Là où tu iras, je n'irai pas (page 1)

axelbolu

NOUVELLES SOUS INFLUENCE / Episode 1 / Page 1

Infidèle comme ces ombres qui se retournent à mesure que le soleil passe d’Est en Ouest, couard comme celles qui disparaissent derrières les arbres et les nuages, Amon Fiskin est un espion des temps modernes, un genre d’Arsène Lupin vintage couplé avec Will Smith en cyber flic. Mi ange mi démon, ni bon ni mauvais, en aucun cas concerné par le temps et l’espace. Il est au-dessus de tout. Il réfute la société et ses principes modernes comme ses addictions historiques.

L’argent dirige le monde ? Qu’à cela ne tienne, il n’en possédera jamais, il se contentera de l’emprunter ou de jouer avec. La démocratie est la seule politique viable ? Foutaise ! Il ira vivre sous une des pires dictatures qui soit, quitte à émigrer dès qu’elle aura tendance à s’adoucir. L’amour est le moteur de l’humanité ? Pas pour lui. Il prendra un malin plaisir à s’en moquer, en contourner les codes et manipuler ses conquêtes avec d’affriolantes tirades romantiques volées dans des romans dont il n’a que faire. Le sexe et la possession, c’est tout ce qui l’intéresse.
Mais on ne devient pas antisocial comme ça. On n’attrape pas ce virus, aussi commun soit-il, en léchant la barre chromée d’un métro bondé. Etre différent ça se travaille, c’est un art. Il faut que ça sonne juste. Pas de place ici pour la suspicion et les doutes. La moindre hésitation dans le regard de l’autre et vous devenez un simple hipster en recherche d’identité. Ne pas perdre son sang-froid, jamais, ni la face, ni la raison d’ailleurs. La négation, l’opposition et le contresens doivent devenir vos plus fidèles alliés. Naturellement, instinctivement.
Des années d’entraînement sont nécessaires pour atteindre le niveau de « maître antisocial ». Un terme tout à fait galvaudé d’ailleurs, selon Amon Fiskin. Si des gens ont déjà pu poser des mots sur des attitudes qui sont sensées le définir, lui, au plus profond de sa personnalité, alors ces mots doivent être crucifiés sur place dans la minute, brûlés vifs et éviscérés. Pas de pitié ! Fiskin se considère plutôt comme un « contrepied humain », c’est plus physique, un « révolté naturel », c’est plus antinomique, un « désystémisant », ça ne veut rien dire et ça lui plaît comme ça. Il change les mots tous les jours, les intervertit, les mixe et les arrose d’inventions verbales en tout genre. Un engrais 100% chimique qui développe son égocentrisme à vue d’œil. Monsieur Fiskin a inventé son propre langage. Monsieur Fiskin se fout royalement du bio et de l’écologie. Monsieur Fiskin n’aime rien ni personne. Monsieur Fiskin a beaucoup d’affection pour lui-même.

A vous d'influencer la suite...


Il suffit de me proposer une phrase (en commentaire) influençant la suite de mon récit. S'il y a plusieurs propositions, je choisirai celle qui m'inspire le plus.


Pour en savoir + et comprendre comment ça marche :
http://axelbolu.tumblr.com/post/51219235129/nouvelles-sous-influence 

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