Premier tour de Cadran

Soons

- Je ne vois pas ce que tu attends d'une nana pareille! Me balance-t-elle assise sur un fauteuil et moi en tailleur à même le sol. - Non mais serieux... tu vaux mieux que ça bordel! Et ça faut pas que t'en doutes...

Je reste silencieux, mes papilles gustatives valsant avec le ton rouge de cette soirée, pendant que d'autres valsent avec leur fumée ou le sexe opposé.

Je l'écoute, me demandant jusqu'où ses pensées peuvent aller et surtout jusqu'où sa bouche osera-t-elle danser.

Elle ne comprenait pas comment je pouvais m'attarder sur le cas social de certaines nanas. Des cas irrécupérables pour elle. Je l'ai trouvée plutôt gonflé de dire ça, non pas que je l'assimile à mes anciennes rencontres, mais tout le monde est au même niveau, nous prenons seulement des chemins différents. Chemins qui nous mènent plus ou moins loin. Et de ce point de vu, oui, je l'ai trouvée sacrément gonflée. Seulement, je ne vous cache pas que l'humain entraperçoit un côté flatteur à cette reflexion inhumaine. Comme si elle avait trouvé quelque chose de précieux qui sommeil en moi, que personne n'a pu déscellé auparavant, même moi! Ce qui me rendait un peu plus unique, sans trop vraiment savoir pourquoi. Mais à toute conjoncture positive, sa conjoncture négative. Une angoisse, un stress, une pression venus de nul part. Enfin si venus de l'inconnu. Qu'une personne quasi étrangère soupçonne en vous une caractéristique qui vous est inconnue, et qui plus est touchante à son égard, cela fait beaucoup trop de mystère dans le bon sens pour la raison humaine. Et de là je comprends que son intérêt envers moi ne tient qu'à un fil, un fil qui m'est invisible. Merde! Je suis plutôt mal barré. Comment vais-je faire pour entretenir cette flamme, ce mystère, si je ne sais même pas où gratter l'allumette?

A ce moment je ne contrôle plus l'avenir, aussi proche qu'il soit, de cette relation, je ne contrôle plus rien.

Et puis merde. Advienne que pourra. Je suis... je ne sais plus. Oui, je ne sais plus qui je suis. Alors à quoi bon, autant survivre avec elle, elle qui semble le savoir.

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