M-elem.

Aurélien Loste

Mixed story.

Histoire de rêve :

Nous dormons tous tête-à-tête. 

Couchés sur l'herbe, dans une clairière inégale, avec quelques rochers entremêlés.

Je me réveille, ils dorment tous.

Il fait pourtant un plein soleil, d'ailleurs je me lève pour aller à l'ombre et quelques jeunes membres de la tribu me suivent.

C'est la journée : une femme, enfin on dirait, passe en parlant fort et marchant haut; elle a une silhouette féminine mais semble être faite de coton, son corps blanc n'a pas d'orifice, seule sa tête blonde est normale; si c'est un vêtement, il lui colle littéralement à la peau.

Elle réveille notre groupe (le seul endormi de la forêt) dans son langage en nous faisant comprendre de se rendre plus loin, pour nous soumettre à un test.

L'ambiance, déjà agitée, devient martiale ! Fond de première guerre mondiale, ciel sombre, taché de bleu foncé. Nous allons nous asseoir sur une balustrade, un des jeunes m'explique qu'il faut être vif dans la guerre, d'ailleurs il l'est, et, assis sur la barrière de bois, parvient à se retourner en saut périlleux arrière pour éviter une explosion sur le talus plus bas.

Sans bien comprendre, je m'y essaye, comme lui dos à la pente, en m'éjectant d'une cabriole pour atterrir en plein boum, un tir de canon faisant exploser une machine.

C'est apparemment une simulation, car je me retrouve avec une carte magnétique en main, portant le numéro 2. Le 1 est apparemment pour ceux qui ont su éviter l'explosion.

Pas trop fier mais dégagé, ou comme on dit désabusé, j'insère la carte-clé dans l'ascenseur du complexe ancien accolé au parapet, aux murs d'une repoussante tapisserie verdâtre, sans réaction, il faut en fait que le numéro 2 sur la face avant soit tourné vers la paroi miroitée de l'ascenseur, et pas vers moi, qui voit donc la clé (c'est une carte inégale en 3D, d'un vieux métal argenté, comme du fer blanc) à l'envers, peu importe, l'ascenseur descend.

En suivant les étroits couloirs, j'arrive dans une salle blanche médicalisée, avec deux lits et une ancienne baignoire. Une infirmière brune dirige les débats, m'étendant sur le lit le plus proche de l'entrée.

Elle fait les présentations en s'étonnant que les gens se plaignent alors qu'on vit une époque formidable avec tout ce qu'il y a besoin d'avoir pour vivre bien comme il faut. Par la fenêtre à rideaux sombres, nous sommes au-dessus de toits anciens, un peu comme à Rome, en plus quelconque.

Dans le lit entre le mien et la baignoire, gît un jeune homme tenant une compresse. Entre nos deux lits, l'infirmière dont les cheveux encadrent joliment les joues montre deux cadavres dans un sac transparent, ils ont de longues dents toutes fines, comme des fanons de baleine, dans une bouche occupant la moitié de leur visage tout lisse; dans la réalité, ils seraient un croisement de Voldemort et des monstres aux yeux effilés dans le jeu puis film d'horreur français "Silent Hill", la colline silencieuse; d'ailleurs tout dans cette salle évoque un univers d'horreur figée, aussi terrifiante qu'immobile, comme une toile d'araignée qui n'attend que sa proie pour la broyer et digérer, lentement. Comme le sarlac dans "Le Retour du Jedi".

Mais avant de parler des deux cadavres jetés là, l'infirmière se tient toujours près de la seule fenêtre, face à la porte; en continuant de ne pas comprendre les plaintes des gens, elle tient un pommeau de douche blanc, nettoie la baignoire sanguinolente puis l'ouvre, elle contient une sorte de coffre amovible sentant bon la mort; bien pratique. Un vide-ordures à taille humaine sous la baignoire. Une poubelle à cadavres.

