Mai 68

pierreantoine

Chirac me raconte son mois de Mai 68. Il aurait voulu pouvoir "défaire" l'événement, quand tant de nos contemporains se targuent d'avoir "fait 68".


J'étais lâche, et encore bien plus qu'un Lâche...

Fuir, il fallait fuir à tout prix, gagner notre refuge.

Nous avions bien pris soin de barricader la maison.

Fuir...Le sentiment de nécessité devenait absolu, nous ne pouvions plus faire autrement.


J'écoutais les informations, toutes les informations. En continu, si je puis dire...

Il y avait dans nos rues beaucoup, beaucoup de brutes déchaînées, de badernes hystériques et de violents de tous horizons. Tout se déchirait, devant nos yeux et sous nos pieds. Les imbéciles étaient joyeux.

Pour le pays, évidemment, c'était un désastre, même si cela ne nous intéressait pas trop.

Nous sommes finalement passés sans trop de difficultés.

La Suisse attendait les gens comme nous. Nous avons déjeuné à Genève, ensuite Maman a commandé une glace.

Elle l'a dégustée lentement, nous avons profité de l'instant présent et le ciel était clair, comme il sied à cette époque de l'année.

Notre fortune était sauvée.



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