Mon Grand Huit à moi

Elodie Legale

Un matin du mois d'août, j'ai embarqué pour l'aventure de la maternité. Le pyjama en bas des chevilles, le coeur en vrac, l'estomac en noeud pap'.

C'est ce matin du mois d'août, que je suis montée à bord d'un Grand Huit, pour 8 mois et quelques de montée vertigineuse, une montée qui fait trembler les jambes, qui donne mal au coeur, qui fait terriblement peur.

8 mois et quelques à grimper vers le haut du sommet, à se demander parfois pourquoi on est monté dans ce fichu manège, parce que ça fout bien trop la trouille, parce qu'on a envie de se dérober, d'arrêter, et même de faire demi-tour.

Et puis on y arrive. Dans un dernier effort, un dernier "poussez, allez, allez, allez !", on finit par toucher au but, atteindre le sommet. Le temps semble s'arrêter, on prend le temps de contempler les hauteurs et d'observer la vue, c'est ce court instant qui précède la folle descente tant redoutée qu'attendue.

Lâché d'adrénaline, les wagons s'engagent un à un vers le précipice, ça fonce à toute vitesse, ça fait des zig, des zag, et nous voilà propulsé vers la maternité, tout en bas du manège, au moment où ce tout petit être est déposé tout contre notre coeur, à l'instant où l'on sent son petit souffle dans notre cou pour la toute première fois.

Ca fait des zigouigouis dans le ventre, met des papillons dans le coeur, parsème des étoiles dans les yeux.

Encore, encore.

Laissez-le tout contre moi.

Encore.

Mon tout petit Grand Huit à moi.

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