Les dernières révélations d'une condamnée ...

vanessa-dylan-ecrivain

Les années laissent le vent balayer mes dernières envies,
J'aimerais tant pouvoir dire que quelquechose de moi est encore en vie,
Les petites traces s'estompent, les béances se figent,
Seul dans ma mémoire indicible, les ravages de la vérité persistent,
La solitude m'emporte, un asile inévitable imposé comme sentence,
Et toutes ces montagnes de silence, cette immensité de courants pour pénitence,

Autrefois, je pouvais encore penser être quelqu'un,
J'aimerais tant pouvoir dire que quelquepart m'attend encore demain,
Les mots s'enferment, les souffrances se sclérosent,
Perdu dans l'impénétrable de mon ressenti, le désastre de ma réalité perdure,
L'isolement m'enlace, l'exil programmé d'une âme damnée par ton emprise,
Et toutes ces pages arrachées par l'obscurité, cette infinité de motus pour tenter d'éviter le pire,

Les années laissent les griffures des remords sur mes dernières espérances,
J'aimerais tant pouvoir dire que j'avais la force de fuir l'évidence,
Tes sourires m'insultent, tes violences s'éternisent,
Reclus dans l'enfer des souvenirs, le drame de mon existence s'étouffe,
La fatalité m'embrasse, la fin préméditée par ton besoin de détruire,
Et tous ces miroirs d'avenirs brisés, cet abîme de mutisme pour finir par en mourir,

Autrefois, je pouvais encore penser être quelqu'un,
J'aimerais tant pouvoir dire qu'il me reste toujours un bout de chemin,
Les larmes s'immortalisent, les regrets te méprisent,
Condamnée par l'épilogue de l'histoire, une révélation soupire,
L'insupportable m'a tué, la dernière ligne d'un corps retenu par les décombres,
Et ce petit cadavre en moi, vie éteinte avant d'éclore qui me tient compagnie dans cette tombe,


(09 Février 2014) Vanessa Dylan.

Signaler ce texte