L'absence

Nadège

C'est tout ce qu'il me reste : un nom, des souvenirs, un visage un peu flou. La peur d'oublier. La peur de grandir. Et son absence. Une enfance sucrée et édulcorée bercée par des bras forts un peu abîmés par le temps. La douleur et les larmes enfantines vite effacées par des mains rêches. Une bienveillance dans un regard cerné par les rides, vestiges d'une vie envolée. La peur de l'insécurité.

C'est tout ce qu'il me reste : une odeur, des photos, des habits. Un parfum connu sur une peau inconnue. Un passant qui laisse derrière lui la senteur reconnue. Des vêtements encore imbibés par endroit de cette fragrance tant aimée. Du papier, un sourire figé. Immortalité de l'instantané. Mortalité instantanée.

C'est tout ce qu'il me reste aujourd'hui : son absence.

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