Premier poème

saharienne

Poème écrit il y a quelques années maintenant 

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A quelque mois près on m'aguiche de voiture ou d'alcool, d'élections et d'indépendances factices, permettez que je lise un peu mieux la notice et prennes en mon nom la parole au risque de paraitre un peu égocentrique ou bien folle. 
Très vite j'apprivoise dans un miroir étroit à ma taille les petites lignes qui affichent le détail : Mi-inconscients mi-décadents les hommes sont bons et tolérants, quand ça leur chantent voir souvent chiants... 
Dans mes cinématiques en noir et blanc d'une enfance magique sans remise en question je revois un soleil chaud qui maintenant en automne me rappelle, de l'enfance les auréoles -angélique-, qu'à coup de déo et d'autre truc technologique je combats, ça et tout ce qui reste de mythique car il faut grandir, car il faut grandir 

Quand les adultes, les prêtres leurs précieux sbires, auront finis de dire s'il faut être sérieux ou révolté les 18 passés; peut-être serais je d'accord pour leur rendre mon corps, rendre car on rend les armes comme on rend l'âme. 
En attendant je regarde ce qu'on me propose sans me sentir dans l'osmose, le programmé tv me semble téléguidé pour faire de moi soit une pute soit une sainte, j'aime pas marie mad'leine j'ai stoppé le catéchisme sans vraiment sentir le schisme, j'aime pas grandir j'aime pas grandir 

Pardonez le Je, c'est encore à cette personne qu'on s'exprime le mieux... 

S'il faut pour un amour avoir des charmes que la raison abhorre, s'il faut mettre en avant de ces charmes ou de ces forces que je n'avais pas enfant et que les sbires diront péché ou que les magasines diront féminité... J'aimerais timidement qu'on me laisse reposer en paix. 
Sous les regards des vieilles, pathétiques de rides qu'elles cachent en rêvant de maigrir, qui commentent ma métamorphose en même temps qu'elles posent un œil gourmand celle de mes amis les plus avancés je joues à cache cache avec ma peur de m'aigrir, avec ma peur de m'aigrir... 

Dans quelques mois dans quelques mois... 

Fais ci fait ça, ouvre ou ferme là, la porte de ma voix reste un objet pour plus vieux que moi :"Perd pas ton âme d'enfant pour être artiste ou bien perd là pour de bon, l'alcool fait cool ou bien fait con, faut rester positif, on va tous mourir, l'amour c'est bien, l'amour fait mal", il faudrait me donner une définition, un guide pour ceux qui comme moi demandent juste à s'en sortir sans trop de mal, veulent pas vieillir veulent pas vieillir 

Tu pourras toujours fuir, tu pourras pas toujours fuir... 

Et dans le prisme que je m'étais choisis je sélectionnais avec soin les mots qui en montraient le -moins, rien n'étais assez bon pour me convaincre moi même, je refusais de dire la vérité comme on refuse de dire "je t'aime" et dans les élans de franchise en métaphores je redoutais que le lecteur pense à tort que j'étais amoureuse de ma propre vie alors qu'il s'agissait simplement d'un aveu d'échec vis à vis de l'é-cris. Je n'veux plus fuir je n'veux plus fuir... 

Mais je n'ai pas le choix je n'ai pas le choix... 

Je dois regarder les choses en face : voir le futur d'accord mais dites moi alors vers où tendre le regard car cette face est multiple : point de tendresse quand l'enfance s'égare; j'aurais même peur de penser qu'en grandissant on souffre mieux, qu'en vieillissant on s'anesthésie comme on peut : point de révolte dans les maisons de retraite... Passé 30 ans est ce que tout s'arrête ? 
Les 18 ans me semblent être comme cette guilotine qu'on fait passer pour la Justice... Je veux fuir, je veux fuir... 

Est ce qu'il y a une échappatoire ou bien est ce qu'il faut que mon age se transforme en devoir ? Puis je mentir et rester dans cet entre deux qui me permet à tort ou à raison de ne pas m'en faire, de raison comme d'inquiétude ? Je n'aime pas qu'on m'oblige à quoique ce soit, je n'aime pas le dieu temporel, cet homme qu'on me propose mortel, j'veux pas pourrir j'veux pas pourrir... 

Tu pourras pas toujours mentir, tu pourras pas toujours mentir... 

J'ai toujours fuis les obligations j'suis pas du genre à rester sur mes positions, j'suis pas du genre à penser à autrui parce que je suis pas sûre que autrui pense à moi, si j'ai un cinéma dans la tête il change de programme toute les sec' je suis une girouette et les girouettes sur leur église, de métal toute faite, au fait des toits et au fait toi ? 
T'as quel age ? 
Es tu un vieux résigné, une jeunesse révoltée, pleures tu quand on te touche, es tu de ceux qui quand ils parlent font mouche ou qui pleurent quand ils se couchent ? As tu l'hypocrite expérience de l'innocence, as tu l'inconscience ou la lassitude accroché à ton cœur comme on porte des armes émoussés ou des fleurs venimeuse ? De quelle frontière fatidique approches tu, es tu de ceux qui ne compte déjà plus ? Est ce que c'est déjà ta tombe à toi qu'on creuse ? 
As tu peur comme moi de perdre en chemin 18 ans d'attachement à des concepts charmants, penses tu aussi que le sérieux érigé en morale tôt ou tard tuera le plus doux de ton âme ? Réclames tu aussi le droit à la parole, regardes tu toi aussi avec peur leurs idoles ? 

On me laisse pas le choix, c'est comme une peine à perpet' pas d'appel possible dès la naissance le décompte lancé veut que tu te salisses plus que tu t'élèves et mes lignes sur f(r)ond blême auront de cesse de pleurer cette fatalité commune à nous tous qui veut que tôt ou tard on tousse... 

Cet étrange contrat n'a pas la politesse de me demander si je veux ou pas signer car je vais vieillir car je vais vieillir... 

J'vois les mois qui passent et je frémis parce que je peux pas reculer, j'aurais beau fuir tôt ou tard ça se saurait, j'ai même du mal à dire, que j'veux pas mourir que j'veux pas mourir. 

Moi je suis pas faite pour lever le poing ou avoir le bras tremblant, ma mollesse a l'entre deux qui en ferait jaser plus d'un : c'est elle qui fuit leurs dédains. 
Mes mains dans les poches évitent les trompeuses accroches, mes mains accrochées au stylo tentent de retenir le temps avec la prétention des écrivains débutant, mes mains enlacées entre elles sont de celle qui se tueraient pour être des ailes et si je pouvais voler par dessus le temps jamais je n'aurais 18 ans. 

On avait peur de la lassitude. Peur de la routine. J'étais dans une supérette, à deux doigts de mon nouveau lycée quand tout d'un coup, le malaise est passé. J'étais là où je devais être. J'étais là où se déroulerait mon quotidien durant les 2 années à venir, peut être 3. Le pire de la routine, son apogée. Et pourtant... Durant de longues minutes j'ai ressentis cette certitude que tout irais bien... J'ai du mal à y croire encore mais je suis persuadée que cet apaisement est réel. Celui qu'on ressens quand on se sait dans le juste... Le tournant d''après un quartier totalement inconnus, très luxe, très "tourisme parisien".... On est jamais aussi blasée qu'on le croit, et les routines alors prennent toutes leurs importances et deviennent des repères.

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