L'étreinte

Ferdinand Legendre


J'avais écrit l'étreinte, la pente était glissante,

Je retenais les lettres, et te soufflais à peine,

Combien j'aimais tes doigts qui dans le creux de l'aine,

Parlaient de feux anciens et d'étoiles absentes,


Durant nos nuits d'enfants se cherchant sous la tente,

Je projetais des images aux murs, sans lueur,

La forme de tes hanches, ta bouche, ton odeur,

Le rideau de la douche et ta peau qui me tente,


J'avais écrit l'étreinte et caché sous les plinthes,

Des sachets de cachets aux motifs effacés,

Dans le fond du bassin des flammes entrelacées,

La saveur de l'essence sous ma langue était peinte.


Rédigé la distance, à l'encre imaginaire,

J'avais écrit, je pense, une histoire entière,

Faite d'humidité, de sang, de sorcières,

De bois et d'un briquet pour brûler les barrières.


J'avais entre tes cuisses, esquissé dans l'ivresse,

Dessiné sur tes seins et la main sous tes fesses,

Baisé le brasier, laissé couler les cendres,

J'avais écrit l'étreinte, m'y étais laissé prendre.


On y voit que du feu, la lumière est éteinte,

Et ta main sur mon torse soudainement me fait taire,

Je décris en silence ce que j'aimerais te faire,

M'endors après l'étreinte.


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