MAUVAISE PIÈCE.

Adelphine

Pas de sentiment, et pas d'attachement.

C'était un peu trop contractuel, et en même temps pas vraiment précisé.

J'ai joué sur les mots, qui n'ont pas été dits, qui n'ont pas été cités.

Alors, j'ai fini par céder imprudemment.


J'ai fait un pas de trop.

De vraiment trop, vraiment trop tôt.

Tu es un souvenir que je cache comme une actrice détrompant le sentiment.

Tu n'es plus qu'une soirée, un éperdu et passionnel attachement.


Rien de trop déclaré.

Car je grade en moi, l'étincelle qui a flambé.

Je joue un scénario, niant les faits.

Je joue, avec le malaise en moi qui naît.


Machinalement, je me vide de toi.

Et je cite, récite des paroles en déficit.

Rien de trop prenant, car elles ne relèvent plus que d'un mythe.

Une sorte de chose ni trop existante, en laquelle personne ne croit.


C'est vrai, cela serait insensé.

Trop bête pour nous deux, trop bête pour eux.

Alors il vaudrait mieux ne rien donner au compliqué.

Puisque la facilité ne cache pas de creux.


J'aimerais me faire avaler, que le détour en vos la peine.

Mais je ne cesse de retourner sur la scène.

Je ne cesse de m'offrir au doute.

Je suis une sourde oreille, qui n'obéit plus au maître d'ordre, et ce, coûte que coûte.


Dites-moi que je me trouve en train de jouer la mauvaise pièce.

Que j'ai appris le mauvais scénario.

Que je n'interprète pas la personne que l'on blesse.

Et qu'après l'entracte, je ne perdrai pas les mots. 


Dîtes-moi que je ne suis qu'une doublure.

Une personne qui en remplace une autre.

Faîtes que la pièce ne soit pas si dramatique et pas trop dure.

Que je change de costume, pour ne pas être reconnue des autres.


Claquez-moi, saignez-moi.

Reprenez mes folles espérances, se battant dans le néant le plus pessimiste.

Foutez-moi des coups, car je préfère avoir mal au cou plutôt qu'au cœur.

Épargnez-moi les coups de cœur.


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