Nuit

franekbalboa

La nuit tombe. 

Cette maladroite. 

J'attends que le sommeil m'emporte, comme le soleil toque à la fenêtre. Le silence n'est pas. Une fête en bas, des ambulances grondant un peu plus loin, la pluie fouette le velux, et les enfants du voisin crient. 

Peu m'importe. Mes nuits sont de toutes manières compliquées, rythmées par les réveils plus que par le sommeil, je vais et je viens entre la somnolence et l'éveil. Quelque fois je me surprends à penser. Je pense à tout, des bêtises d'enfants aux tourments d'adultes. Pourquoi ai-je fait ça ? Pourquoi fais-je ceci ? 

Je ne sais pas pourquoi cela me vient à ces moments là, alors que mon esprit semblait se mettre en pause, cette question qui me vient, puis qui part, remplacée par d'autres. Je me retrouve à faire le point, sur ces points que j'ai perdus, à tenter de faire le vide de cette tête trop pleine, et il arrive le jour. Lui ne tombe pas, lui est adroit, oui. Le jour se lève. 

Et moi avec ? Non. Je suis levé depuis de longues minutes, dans un brouillard indescriptible. Une fatigue intense m'assaillit de toutes parts. Je donnerai tout pour que deux bras m'enserrent, mais pas ceux de Morphée, cet ingrat. Ce n'est pas le moment, mais il essaie. Il tente de me faire tomber. Je le combat à coup de thé et de douche brûlante, éveillant mes sens, mon esprit étant lui, bien levé depuis des heures déjà. 

Thé, croissant, douche, habillement. Monotonie du matin doublée d'une énorme lassitude. 

Oui, aujourd'hui, le sourire sera un peu plus forcé. Oui, j'ai déjà hâte d'être à ce soir. Oui, je suis diablement fatigué, et me cognant le pied contre mon fauteuil, je trébuche et me rattrape, je me moquais de cette nuit qui tombe, j'ai failli en faire de même... 

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