Elle finit par arriver, douche à la main, aux deux corps recouverts d'une bâche transparente, les mouille sur leur bouche en parlant de leur langue effilée qui lui donne tant de plaisir; à ce moment l'autre personne debout derrière elle se fait plus claire, et je distingue un troisième larron, pareil aux deux étendus par terre, qui a l'air tout joyeux, hilare : l'infirmière monte à califourchon, grâce à un des deux lits de son étroite salle, sur ses solides épaules de deux mètres, et ils s'en vont gaiment.

Me tournant vers le jeune homme châtain étendu sur le lit à ma droite, qui tient toujours sa compresse rouge sang, il m'explique désespéré qu'il ne peut plus marcher (il a un genou levé sur le lit), et me fait comprendre de saisir ma chance :

Pointant le plafond que je regarde, tout blanc avec une ampoule jaune, bien qu'il fasse jour par la fenêtre, il dit qu'il aurait besoin de peinture colorée.

Je me lève donc sans grande conviction (l'infirmière est jolie,  a l'air si avenant; elle a en plus été pour le moins aimable !), pour revenir dans les couloirs empruntés précédemment, mais cette fois plus longuement, en pesant le pour et le contre de partir à l'aveuglette ou rester à attendre sagement mon châtiment avec le retour de la brunette : je ressens surtout qu'en me faisant prendre en cavale, ce serait bien pire !

Des bruits viennent du côté menant à l'ascenseur, le plus court, des rires, le couple infernal a l'air pourtant si joyeux; pour moi ils n'évoquent rien de mauvais, en dehors du sort des êtres dans la petite salle de "soins".

C'est peut-être la médecine pratiquée au sous-sol de "La Maison des mille morts", de Rob Zombie, par le vieux médecin foldingue qui trifouille le cerveau d'une des victimes avec un scalpel, pour mieux le faire souffrir sans le tuer pour autant.

Les couloirs ont une lueur sombre et colorée, la douloureuse infirmerie a une porte verte, avec l'ascenseur interdit à sa gauche, je pars donc à droite, les voies bifurquent, selon les couleurs primaires, j'écoute à la porte rouge, jaune, on dirait qu'il n'y a que des hommes derrière, mais réveil avant d'atteindre la bleue !


Univers réel :

Tout le rêve précédemment raconté me reste vivement en tête, sans trop comprendre je me le rémémore pendant plusieurs minutes, ma femme blonde somnole à côté; jamais un rêve ne m'a autant marqué et pourtant je me les rappelle souvent !

L'ambiance de celui-ci était tellement forte, de la tribu au départ en passant par la scène de guerre, et surtout, les couloirs de la mort, je tente évidemment d'y revenir, toujours les yeux fermés, retrouvant le labyrinthe, cherchant la porte bleue mais les murs blancs ne mènent à rien de concret, juste des présences secrètes ni bienveillantes ni franchement hostiles, dans l'expectative, des araignées médicales.

C'est un univers unique, jamais croisé nulle part, dans aucune œuvre de fiction et encore moins la réalité.

Seuls les rêves produisent de telles créations, au-delà de tout ce qu'on peut voir une fois réveillés : seul remède, y revenir, comme ces rêveurs éternels fumeurs d'opium si bien dépeints dans "Inception". D'ailleurs la scène de guerre est inspirée de "Dunkerque", du même Nolan, je le comprends une fois bien réveillé, c'est pourtant tellement simple, France 2 le diffuse ce soir à grand renforts de bandes-annonces depuis plusieurs jours, et il m'a marqué au cinéma.

En voulant y retourner, la nuit prochaine j'espère, j'ai longtemps (il n'était que 5h, un dimanche) considéré de reprendre l'ascenseur une fois l'infirmière partie, pour tenter ma chance à la sortie, plus libre que dans les couloirs, mais le monde guerrier n'est pas non plus si attirant, plus dangereux que dans un bâtiment semblant abriter des recalés se vengeant sur les victimes des tests. 

Couloirs tout droit sortis d'ailleurs du film "1984", sorti en 1984.

L'ambiance dominante de cette deuxième partie de rêve est même très proche du chef-d'œuvre orwellien, un monde privé de liberté et pourtant si plein de promesses, comme la formule satrienne "On n'a jamais été aussi libre que sous l'Occupation".

Libre de rester ou partir à l'aventure, le choix fondamental, nomade ou sédentaire.

