Moulin à perles

Francis Etienne Sicard Lundquist

Sonnet

Sur une île de sable où s'assoupit le temps

Passe une ombre dorée endeuillant le visage

D'une rose arrachée au plus fort de l'orage

D'un buisson coloré par les bruits du printemps.

 

Le vase de cristal brisé depuis longtemps

Sur les rochers épars tout au long du rivage

Griffe de ses éclats la peau du paysage

Orphelin d'un volet qui claque à contretemps.

 

Des insectes sans loi dévorent la banquise

Et creusent dans le froid un four de gourmandise

Piétinant le soleil avec férocité.

 

Mais des taches de sel rouillent déjà la rue

Comme si les doigts gourds d'une coquecigrue

Avaient frappé mes mots d'étrange cécité.


Francis  Etienne Sicard Lundquist@2014

 

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