Porteur Sain

franzzzz

Au début de la période Covid que nous évoquons
on a pu souvent paraître un tantinet « concon »
A sortir avec un masque d'argile ou de concombre.
Mieux valait il retravailler ses vieux slips en coton…

Comme l'homme sobre se révèle quand il est saoul,
Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.
On comprit mieux la souffrance du masque de fer
En temps de virus, tant on avait hâte de s'en défaire…

Pourtant tel le fleurettiste retirant son heaume après chaque assaut
Ou Don Diego de la Vega de retour aidé par Bernardo,
Quand le masque tombe l'homme reste, le héros s'évanouit.
Et en cela le fait de se couvrir le nez revêtait un ennui !

Personne ne puit porter longtemps le masque :
qu'on parle de Fantomas ou encore de cent motards !
Sans leurs casques, Qui alors seraient Kylo Ren,
Daft Punk ou ce fameux groupe de métal slovène ?

En ces temps reculés, du 21e siecle
Sous le maquillage seul Kiss se cachait encore
Jusque leur dernier souffle à l'image de Dark Vador…
(J'eusse précisé en exégète qu'ainsi périt Anakin :
en détresse respiratoire, en attente de Chloroquine…)

En cette époque
La vérité se cachait donc sous le masque d'un clown :
Scoubidou aurait découvert un directeur de foire,
sous celui qu'endossait le professeur Raoult
(Du moins c'est ce que Sanofi tentera de faire croire)

Ah ça, à l'époque, on en entendait des histoires !
Des Tortues Ninja combattant Shredder
ou des Tantes Jeannine attendant au Lidl…

Il parait que Jim Carey troqua son masque d'onyx vert
Pour une place en réa, une bouteille d'oxygène ; 
Ou encore qu'un plongeur apnéiste à Cuba
Se serait fait intuber par le truchement d'un tuba… 

La menace invisible était comme une obsession des couperets.
On la voyait partout et le refrain découpait toujours les mêmes couplets :
comme pour affronter un bourreau à visage découvert
On enseignait des gestes barrières comme des bottes d'escrime.

Tout le temps cette voix. On haïssait ce type…
Mais à la fois on l'estimait car on était ce type :
L'hypocondriaque prostré dans sa douche, raidi de détresse,
comme rattrapé par Jason sorti d'un vendredi Treize…

On se voyait mourir, chaque soir apercevant sa lumière blanche
Après que le professeur Salomon avait rendu son jugement.
Sentence. En ces temps, C'était la chienlit mes enfants,
La chienlit mise en forme.

A chaque fois qu'ils nous disaient «fous ta cagoule »
A chaque foin, la foule hurlait  « Ferme donc ta gueule ».

Il n'y avait plus ni étrangers ni arabes ni noirs,
Le peuple devenu rebelle, sans foi ni loi,
jamais rassuré par les mots de son petit roi,
Menaçait parfois les infirmières et leur jolis minois

Chacun défendait son pré carré, son territoire
Et démasquait son visage seul face à son miroir
Sous prétextes de santé donc, la propagande "propagandait"
Sous couvert de textes solidaires, propres à Gandhi.

Les signaux aussi constituaient des effets de masques
On soufflait le chaud le froid pour Inquiéter les masses que
Jadis on manageait par la peur.  Alors la peur n'avait plus de visage.
Derrière son FFP2, la peur avait tous les masques.

La peur c'était l'autre, le reflet, son image
et c'était la guerre qui voulait qu'on le dévisage.
Naguère le croyait-on, du moins au début de l'épidémie
Tant la crainte de l'autre était épidermique.

Où qu'on regardait, on voyait partout loups fourbes !
Bien loin les carnavals, les caravanes de Touloulous !
Comme si nous n'avions plus les yeux en face des trous...
Mes enfants comprenez la période et ses troubles…

De ces masques je l'avoue j'ai été porteur cinq
Six fois peut être me croyant porteur sain.

Tandis que combinaison plastique sur leur peau nue,
Les autres arpentaient, désinfectaient les rues.
Les poètes enfermés écrivaient des odes aux rats,
alors que tous avaient déjà perdu le goût et l'odorat

Déjà personnellement j'avais…
Très peur de l'eau de Javel…
J'avoue Jamais, jamais je n'avais cru.
M'en sortir : Jamais…

Voyez vous tout ce mal
Sous ce masque ?
Voyez vous tout cela ?
Vous voyez vous tout seul ?

aaaah… oooooooooh
Voyez vous les Voyelles que je tousse là ?

Mes enfants, je ne veux pas finir tout seul là
avec sur ma conscience la mort de tous ceux là…

Mes enfants de grâce arrêtez le respirateur,
et pressez, pressez cette touche là !

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