Les habitudes foutent le camp.

lull

On attendait ce jour avec cette impatience enfantine qui faisait briller nos yeux. On dormait mal la veille et on se levait tôt. On allait se jeter dans leur lit. La première réaction de ma mère était l'agacement, juste une demi seconde. Puis le sourire.
T'avais quatre ans, moi sept. Et le mardi gras c'était magique. D'abord nos déguisements faits maison, nos maquillages qui coulaient au fil des heures, et nos crêpes en rentrant. C'était la meilleure façon de finir la journée.
On arrivait en courant, on se prenait souvent les pieds dans nos costumes mais on riait comme si rien importait.  On allez s'assoir au fond du jardin sur le banc en bois tout abimé. L'odeur des crêpes embaumait notre quatre heure. Ma mère s'installait dans la cuisine pour nous les préparer. Sucre. Groseille. Fraise. Chocolat. Miel. On ne savait jamais quoi choisir, on voulait tout gouter. Mais dès la deuxième, plus rien ne rentrait. On se battait pour savoir qui aurait sa crêpe en premier ou qui aurait plus de confiture ou encore qui aurait une crêpe trouée.
Aujourd'hui, plus de costumes ni de maman à réveiller. Quand elle se lève, je dors encore et quand je me lève tu te couche à peine. Dans la cuisine, plus d'odeur sucrée, plus de sourires maternels. Plus de jeux enfantins. Juste de l'indifférence et du café froid.

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