L'aube d'une année

mesnil-au-pain

Aux Roxane de chacun


Tu ne te savais pas dans ses rêves,
Belle, jeune, et précieuses Roxane.
Et ne savais que, sans trêve,
Pensant à toi, folie et fièvre

Pour lui furent ses années.
Pour le plaisir subtil
De se savoir aimé
Pour son amour qu'il savait rimer.

Ces années passées dans notre solitude
A rêver de vos lèvres
La mélancolie devient une habitude
Et difficilement on chasse la lassitude

Et les turpitudes par nos vers,
Ou bien même nos proses,
Que l'on arrange, compose, aux terrasses l'hiver,
L'été sous terre avec les vers.

Mais alors cette nuit
Est-ce bien réel ?
Ce n'est pas moi qui fuit
Sous cette Lune qui pour moi luit.

Sur mes lèvres cette chaleur
Qui m'appelle et m'aspire !
Face à mes yeux fermés dans la nuit, cette splendeur.
Cependant sous mes doigts la douceur,

Et quelle douceur ! m'échappe.
Les nuits sont maudites.
Sous mon corps, la matière s'échappe
Encore un piège, une trappe.

Alors dis moi donc d'arrêter,
Et ces draps seront linceul
D'un espoir consumé
Sur l'aube de cette nouvelle année.

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