LE BERGER

Abelard Chyg

La nostalgie d'un berger amoureux

Affamé de sainfoin, friand de graminées,

Je paissais mon troupeau à longueur de journée ;

Ton amour se cueillait comme un bleu de gentiane,

À demi gourgandine , à demi courtisane.


N'appartenant à rien et n'adorant personne,

Tu courais dans mon cœur avec le vent sur les épaules

Et je voulais ta brise auprès des anémones,

Friand de ton pistil, affamé d'herbes folles.


À toi mon Arcadie et sa vaine pâture,

Symphonie pastorale au flanc de mes collines,

Tu semblais survenir d'un concert de clarines,

Affamant nos amours et les loups alentour.


Je regarde toujours ton étoile insolente

Qui se refuse à dire au chagrin de mes pentes

Si j'ai péché par le geste ou par la phrase

Ou si, dans cet amour, mon herbe était trop rase.

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