Ma chair est tendre.

mamselle-bulle

Ma chère et tendre. j'ai tant de choses à te dire.

Mais les maux  restent là. Désespérément las, coincés entre la gorge et la bouche.

Ils se forment et se déforment dans mon esprit. Mais le son refuse de sortir.

Alors peut être qu' en prenant une plume. Et en laissant l'encre couler en même temps que les larmes. Oui. Alors peut-être. Que ce qui reste à l'intérieur acceptera de  sortir. Enfin.

Oh mon amour... Il y autant de souffrance que d'amour dans ces mots. Nous ne faisions qu' une. C'Est ce qu' on a pu nous dire tant de fois...

Tellement que j'ai fini par oublier qui j'étais.

Ma chère et tendre. J'ai soulevé tellement de montagnes pour toi.

Peut-être qu' il aurait été plus simple de les gravir ensemble ? Main dans la main.

Pourtant avant tout était si simple... Je T'imaginais. Toi les cheveux gris, moi le dos courbé.

J'imaginais ton rire que j'aime tant. Ce rire que j'entends si peu à présent. Et qui était pour moi la plus belle musique au monde.

Je ne sais pas ce qu' il s'est passé... Je culpabilise chaque jour de ne pas avoir réussi. Réussi à faire en sorte d'entendre encore et toujours ce rire que j'entends si peu aujourd'hui.

Alors...Voilà. moi aussi j'ai fini par cesser de rire.

Ensuite. Tout a été très vite. Tes bras protecteurs ont commencé à s'agiter. Je les voyais bouger. Et puis ton index a commencé à me pointer du  doigts. De plus en plus souvent.

Les reproches n'ont pas tardé à suivre. Parfois tu me disais encore combien tu me trouvais jolie et combien tu m'aimais.

Mais d'un jour à l'autre. Sans raison particulière. Je passais du statut de " femme de ta vie " à moins que rien.

J'ai tout fait pour être lisse. Je suis devenue soumise. Tout ça c'est de ma faute.

Tu sais les mots durs j'ai fini par y croire.  

Tu te souviens quand on se disait  Que toi et moi rimait avec toujours...

Contre vents et marées ?

T'en souviens tu ? Faut croire que ces mots là ont disparu emporté par un genre de vague, salée...

Je  voudrai... J'aimerai. Recommencer à zéro.

Se croiser dans une rue et avoir le coup de foudre à nouveau.

Parfois, on s'en rapproche tu sais. La complicité revient. Comme le soleil après la pluie.

Dans ces moments furtifs l'espoir renaît.

Et puis tout bascule de nouveau.

Ma chère et tendre. Tu devrais me croquer encore. Jusqu'à ce qu' il ne reste rien de moi.

Tu sais... Je crois que je t'aimerai toujours.

Ma chair est tendre...

Croquez moi morceau par morceau...

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