Pour les salles du premier bâtiment, à la surface, c'est plutôt "Medal of Honor/Band of Brothers", que m'a fait découvrir mon frère. Sans les chiens-loups et les nazis, ni leurs lance-flammes, comme à Oradour.

Le paysage de la tribu se retrouve dans l'ovni et meilleur fim des Wachowski, "Cloud Atlas", ou dans "Apolyptico" de Mel Gibson mais en plus ensoleillé; j'aurais aimé  qu'il évoque aussi "After Earth", avec Will Smith et son fils Jaden; ou tout simplement, je me suis réveillé en rêve membre d'une tribu comme il y en a tant, rien de très exceptionnel.

Sauf qu'en ouvrant les yeux je suis dans une résidence toute blanche de 2002.

En fait nous sommes dimanche 8 mars, le jour d'hiver se lève, et dans un mois sort le jeu le plus attendu depuis des millénaires que le jeu existe, donc bonne journée de l'égalité du droit des femmes à tous, puisque la mienne s'en fout pas mal.


~


Si simple et tellement génial !

S'endormir avec ce dont on veut rêver :

La première star humanitaire, dont la vidéo honore cette page, en haut, est aussi la personne la plus populaire d'internet.

Elle est née avec, vingt-cinq ans.

D'un père chanteur et kosovar.

Pour ses œuvres de bienfaisance sous forme de concerts humanitaires, elle invite Miley Cirus. On fait tous avec ce qu'on a sous la main.

Et donc dans ce deuxième temps du rêve, qu'il m'a cette fois fallu plusieurs minutes pour qu'il remonte à la surface, après la douche, elle est apparue, en amie de ma femme, que nous allions voir, en lui disant à bientôt vu que "ma femme t'apprécie", je me penche et lui glisse à l'oreille "moi aussi je t'aime bien", et en partant je me dis qu'il fait chaud et revient donc lui ouvrir les fenêtres, le rêve se prolonge, elle m'amène dans la chambre d'enfants, où elle pose des coussins, pour que ce soit plus confortable.

C'est la star anglaise, qui peut embrasser le chanteur de Coldplay, tout en restant fidèle à son top model palestinien. L'insconscient retient tout, ma demi-sœur (chambre d'enfant) débarque à peine revenue d'Angleterre, donc nous parlons tous anglais sur les coussins bariolés.

En parlant de chansons sur le temps du rêve..

Tu es l'arbre du monde ?
Alors pisse de l'eau
Pour qu'au cœur de la nuit
Pianotent les grelots
Du doux chant de la pluie
L'univers est une onde.

Écrire l'inconscient est plus intéressant.

Les psys existent pour que leurs clients leur en parlent.

Les livres sont des catharsis éternels, encore plus à notre époque numérique.


Dans le monde extérieur, c'est dimanche prochain, enfin, que se tient le premier tour des élections municipales, les plus suivies de notre République laïque.

L'autre rêve dont je me souviens est le maire de Tarbes depuis 2001 assis au fond d'une table en bois foncé, encadré par deux hommes costauds de l'équipe dont l'homme le plus proche de l'entrée lit au maire ses accusations, il riposte en les renvoyant, sauf que ses trois adversaires n'ont rien à se reprocher, et rétorquent façon Hollande face à Sarkozy, et son le fameux anaphore "Moi président", version locale.

Réponse dimanche 15, plus qu'une semaine !

"Si vous ne pouvez pas vous déplacer ou être présent dans votre commune d'inscription électorale, vous avez la possibilité de confier un mandat à un autre électeur inscrit dans la même commune que vous. Ce dernier votera en votre nom.

Nouveau – Mise en ligne du formulaire de vote par procuration

Vous pouvez désormais remplir le formulaire CERFA de demande de vote par procuration sur votre ordinateur, l'imprimer et l'apporter à une autorité habilitée".

Ma femme est moi avons rencontré en rentrant des courses le premier adversaire du maire actuel, marié, il la dévorait des yeux pendant que nous parlions politique "Oui, nous avons notre Balkany local", pour sa conclusion de notre échange.

