Nulle part c'est chez moi

fefe

SMS à mon ami Adanaï Durel, aka Braque Marre (l'authentique)


J'ai déménagé mon pote.

Je sais pas trop pourquoi. J'imagine que j'obtiens la réponse quand je dis aux autres - et c'est un peu bref - "Sûrement pour la liberté d'action, l'égalité et l'aspect multiculturel du pays".

Parfois ici, c'est comme si y avait aucune couleur établie. Personne ne parle de laïcité parce qu'en parler c'est déjà suspect.
Le slogan qu'était écrit jadis sur les francs n'a jamais été plus vrai qu'ici. Et on en parle jamais, c'est pas écrit sur leurs pièces de monnaies.
Ma nouvelle ville déteste l'ennui et chaque nouveau matin en allant pogner mon métro je me demande bien si finalement quelque part c'est chez moi. C'est parfait comme ça. J'aurai pas imaginé être aussi heureux juste en étant là où je ne connais rien. 
Bien sûre l'expatriation a un prix et c'est parfois difficile de sortir si souvent de sa zone de confort. Chaque jour passé ici c'est une meilleure version de moi-même le lendemain. J'ai essayé de nouvelles choses, je suis quelqu'un d'autre mon pote. Ca fait pourtant pas longtemps que je suis partis. Y avait qu'à secouer la bouteille d'eau gazeuse pour faire sortir les bulles.
Je me suis battu, planté, je me suis déçu, et depuis je suis perdu. C'est aussi vrai que je me suis mit la pression. C'est hyper stimulant, tu connais ça mon pote.

Mon visa possède une date d'expiration alors le rêve prendra fin un jour, et ce jour, à ce rythme prendra fin bien plus vite que prévu.
C'est fou mon pote je me demande maintenant qui je suis, où je vis et je m'approprie de mieux en mieux mon nouveau chez moi en retrouvant en mieux le moi que j'étais avant.
Tout est différent, j'ai pris le virus du changement.

Et nulle part c'est chez moi.

Bon, arrivé à ma station. Peace mec! La vie est belle.



Papineau, ligne verte. Montréal, Québec.

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