Le sourire

onizuka

J'ai toujours le sourire affiché sur mes lèvres
Quitte à régulièrement passer pour un niais
A croire que je revêt ma peau des Deux Sèvres
Sur laquelle serait peinte l'Angélus de Millet

Les sourires d'aujourd'hui sont des masques
Pire, des murs derrière lesquels on se cache
Et si tu y cernes des gerçures qui craquent
C'est que j'ai la salive acide quand je crache

Les lacrimales s'écoulent à l'interieur
T'etonnes pas que j'ai la parole salée
Et quand tu me vois l'air débonnaire rieur
C'est que je contiens l'amer sous le palais

Je suis pudique sur l'identité de ma bave
Pour cela je passe mon temps à l'avaler
Mon oesophage, une cheminée de lave
Se bouche pour ne pas ravager la vallée

J'ai le corp qui brule et la machoire écarlate
Dix mille veines viciées se démèlent sous mes lipes
Prête à exploser, des molaires aux omoplates
Son espérance de vie est celle d'une tulipe

Sous tension je ne retiens pas mes zygomatiques
J'imagine que ça doit être nerveux
Le masque a sa matrice mathématique
Bien cachée sous une moustache de cheveux

Et ça macère bien au fond de l'estomac
Tresses intestinales se tordant autour des tripes
L'inspiration ne peut naître que dans ce coma
De la, la voix s'élèvent avec les mots qui s'agrippent

Les mots criminels remontent de l'intérieur
T'étonnes pas qu'ils soient souvent mal lèchés
Et quand tu me vois l'air taquin moqueur
C'est que l'amer vient souvent du péché

Notre bouche s'avèrent parfois bien menteuse
Faut se méfier quand elle reste statique
Les lèvres maudites sont souvent silencieuses
Traquant le tic attaquant la rupture du cantique

J'ai toujours le sourire affiché sur mes lèvres
Quitte à régulièrement passer pour un niais
Mais si tu fixes mon iris sombre des Deux Sèvres
Peut etre comprendras tu la référence à Millet

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