l'ame du parc

hlarvee

1 : le bonheur égoiste

Thomas vit sans souci, des souci il n'en a pas, sauf peut être la voisine du dessus qui fait un peu trop de bruit lorsqu'elle fait le ménage à 3 h du matin. Ou la mère d'en dessous qui traite sa fille de salope en plein après midi.

Thomas est un être simple, sa vie est ordonnée exactement comme il le voulait. C'est facile, il n'a pas voulu grand chose, alors il a tout eu. Si le bonheur se résume à une barre chocolatée, pour quoi diable allez le chercher ailleurs? C'est ainsi que raisonnait Thomas, peut être que vous n'êtes pas en accord, mais il se fiche éperduement de ce que vous pouvez en penser. Thomas est un solitaire égoistement heureux. Souvent un sourire se trimballe sur ses lèvres lorsqu'il voit une petite chose qui l'émerveille comme le soleil traversant une feuille de printemps, ou le rire d'un enfant qui surgit par hasard dans la rue. Il est heureux et seul, mais toi lecteur tu te doutes que ça va changer sinon il n'y aurait pas d'histoire;

Sa routine lui apporte un confort particulier, il aime bien refaire les mêmes choses et y découvrir quelque chose de nouveau à chaque fois. Ce qu'il aime par dessus tout, c'est le parc du jardin des plantes. Dès qu'il a un peu de temps, il s'y pose et observe les feuilles, les fleurs, les gens... Bref, tout ce qui porte en lui une petite part de la merveille qu'est le monde selon Thomas.

Il y a aussi les sorties avec les copains, dans les bars, en terrasse. Jamais chez lui, c'est trop petit et il n'a pas envie. Ils regardent passer les gens, ils discutent leurs style, ils parlent un peu de leur vie, juste ce qu'il faut, pas de politique, très peu de religion, rien qui fache. De pas grand chose en fait.

En résumé, la vie de Thomas est un long fleuve lisse et tranquille. Pas d'accrocs, que des petits bonheurs. Il habite à Nantes, vous connaissez? C'est une ville très sympathique une fois qu'on la connait un peu. Elle ne donne pas tout tout de suite, il faut connaitre un peu. Il y a des arbres, de l'espace, de l'eau, des gens qui sortent, c'est une ville vivante si vous voulez.

2 : le bruit

Ce soir Thomas, assis sur le rebord de sa fenetre prenait le temps de se cultiver en essayant de lire Rielke, il aime bien mais les phrases sont trop longue. Enfin, il pourra toujours dire qu'il l'a lu. Ça pourra faire un petit sujet de discussion avec ses amis. Les petits sujets de discussions sont ceux qui durent moins de 5 minutes. Oui, c'est un défaut qu'il n'a jamais cherché à compenser, il aime bien les choses courtes dont on a pas le temps de voir les défauts.

Il habite pas très loin de la gare. Devant lui un arbre prend la vue, et il voit dans les ramifications des branches un jeu labyrinthique aux sorties multiples.

Un oiseau passe rapidement dans le soleil couchant au moment où thomas lèves ses yeux. Il avait dans sa tête une phrase : "l'art c'est ignorer que le monde existe, et en créer un autre". Peut être que le vol de l'oiseau lui donna l'envie de prendre l'air, ou peut être que son cerveau avait eu assez de lecture pour ce soir... Toujours est-il que quelques instants plus tard, cédant à une impulsion notre "héros" se trouvait dans la rue à marcher en direction du centre. Il se demandait un peu ce qu'il allait faire, rien n'était prévu ce vendredi soir.

Il se retrouva au jardin des plantes, dans un air tiède de soirée d'été.

Tout se passa comme d'habitude, il alla sur son banc, par chance il était libre. Il s'assit et laissa son esprit s'abandonner au vagabondage. Ce soir il s'attendait à quelque chose, il ne savait pas quoi.

Quelque chose attira son attention au moment où il partait, un bruit. Il pensait à un oiseau, un petit. Le bruit qu'avait fait cet oiseau était étrange. Comme des petites percussions sur les feuilles avec un frolement d'aile.

