ? Je monte alors les escaliers.

Je longe le couloir, plongée dans le noir. L'angoisse m'accapare…
C'est alors que j'ouvre une porte. Voilà un balcon. Une nouvelle vue.
Un paysage s'offre à moi. Un Paris lointain illuminé.

Mais il fait nuit, en bas.

Au loin, le soleil se couche. Je vois alors ces couleurs chaudes, qui s'étirent dans le ciel. 

Ces couleurs qui réchauffent les coeurs.
Ces couleurs qui se positionnent l'une sur l'autre, l'une à l'autre, l'une dans l'autre.
Le jaune et le rose semblent se quereller, mais le bleu et le blanc semblent s'aimer.
Tout semble s'immortaliser. Tout, sauf Paris. La tour Eiffel brille encore.

Et pourtant il fait nuit, en bas. 

Pourquoi lorsqu'il fait nuit, nous rentrons?  
La nuit est-elle si dangereuse?
Je vois de la lumière à chaque fenêtre, tout semble prendre vie. À l'intérieur. 

En bas il fait nuit, mais en haut...

Je vois derrière les immeubles, un espoir, une autre vie qui pourrait s'offrir à moi.
Je vois un monde lointain, peut-être inexistant.

Et au loin...

J'aperçois la fameuse tour qui fait rêver la planète entière.
 
Moi je la vois, elle m'appelle, elle semble lutter avec le restant de lumière.

Je me sens soudainement seule, minuscule. Je veux braver les frontières.  

Un tableau se dresse devant moi...Deux mondes.

En bas, il fait nuit. Mais pourtant, en haut... 

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