Li Fet Met...

franzzzz

Dans une maison de repos sereine
Un jour j'oserai, j'arroserai,
Des lilas, des roseraies.
Je me reposerai de cette vie, las.

Je refuserai ces tasses de porcelaine
Et de thé qu'on me proposerait.
Ils tenteront de m'ensorceler
De m'engraisser comme un porcelet

Mais jamais Leurs gros coffrets de gaufrettes
Ne m'auront marqué au fer !
Tous me croiront touché au cœur
Moi je ne serai tanné qu'au cuir !

Mes pantoufles comme botte secrète,
Pyjama de ninja, serré par cordelette,
Un coussin chaufferette, pour n'être enfin
Qu'un être aux fraises plutôt qu'un être au fait.

Au fait des histoires de vieilles, de beaux frères
Des mochetés d'Alzheimer
J'm'offusquerai au fur et
A mesure des promenades qu'on me refuserait.

De toutes façons ils seront tous
Membres d'un complot franc maçon :
Soit disant j'n'habite pas plus Colmar que Kembs...
Je n'peux pas croire que jadis j'aimais plus Omar que Fred…

Aujourd'hui j'reconnais plus l'image de moi qu'on s'fait
A l'époque mon faire valoir était un verre offert…
Que reste t il à s'offrir sous ces porches avec chauffeurs,
fauteuils roulants aux roulettes qu'ont souffert ?

Quand des jeunes maghrébines te torchent avec douceur,
Quand toi-même tu rêves de pouvoir le faire tout seul…
Que fuir ? Les cafards ?  Les coiffeurs ? Les keffiehs ?
Dites-moi quoi faire ?
La vieillesse n'est qu'un naufrage pourquoi fuir ?
Pourquoi vivre coffré ?

Mon royaume pour un alcool frelaté !
Loin d'une télé qui ne capte que la trois !
J'voudrais perdre la mémoire,
Mais j'voudrais pas qu'Eux la r'trouvent

C'est un lieu commun de vivre dans une fosse creusée
Mais quel espoir de renaître de cette fosse phosphorée ?
Quand on m' a dit "faut se poser", j'étais déjà, perforé
Défloré perfusé aux branches blanches d'amères forêts.

Mon Cathéter ne connait que la saison de la clim à vingt
Des tâches brunâtres sur les plis de ma main
Des cris de douleurs de mes voisines à jeun,
Des odeurs de pipi, du prochain examen.

Les familles en pleurs, y a pas pire
Quand on leur explique  que papy est parti…
Les infirmières sont sympathiques…
Mais elles font partie de la clique…

Ah Il est dans l'erreur celui qui se croit Heureux traité
comme on traiterait un retraité.
Mais putain moi je suis libre de voter FN,
je suis vieux, je suis faible, et j'écoutais Thiéfaine !

Assis j'peux tout me permettre,
ah siffle mon oreille ! je refuse tout interprète,
Et si pour tout loisir j'avais seulement
L'ambition de flinguer des musulmans ?

Quoi, et alors ?

On ne m'enfermera pas en cage,
Je pourrais déjà y être,
Et cette prison elle s'appellerait mon âge !
Mon ange j'ai la vie devant moi : j'ai quatre vingt quatre ans

Je ne serai jamais terroriste, impotent,
Qu'on me dise perturbé tout au plus forcené !

Je refuserai ces tasses de porcelaine 
Et de thé à la menthe qu'on me proposerait.
Ils tenteront bien de m'ensorceler
De m'engraisser comme un porcelet
De leur Cornes de Gazelles

Mais Jamais leurs coffrets de gaufrettes
Ne m'auront marqué au fer.
Tous me croiront touché au cœur
moi je ne serai tanné qu'au cuir.

Tu ne croyais quand même pas que
Dans une maison de repos sereine
Un jour j'oserai, j'arroserai,
des lilas, des roseraies.
Je ne veux pas me reposer de cette vie là

Li Fet Met, ce qui est passé est mort
De toutes façon ils font tous partie du complot… 

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