Liberté.

Christophe Hulé

Il s'obstine à regarder les nuages ,

Il sait très bien pourtant

Ce que la justice des hommes

A prévu pour lui.

Choisir ses mots pour se protéger,

Ne se fier à personne,

Son cœur a eu le dernier mot.

Ses bourreaux sont ses anciens amis,

Des voisins ou de vagues connaissances.

Ses bourreaux sont des lâches.

La procession s'éternise,

Ni insultes, ni crachats,

C'est déjà un progrès.

Peut-être aura-t'il servi à quelque chose ?

Comble du raffinement,

On ne lui a pas dit ce que seront 

Les instruments de sa mort.

Dans ce domaine, les tyrans sont doués.

Il ne pense bien sûr qu'à sa chère épouse,

Et aux enfants, y compris ceux qui auraient pu naître.

La foule se tait, ce n'est pas habituel.

Le prêtre de service ne semble pas vraiment zélé.

Même les bourreaux qui s'apprêtent, 

Semblent distraits, pour dire le moins.

« Mes frères, mes sœurs,

Voici venir cet enfant que j'ai vu grandir,

Et que j'ai baptisé.

Nos juges et nos dirigeants l'ont déclaré coupable.

Je pense à ses enfants et à son épouse.

Coupable d'en avoir trop dit !

Même si vous connaissez les qualités de notre frère,

N'importe qui ne mériterait cette peine.

Au nom de notre Seigneur et de la Liberté,

Et je pèse mes mots car je sais bien ce que je risque,

Refusez en votre âme et conscience,

Ce qu'il advient en cet instant. »

Une fois n'est pas coutume,

N'en déplaise à la plupart,

La foule ainsi nommée,

Des amis, des proches,

Plus qu'ils ne l'auraient cru,

Ont mis à bas le joug

Que tous devaient porter.

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