De bonne guerre..enfin, certaines choses relèvent du domaine privé.

Le maire actuel a devant moi dragué ma première ex, j'ai donc appelé sa cinquième femme, notre priopriétaire, pour la flatter, elle lui en a parlé, il m'a alpagué un bon quart d'heure au jardin Massey devant un groupe d'habitants couverts par une journaliste de la Dépêche, notre entretien s'est mal terminé pour lui, doublement, car je lui détaillais ses futures mises en accusation, et il les a eues.

Comme il m'a agressé dans le jardin public du centre-ville j'ai en rentrant frappé au bureau du chef de la police municipale, à qui j'ai décrit l'entretien tout frais de quelques minutes, il dessine le banc où ça s'est passé, à une centaine de mètres, en me demandant les suites que je veux y donner, aucune.

Il a été remplacé.

Fin février devant la mairie je parlais à ma femme et le maire nous voit, donc nous salue, je lui réponds par son nom, au lieu de l'habituel M. le maire.

Depuis les muncipales de 2014 il sait que je fais tout pour le faire échouer, après avoir été dans son équipe en 2008. C'est un expert-comptable de talent et malhonnête, et en dehors de son métier dont il est retraité tout en continuant de toucher des centaines de milliers d'euros de son activité, ou encore plus simple, il a acheté une maison à 15000€ avec sa femme actuelle pour la faire rénover par la ville et a revendre six mois plus tard 450000€, trente fois plus cher en six mois.

C'est remonté jusque dans le Canard Enchaîné, la télé, Médiapart etc. En cherchant un lien je tombe immédiatement sur un article de presse "Gaspillage de 16 millions d'euros ? Gérard Trémège relativise" http://les-esprits-libres.les-forums.com/topic/4748/tremege-macron-sur-le-canard-enchaine/

Si vous voulez voir comment c'est de vivre dans une ville pourrie jusqu'à la moelle. Il est aussi président de la communauté d'agglomération de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, mais les touristes ne savent pas qui il est, et c'est d'ailleurs là que je travaille, avec une Californienne qui vient le samedi lendemain du printemps et à qui je viens d'écrire que les bains des Sanctuaires sont fermés jusqu'à nouvel ordre avec le covid-19, car une amie de Biarritz où elle va aussi lui a conseillé les bains. C'est une agente de voyage mais elle ne travaille qu'avec les entreprises de la Silicon Valley, Facebook, Google, AirBnB, tout ça.

Internet -le monde virtuel- rapporte deux fois plus que le monde matériel. En 2025 ce sera 2,5x plus, en 2030 trois fois plus, etc. Et c'est de l'argent non-déclaré, au grand dam de Bercy.

Le plus amusant dans l'histoire de notre résidence est d'être locataires de son épouse, via la société d'économie-mixte locale où il l'a mise, car elle est architecte, comme ma sœur, SEMI à qui nous faisons payer trois interventions pour changer le volet roulant électrique du salon, bon pas plus de mille euros, c'est peu pour eux, moins de deux mois de loyer, mais c'est toujours ça.

Et pour vous, tout va bien ?

~

En ce mardix (jour de Mars) 2020, bien que le Christ soit né 7 ans avant l'an zéro, résonne toujours le "Ça va" de Brel et sa guitare. Et encore, il ne chante que sur la guerre.

Côté rêves, extérieur nuit, gastro espagnol, entre la pelouse éclairée de l'intérieur et le bâtiment de l'hôtel-restaurant.

Après dîner, au comptoir avec un réceptionniste, je m'embrouille "Es por pagar la camara..la sala, por favor, la cuenta".

Ma femme s'approche et tend les billets, il attrape une carte et le temps qu'elle arrive à ses yeux j'ai le temps de voir sur la dernière ligne en gros un menu spécial à 250€.

Il demande donc cinq cents et ma femme s'offusque en français, avec des gestes, nous n'avons pas commandé ça !

Le réceptionniste n'en démord pas donc je l'agresse verbalement, tu ne veux pas les billets alors dégage, connard, enfin ¡maricón! puisqu'en Espagne.

