On a perdu

pelerin


Dans ces heures innocentes où s'écoule le temps
Qui retient dans ses nuits les ballets sibyllins
Epuisés d'oreillers trop souvent libertins
Ils s'éveillent au matin d'une argile d'amants

Rongés d'éternité sur d'improbables lits
Cette immonde rumeur composée de délits
Est un coup de fouet à jamais décroché
D'un mur endolori par le cri des damnés

Dans le noir qui oppresse leur cœur menacé,
La troublante illusion de nourrir avant l'heure
La défaite imposée par le biais du malheur
Fait la force sauvage de leur unité

Quand leur yeux désarmés en ce latent mouroir
Ne cessent d'aspirer la fin de leur histoire
Ils nouent leur doigts, anxieux, dans des larmes de sang
Ces perles de l'enfer, le massacre du temps

Les voix sont à la porte et le sable à coulé
Leur corps se sont serrés, défi d'éternité
A ces rêves amorcés dans ces draps satinés
Resteront seulement leur deux ombres abîmées

Pelerin.

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