Le poids du mal (1)

guegueette

Près de la chapelle sous un arbre j'y repense.


Cette nuit où les abeilles semblaient dessiner un schéma de leur Office sous les réverbères. Il faisait chaud et il n'y avait personne dehors. Je l'ai senti, mais c'était encore doux. Je n'ai pas vu la lune, mais elle fut spéciale. Je me suis quelque instant senti apaisée et, en ce genre de nuit, je me suis aventurée sous les étoiles. Sur un banc, près d'un lac, c'était paisible. J'ai entendu des rires et des discussions d'hommes, invisibles mais pourtant si proches, et j'étais assise. J'ai fumé une cigarette, j'ai exprimé quelque tristesses, c'était bref et solennel. J'aurai voulu m'attarder, je regardais les canards en ballade, ils semblaient paisibles et ils discutaient entre eux. Nous étions deux, et l'on ne s'est pas attardé. Moi je voulais, pourtant. C'était comme une dernière confession paisible. 


La nuit fut plus chaude et spéciale, lourde et électrique. Le mal m'a envahi et j'ai cherché une issu à ce poids qui pesait au dessus de ma tête. J'ai fléchi sous sa dureté et l'esprit embrumé j'ai cherché à fuir quelque chose. Non sans mal. Je me rapelle le regard envoûtant de l'homme du feu, et sa main rassurante et chaude sous ses gants en plastique. Pour les deux autres tout semblait aller bien sur mes constances. Mais lui, son regard parlais bien plus que sa bouche. D'un regard j'ai approuvé et nous sommes partis en direction de l'hôpital. 


Le voyage fut silencieux alors que je laissais deriere moi la Muse, qui n'avais pas la moindre idée de l'état dans lequel je me trouvai et semblait plutôt confiante. Je me sentais mal, je voulais fuir le mal qui à toujours plané sur cet immeuble et que j'ai senti dès mon premier pas en ses murs. Le voyage fut lourd en mon esprit, allongée à l'arrière du camion, avec mon short et mon t-shirt, et mon sac à main. Allongée à l'arrière du camion, le regard du pompier pyromane questionneur et dur qui semblait me parlais par le regard. C'est sur qu'avec son masque en papier, je ne remarquai que celui-ci. Je me maintenait sur la route, le silence était dur, je n'avais plus d'impression, hormis celle de partir vers un lieu sécurisant, car avec lui ça allait mieux.


Si j'avais su.


Descendu du camion de mes jambes, j'entrai par une annexe de l'hôpital. Je ne parlais pas, je n'en avais pas la force, je n'y arrivait pas. Et il m'a laissé d'un seul coup je crois, mais son regard semblait jaunit. 


Petit couloir, une dame dans la pièce de droite non challante, me demande mes papiers. Carte d'identité, carte de mutuelle. Il fait froid, le sol est en lino, les murs sales et tout est vioc. Je fouille dans mon mal dans mon sac à main, et lui tend. Je m'assoie dans la pièce suivante et viens la question. "Expliquez moi pourquoi vous êtes là." Je sens que ça commence mal. Comment expliquer que je me sens lourde, que ma tête me brûle et mon cœur est lourd, que mes veines me brûlent ? 

"Je me sens mal, pas bien, j'ai pris de la drogue l'autre jour, je me sens mal". J'ai fumé de la verte, un peu, mais au fond je sais qu'il n'en on rien à faire et que le problème est ailleurs. J'ai froid. La dame pianote sur son ordinateur, entre une tasse de café et de la paperasse, à moitié dans la pénombre, calmement.


"Suivez-moi".


C'est donc ça le service des urgences, un endroit avec des petites pièces avec du linge rangé sur des étagères, des murs vieux et jaune, avec personne sur des brancards et une ambiance lourde et mauvaise ? Dans mon mal je n'attends que de l'aide, mais je suis le mouvement et m'allonge dans la pièce qu'on m'attribue. Un lit, des prises au dessus, un monitoring avec des constances cardiaque. Le médecin arrive, une femme, me pose des électrodes et j'attends. Elle repart. Je regarde l'écran et écoute les petits bip. Je regarde l'horloge au dessus de la porte, l'on me l'a laissé ouverte, il est trois heures environ. Les murs sont jaune, y'a du bazar sur la table à la gauche. Je suis plantée là. 


En face une vielle dame dans la pièce porte ouverte, qui appelle à l'aide. Personne ne bouge. Je fixe l'horloge, il est quatre heure du matin. Mon pouls s'accélère et se coupe, alors que les petits bip de l'appareil ne s'affolent absolument pas. Étrange. J'ai une sale impression. Le médecin reviens, me pose quelques questions de base, prend mon bras et pique. Puis repars dans le jaune des éclairage. Dans la pièce d'en face, une femme habillée qui tient un bébé qui semble paisible tout en tapant la discute avec une amie. J'observe la scène pour me vider l'esprit et regarde la progéniture qui semble s'endormir. Elle ne reste pas longtemps, une trentaine de minutes, parle des prix de quelques fournitures et s'en va. Je me demande où est passé la vielle dame qui appelait à l'aide. Moi quand je suis mal, je n'arrive pas à parler, alors j'attends.


La médecin qui devait repasser n'est toujours pas là, mais elle arrive et me dit qu'on va s'occuper de moi. C'est la fin de son service, elle m'a raté la veine et j'ai un bleu. Peu importe. Elle me dit au-revoir. J'attend. Je prend mon mal en patience. Je ne sais pas où j'ai mal, mais mon poul est irrégulier. Je le sens bien à ma façon de respirer, mais le monitoring n'affiche rien. 


Une interne arrive dans la chambre et, toujours dans une ambiance pesante, me pose sur la table un gobelet. Celui où l'on fait pipi. Posé et elle s'en va. Elle ne parle pas. J'attends alors. Et je ne sais pas combien de temps j'attend. J'en ai marre et j'enlève les électrodes. L'appareil affiche une ligne droite mais ne fais aucun bruit spécial. J'attends encore cinq minutes et me lève de mon lit. J'attrape le gobelet et m'engage dans le couloir vide, aussi vide qu'à mon arrivée. Je trouve des internes en blouse blanche qui discutent tranquillement devant leur portables. Gentiment je demande si je dois uriner dedans. Un oui rapide et je repars. Je cherche les toilettes. 


Une interne sur son départ m'en indique dans une ailes qui semble mieux entretenue. Je fais mon affaire et retourne aux discutants. "Tenez".

Puis je retourne dans la chambre, toujours dans mon short, mais j'ai mis la veste de ma Muse. Que dois-je faire maintenant ? Temps mort, je m'assoie, il est cinq heure et demi et je ne suis pas fatiguée, alors je pense.


Aucun bruit. Je fixe le mur. J'ai mal au ventre, j'ai une sale impression. Mon pouls est lent.


Il est six heures et demi, peut être. Un homme entre en blouse blanche. Il va s'occuper de moi, il m'invite à le suivre. Il à l'air spécial. 




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