LA SOUMISSION DE KARINE EXTRAIT 4

Véronique Maitressfemme

Chapitre 3

Aussitôt arrivées, Aissatou demande à ses assistantes d’étendre la nouvelle recrue, totalement épuisée, sur son lit et les prie de se retirer. Dociles elles esquissent une élégante révérence puis s’éclipsent en silence.

Elle est furieuse. Cachée dans la pénombre, elle n’a rien manqué des étreintes de Maitresse Véronique et de cette petite trainée de Karine qui vient juste d’arriver.

Ses tripes s’en tordent de jalousie.

Jamais encore elle n’avait vu une nouvelle arrivante, avoir un accès aussi rapide à la chambre de Maitresse Véronique. Elle même, malgré ces nombreuses années de bons et loyaux services, n’y était plus invitée qu’épisodiquement. Son statut de favorite pourrait bien être remis en cause. Son instinct ne la trompe pas. Cette garce de demi-vierge va lui prendre sa place, tôt ou tard, si elle ne réagit pas au plus vite.

Heureusement sa position hiérarchique lui donne plein pouvoir sur l’éducation des « colliers noirs ». Elle trouvera donc bien le moyen de briser cette jeune chienne et de l’écarter coute que coute de son chemin. Les occasions ne manqueront pas. Il lui suffira, discrètement, de la pousser à la faute et de durcir, aux delà des limites réglementaires, l’intensité des punitions. C’est donc bien à dessein qu’elle « oublie » de lui parler de la signification des lumières vertes et rouges et de tout le reste du règlement. Elle aura bien l’occasion, cette petite gourde, de les découvrir à ses dépens.

Aussitôt, profitant de l’inconscience de sa proie, elle se précipite dans  la salle de bain pour s ‘emparer de la crème aphrodisiaque. Alors elle masse longuement le corps nu et sensuel de la belle endormie. Avec soins elle s’applique sur chaque centimètre de peau, s’attardant avec délices sur plus tendres muqueuses.

Puis avec les gestes précis d’une ancienne militaire, elle lui lie pieds et poings, bien arrimés aux montants du lit.

Déjà l’effet du baume semble produire ses effets. Petit à petit le corps de la belle endormie se perle de sueur et peu à peu se galbe comme une voile sous les alizées. Le dos se cambre. Le bassin, léger, commence à onduler au gré d’une houle invisible dans un rythme harmonieux. De ses lèvres entrouvertes s’égrènent des soupirs, long chapelet d’une prière d’une langue inconnue.

Mais cette vision lascive est loin d’amadouer Aissatou.

Sa rage ne cesse de croitre. Cette rage irrépressible qui lui revient parfois, dans d’effroyables cauchemars. Le vacarme, les cris, les plaintes, le gout salé des larmes, l’odeur moisie de la jungle, celui du sang et de la peur mêlés et celui toujours présent du sexe. Des odeurs et des sons obsédants qui chamboulent tout son être jusqu’à la moelle de ses os. Pourquoi cette monstrueuse envie de jouir lui revient elle ainsi ? Elle qui depuis si longtemps déjà en avait été exclus par la plus abominable des amputations.

Comme à chaque  fois, l’adrénaline jaillit à plein bouillon dans toutes les veines de son corps. Ses nerfs à vif se tendent comme des arbalètes. Son corps tremble. Le souffle lui manque. Une main géante l’enserre, refermant de plus en plus fort l’étreinte comme pour la broyer.

« Ecoutez la gémir cette putain. Elle n’en a donc jamais assez ?

Au diable ses devoirs de Collier d’Or et la camera, elle veut, à l’encontre de tout règlement, s’acharner sur sa victime.

Rageusement sa main en forme de griffes se plante sur la peau fragile de l’intérieure de sa cuisse puis remontent lentement laissant sur son passage de rouges sillons. Puis sans transition, ses doigts plongent de toute leur longueur dans la tiédeur de son ventre, immobiles quelques minutes comme pour s’abreuver de cette douce moiteur.

Alors tout éclate dans sa tête, brouillant sa vue et ses idées. Toutes ses forces de révolte se rassemblent pour résister à cette terrible oppression et expulser hors d’elle tout ce que lui reste de haine et de rage.

Elle va se repaitre de son plaisir

Se saouler de ses cris,

Jouir à travers elle.

Jouir de son plaisir

Jouir de sa souffrance.

Tout simplement se sentir bien vivante, faite de chair et de sang.

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Karine est tourmentée par des rêves torrides. Gémissante, en sueur, étroitement serrée par ses liens, elle est emportée dans un océan de volupté. Sa peau en feu est la proie de violents tremblements qui la secouent comme une poupée de chiffon................................................................................................................

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