L'Exil de l'arbre ou le Voyage du loup

Aurore D'hondt

Tout mon corps est ici,

sauf mon cœur qui ailleurs

Porte son habit gris,

tel un fou voyageur.

Donc mon âme est un loup

accroché au pommier.

Et mes pieds si dessous,

s'enracinent figés.

Et mon corps devient saule,

par la bête emporté,

Par dessus son épaule,

sans racines figées.

Sur la route de mon cœur,

mon tronc est trimbalé.

Écorche écorces et pleure,

voit ses feuilles faner.

Sur la route de mon cœur,

mes graines sont tombées.

Petites pousses en fleure

qui vont bientôt lever.

Arrivé en exil,

sur la place nouvelle.

A bon port sur une île,

dont tant terre et tant sel.

Des murmures s'ébruitent.

Le vent blanc a tourné.

Une à une à la suite,

mes racines ont plongé.

Mon cœur de loup s’enflamme,

à l'idée que là-bas,

sur la route de mon âme,

on l'y attend déjà.

De futurs arbres et plantes

sous le soleil couché,

graines exaltées se fendent,

avant de voyager.

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