Le temps qui passe.

Christophe Hulé

Est-ce ce même corps qui a pataugé dans des eaux plus ou mois grasses, transparentes ou bleutées ?

Ces pieds là ont foulé tant de sols, mousse, rochers pointus, sable , tapis de neige ou de soie.

Ce sourire là s'est inversé dans une grimace, comme une bouche de poisson.

Ces yeux fanés ont gardé leur couleur bleutée.

Tous ces matins d'extase, de poitrines blanches et roses, de corps lisses et chauds.

Ces mains ont ramassé les coquillages à l'âge tendre, tenu les cornets pistache chocolat, jeté les crevettes et bouquets de la bichette au panier.

Ces mains ont pétri la matière, inanimée ou pas, tenu le fusain ou le pinceau, pincé les cordes d'une guitare (ou autres), massacré Chopin au piano.

Ce vieux corps peut bien se projeter dans un futur complaisant.

Fin juillet, il fait chaud évidemment.

Pas de plage, ni de corps de rêve.

L'éternité est une vue de l'esprit.

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