Le célibat de Dolores

mallowontheflow

Certaines personnes vivent bien leurs célibats. D'autres cherchent à tout prix leur âme sœur. Mais qui se cache derrière Dolores Ombrage, cette femme à l'air si dur ? Et pourquoi est-elle comme ça ?

Au fond de la classe, entre deux jeunes hommes arborant les couleurs de Serpentard, était assise une des plus jolies filles que Poudlard avait en son sein à cette époque. Ses cheveux longs, bruns et bouclés faisaient déjà beaucoup pour son charme et ses yeux clairs dont la pupille occupait presque tout la place finissait d'achever quiconque la regardait. Hélas, comme souvent dans les comédies romantiques qui commencent ainsi, elle n'avait d'yeux que pour un seul être au monde et tous les autres pouvaient bien lui promettre les gallions du monde entier : elle ne daignerait pas leur accorder un simple regard.

Depuis qu'elle l'avait rencontré et qu'il lui avait sauvé la vie (sans un peu d'esprit chevaleresque cette histoire ne serait pas très crédible), elle en était tombée éperdument amoureuse et ne pensait qu'à lui, jour et nuit, délaissant du coup ses études et ses amies. Ces dernières l'ignoraient royalement depuis, seuls quelques garçons restaient solidement accrochés, tels des rémoras à une baleine... Ils ignoraient à quel point cette image allait s'avérer réelle. Mais continuons l'histoire dans le bon ordre ! Pour le moment, la jeune fille était charmante et n'avait pas le moindre kilo en trop, la baleine ne ferait son apparition que des mois plus tard.

Elle l'avait rencontré, donc, un jour de grand désespoir, lorsque son premier bouton d'acné était apparu. Pour une fillette aussi populaire, cela était intolérable ! Et hélas, la première année ne connaissait aucun sort ni aucune potion efficace contre ce fatal coup de la vie ! Mais une de ses amies, une vipère absolument détestable qui zozotait, lui avait conseillé d'ingérer de l'aconit, plante qu'elle pourrait trouver dans la forêt interdite et qui, promettait-elle, la guérirait de son fléau.

Le soir venu, elle s'était précipitée vers le bois sombre et s'y était engouffrée sans hésitation (en fait si, elle avait même eu très peur, mais ne ternissons pas l'image des Serpentard, évitons de se faire des ennemis). La petite fleur violette n'avait point été difficile à dénicher ; il en poussait par touffes à certains endroits ! Elle en arracha une et la plongea directement dans sa bouche, comme lui avait dicté son amie. Mais elle ne se doutait pas que son amie voulait sa mort afin de récupérer le regard du beau Andros, élève faisant partie du groupe de musique si populaire à Poudlard, les One (in)Digestion, élève qui bien sûr n'avait d'yeux que pour la belle brune. Cette dernière n'avait donc pas hésité. Seulement, l'aconit étant une plante très toxique, elle ne tarda pas à convulser dangereusement. L'homme s'était approché à ce moment-là (COMME PAR HASARD il était là) et lui avait fait subir le fameux bouche à bouche (certes, un bouche à bouche ne guérit pas d'un empoisonnement, mais c'est plus sexy que l'enfoncement du bézoard dans la gorge alors on va dire que ça peut fonctionner aussi, ou que c'était de l'aconit de pacotille). Inutile de préciser qu'elle avait adoré.

Depuis ce jour-là, elle ne l'avait pas revu. En fait, cet épisode s'était déroulé seulement la semaine précédente... Mais elle avait l'impression que cela faisait plusieurs années. Et aujourd'hui elle avait décidé, après son dernier cours de la journée, de retourner dans la Forêt Interdite pour le revoir et lui faire avouer ses sentiments, car elle était persuadée que lui aussi en avait pour elle, la façon désespérée avec laquelle il avait posé ses lèvres sur les siennes lui prouvait.

Lorsque la sonnerie retentit, elle fut la première hors de la salle et dix minutes plus tard, elle était dans la forêt. Elle ne savait pas comment l'appeler, puisqu'elle ne connaissait pas son nom... Et même si elle était déjà au bord du gouffre de la niaiserie elle n'y était pas encore tombée, elle n'allait donc pas crier « mon sauveuuur » pour le faire venir. Elle eut l'idée de s'empoisonner à nouveau pour le faire venir, ou de simplement imiter des convulsions mais l'aconit l'avait fait recracher des boulettes, à la manière des chats, pendant plusieurs jours, et elle tenta bien le coup des convulsions, mais elle avait juste l'air d'être en proie à un fantasme qu'elle ne pouvait assouvir. Ce qui était un peu le cas, d'ailleurs.

Comme le récit ce serait arrêté là s'il n'était apparu, j'ai le regret de vous annoncer qu'il va falloir subir ses aventures encore un petit moment, car il est arrivé. La jeune fille vit d'abord son torse nu, que la lumière perçant à travers les arbres faisait resplendir.

- Edward ?

Pardon, mauvais papier. Je disais donc... Elle vit d'abord son torse, brillant et imberbe et releva ensuite son regard pour observer son visage, qui était d'une beauté qu'elle était dans l'incapacité de décrire. Ses longs cheveux blonds ondulaient sur ses épaules, ses yeux verts la transperçaient du regard et lui donnaient l'impression de brûler vive (inutile de préciser à quoi elle pensait en ce moment-même, mais cette chaleur n'était sûrement pas inspirée du poulet trop chaud qu'elle avait mangé la veille et qui lui avait provoqué des remontées acides toute la nuit). Elle était incapable de bouger ou de parler et dut attendre que l'homme s'approche d'elle. Des bruits de sabots se firent alors entendre, et le reste du corps de l'homme apparut. Ses quatre pattes étaient épaisses : elles auraient fait reculer n'importe quelle bestiole. Quelle force, se répétait la jeune fille. Le centaure prit alors la parole et demanda à la jeune fille comment elle s'appelait.

« Dolores. Mais vous pouvez m'appeler Dodo. 
- Tu dois retourner à Poudlard et ne jamais revenir ici... Dodo.
- Mais je suis amoureuse de vous ! »
(Bon en fait elle ne l'a pas dit comme ça, elle a été un peu plus longue et chiante, mais on va vous épargner les détails, au final c'est ça qu'elle voulait dire mais les gens amoureux se sentent toujours obligés de balancer des phrases bourrées d'images comme "si j'étais un clabbert ma pustule ne s'affolerait jamais en ta présence".)

C'est là que s'arrêta cette histoire d'amour qui n'avait même pas commencé (comme 90% des histoires d'amour) : le Centaure la renvoya à Poudlard, lui assurant qu'ils n'avaient pas d'avenir ensemble, elle étant sur deux jambes, lui sur quatre pattes, ce n'était pas possible, ni moralement ni... d'une aucune autre manière. La jeune fille vit là une attaque personnelle et se persuada qu'il avait abusé d'elle en lui volant un baiser le premier jour et en rompant à peine une semaine plus tard !

À partir de ce jour-là, elle se mit à s'empiffrer de dragées surprise, tombant toujours sur les plus mauvaises, lesquelles déformèrent son visage à force de grimace ; elle devint laide. Les calories aussi eurent raison de son corps, qui s'arrondit très vite. Et puis, elle décida de haïr toutes les créatures que la terre avait pu créer... sauf les chats.

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