J'étais à gauche de lui, vers la pelouse, vers laquelle je prends la main de ma femme et nous partons en marchant vivement, sous l'air hébété du réceptionniste, je lui demande quels billets elle lui a donnés, il a refusé les orange et seulement pris un ou deux bleu ou rouge, pas de mal.

La pelouse est vaste, plus grande qu'un stade, elle sépare le complexe de la ville, et une sorte de claire lune lune l'éclaire en arrondi, sur la droite, on dirait un peu un projecteur mais c'est un blanc naturel, même si je ne regarde pas la Lune, d'où mon doute.

Encore plus vite, en courant, presqu'à la ville, je jappe à ma femme "Ils ne peuvent pas nous retrouver" en pensant "sauf si on en parle sur Facebook" sans lui dire.

L'avantage des espèces : aucune trace. Pas de réservation.

Moi qui paye toujours pas carte, au réveil, ça m'a fait réfléchir quelques minutes, surtout que hier après-midi ma femme voulait payer, pour elle, en billets et j'ai réglé en CB dans les deux magasins.

Plus rapide, et ça laisse..des traces, à commencer par sur mon compte, car elle regarde assez peu le sien.

Une conseillère budgétaire il y a cinq ans m'a parlé des avantages du paiement en espèces "On voit mieux l'argent dépensé, on s'en rend mieux compte". Elle a raison, sur ce point. Les billets marquent plus que les paiements démonétisés, virtuels.

Toujours est-il que l'argent ne sert à rien dans la plupart des situations, comme en fuite, où seule les espèces sont possibles, et encore, il vaut mieux se fondre dans la nature, comme dans le 25ème film James Bond, le plus long, reporté en fin d'année.

Vivre comme les animaux. C'est l'argent qui a condamné Jésus à mort, avec Judas qui tenait les cordons de leur bourse commune, et s'est pendu en réalisant son forfait. Pour trois deniers d'argent..

Une semaine a passé, confinée.

Macron a dit qu'on est en guerre. Cette nuit, je l'ai vécu.

Au temps jadis, à l'ère des métaux, avant l'électricité, l'arme la plus utilisée était l'épée, et je me retrouve avec une grande en main, bien éfilée.

Le lieu est la maison bourgeoise de mon père, dans le bureau éclairé en jaune ancien, une jeune noble vêtue de noir et bleu turquoise se tient penché sur l'écritoire en bois foncé, sous la leur jaunâtre qui la baigne.

Devant mon épée menaçante, elle ploie et se couche sur le ventre, dégageant son cou d'une main, pour une mort rapide et honorable, et surtout sans douleur.

Elle porte sa vertu sur elle, je décide d'en abuser, elle s'y prête et dégage ses braies, en ondulant comme une sirène, comprenant que cet acte lui sauve la vie.

Mon affaire faite, fort plaisamment, je lui lance "Grandis notre héritier et tu seras la reine", encore couchée, inocemment débraillée, elle qui il y a quelques minutes encore n'avait jamais connu d'homme. Sa première fois, signe des temps, eros et thanatos, elle s'en souviendra !

Moi, pas le temps, déja relevé, l'épée en main, je repars pour d'autres aventures.

Giono a écrit "L'Amour au temps du choléra", là, c'était juste "un coup au temps des armes blanches". Mais si réaliste qu'il doit y avoir du vrai là-dedans.

Un shamane, ancien pharmacologue, Emmanuel Fillaudeau, 

La première fois que nous nous sommes rencontrés, sur son stand au salon santé nature de Toulouse, m'a immédiatement demandé d'où je venais, car (ce qu'il voyait) était très sombre. Il grimaçait.

Ne sachant pas, il me dit ensuite que je suis né avec un forceps, ce qu'il ne pouvait pas savoir, je pensais d'ailleurs à tout sauf à ça, et il me prend la nuque pour la débloquer, comme un osthéopathe, elle a craqué. Libéré, délivré..pour cent euros, n'ayant pas ma sacoche je lui dis que je vais la chercher, hors du salon, en pensant donc qu'il me suffit de partir, sentant cela dit que ce serait stupide. Il peut aider dix mille personnes, de ce que lui ont dit les shamans l'ayant initié.

