La rencontre d'une muse

peterpanpan

J'avais décidé de rompre mon humeur maussade par une marche. Le temps était doux, et l'air avait le goût de l'amour printanier. Je savourais la lumière caressante sur les bâtisses, le bruit de la ville qui s'accorde ces jours-là avec le fond de l'âme humaine. Les couples qui passaient devant moi m'inspiraient l'amour qu'ils se donnaient, et les cordes des solistes de rue exacerbaient mon sentiment. Peut-être ce charme qui semblait habiter en tout était venu me trouver chez moi comme un hôte qui irait chercher lui-même ses invités, car chaque être que je croisais me paraissait mon frère, comme si nous participions au même concert que la vie nous donnait.

Je flânais ainsi tranquille de longues heures jusqu'au soir. Les ruelles petit à petit retrouvaient leur calme, et on n'entendait plus que rarement et de loin le bruit d'un archet sur une corde. Ceux qui restaient ne se tenaient plus par la main mais se hâtaient, les pas prenaient plus de poids sur les pavés en s'allongeant. 

Devant la fin de ce spectacle je retrouvais ma mélancolie et me décidais moi aussi à rentrer. 

Une ruelle plus loin, je croisais une jeune fille dont les pas étaient encore légers. Elle ne semblait pas craindre le froid qui s'installait, et ses regards loin d'aller inquiets vers le ciel, butinaient sur les vitrines. 

"Si cette jeune femme peut supporter avec autant d'insouciance et de légèreté la fin d'un jour pareil, alors il me la faut pour affronter la vie " me dis-je.


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