Il n'y prêta pas attention, offrit un sourire de plus à la face de la Terre en imaginant la légèreté de l'oiseau. C'est ainsi que commença la rencontre de Thomas avec son destin.

Il me faut maintenant laisser un peu de temps, je ne peux pas détailler toutes les petites choses que Thomas voyait, il m'en manquerait beaucoup trop et je n'aurai pas les mots pour celles que je sais.

Tout ce dont je suis sûr c'est que depuis ce soir, chaque soir où Thomas retournait au parc le bruit étrange se reproduisait lors de son départ.

Ce bruit l'amusait, et il se mit à jouer un peu avec, à partir un peu plus tôt, à partir un peu plus tard, plus vite, plus lentement. Et toujours a chaque fois le petit bruit du buisson était là. Et toujours il suivait les mouvements, si thomas se levait lentement le bruit attendait le dernier moment pour apparaitre, si il se levait vite, il apparaissait dès le début.

Dans un premier temps on pense toujours à un animal qui aurait installé son nid dans le buisson, mais Thomas perdit son sourire lorsqu'il changea de banc.

Car le bruit le suivait toujours.

Et ce quelque soit l'endroit. A partir du moment où il était dans le parc, l'étrange animal faisait bruisser les feuilles au départ de Thomas. Ça en devenait vraiment génant. Et en premier lieu pour sa santé mentale. Il ne pouvait pas en parler à ses amis, ni aux collègues de travail. A personne. Et c'est terrible d'avoir un doute que l'on ne peut pas partager. C'est pire qu'un secret. Un secret on sait pourquoi on le garde, ça peux faire mal, ça peux rendre heureux, mais un doute...

Alors Thomas au bout d'un moment finit par chercher à voir l'animal. Il regardait les buissons, il feintait de partir... Peine perdue. L'animal restait invisible. Et Thomas en perdit le sourire.

Alors il esseyat de le photographier, de lui tendre des pièges avec un appareil photo... Peine perdue, il se fit réprimander par un agent du parc, et réussit à perdre un autre appareil qui disparut dans le buisson. Et Thomas en perdit le sommeil.

Il finit par en devenir nerveux, quand on est nerveux on fait des choses qui ne sont pas très sensées. Un jour, assis sur le bord du banc il entendit le bruit, et il faillit se jeter dans le buisson (c'était un hortensia) heureusment pour une fois, le gardien était là. C'était le même qui l'avait pris à essayer d'installer un piège. Alors Thomas fit quelque chose de beacoup plus discret... il se mit à regarder l'hortensia et grommela dans ces dents une réflexion à voix haute, il demanda :

"- mais qu'est ce que tu es à la fin?

Ah! enfin tu demandes ! Lui répondit le buisson.

ho...

Je suis content que tu ais décidé de parler, au début tes idioties ça m'amusait beaucoup, mais je commence à avoir peur que le gardien te mette dehors. Faut vraiment que tu arrêtes de fouiller dans les buissons. " la voix parti dans un petit rire discret.

" - Mais euh...." c'est tout ce que Thomas trouva a lui répondre avec la bouche ouverte.

"- Et vas t'en vite, il y le gardien qui vient voir ce que tu fais"

Effectivement le gardien se rapprochait pour voir ce qu'il se passait.

Dans un souffle si court que Thomas crut ne pas l'entendre la voix ajouta très vite " Ademain".

Quand un buisson vous parle et se fiche de vous il n'y a pas trente six solution. Soit on se dit qu'on est fou, soit qu'on a rêvé, certain se diront juste qu'ils avaient trop bu ou trop fumé d'herbe. Et Thomas se dit qu'il avait rêvé. Il rentra se coucher et effectivement cette nuit il continua à rêver. Un rêve étrange dans lequel un buisson l'emmenait visiter le jardin des plantes, depuis le dessous des feuilles jusqu'au haut de l'arbre. A son réveil, sa décision était prise, il fallait qu'il sache.

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