Ses pouvoirs de medium m'interpellent et j'en parle à mon père qui décide d'aller le voir, il m'a laissé sa carte, je l'appelle, il convient d'un rendez-vous dans l'hôtel Mercure de la gare Matabiau, alors ouvert, avant les travaux (d'une douzaine d'années au moins, car la gare toulousaine est aussi une station de métro, comme à Paris Montparnasse).

Connaissant bien les lieux car sous l'hôtel sont les objets trouvés, où je me rends souvent, nous rentrons dans une grande chambre sombre et ancienne, la télévsion allumée, M. Filladeau me parle du foot, qui ne m'évoque rien car bien que sportif, c'est le tennis que je préfère. C'était en période de coupe du monde, donc en 2006. C'est vrai que c'est la seule année où la France a atteint la finale sans aller plus loin.

C'était une séance pour mon père, qu'il prend donc à part, je n'ai rien entendu, avec la télévision, au retour je comprends qu'il a parlé à mon père du sien, suicidé en 1981, en lui faisant comprendre (je suis né deux ans plus tard) que, comme souvent, les rôles sont inversés, c'est-à-dire que de son fils aîné, je serais son père.

En tout cas ma grand-mère paternelle a eu neuf petits-enfants, les trois aînés en 1982-83, donc juste après la pendaison de son ex-mari.

Coïncidence ?

Cet état de fait est remonté jusqu'à la politique locale, le maire d'ici depuis 2001 m'a demandé un jour "Qui tu es ?", je lui réponds donc "Aurélien, pourquoi ?", lui "Je voulais en être sûr"; il a même confié à Gigi, une prostituée parisienne que nous connaissons tous les deux qu'il n'a jamais connu mon grand-père.

Moi non plus, par contre j'ai retrouvé presque tout ce qu'avait gardé de lui la mère de mon père, morte en 2004, comme une caisse en bois de films Super 8, qu'en une bonne semaine le photographe local a mis sur DVD, pour 540€ que m'a remboursés mon père, qui a montré les films à la soeur de son père, donc sa tante, et le reste de ma famille paternelle, avant que les plus âgés ne meurent quelques années plus tard à peine.

Son père dirigeait une entreprise de BTP, la plus importante du coin dans les années 60, donc sur l'un des cinq DVDs on voit les anciens canaux tarbais en cours d'enfouissement, des travaux de terrassement qui m'ont paru relever des archives municipales, je les ai donc confiés à la conservatrice, au même prénom prédestiné que ma grand-mère ou la déclencheuse bien malgré elle de la guerre de Troie, Hélène donc, qui les a probablement montrés au maire :

On y voit Paris, Montréal, le ski, l'océan, les vacances d'une famille bourgeoise, à l'époque la plus riche de son territoire. Aujourd'hui, le maire, expert-comptable, est multi-millionnaire, et partage la ville entre neuf de ses amis, dont l'un, celui qui a dans les années 60 développé les supermarchés Leclerc dans le Sud-Ouest de la France et créé le tournoi de tennis des Petis-As, était milliardaire en francs.

Au départ c'est la famille de ma grand-mère, dont le père puis le frère avaient le principal magasin tarbais, au centre-ville, qui l'ont aidé.

Comme j'ai eu l'amusement de l'apprendre à mon père devant sa seconde femme, bordelaise, le mariage de ses parents était arrangé, "les deux familles les plus riches de la ville". Il a été surpris : on porte généralement sur soi et ses plus proches un regard aveugle : "Demandez à un poisson de vous décrire sa vie, il vous parlera de tout..sauf de l'eau !".

Les vidéos des Pyrénées ont été envoyées à l'association qui s'occupe des glaciers dans les Pyrénées, car les glaciers fondent, comme on le voit très nettement en soixante ans, et à l'époque, très peu de gens filmaient, surtout dans les Pyrénées, à cause du prix de l'équipement et des bandes super-8.

Ceux qui ont connu les photos argentiques, avec les pellicules, ont un bref aperçu de l'équivalent vidéo, bien plus rare avant les camescopes.

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