Professeur ?

Aly.

Professeur, 

Je me permet de vous écrire car je ne vous ai pas vu lors de la conférence, ce qui je vous avoue m'a quelque peu attristé. J'avais d'autres questions à vous poser, en plus de celles laissées en suspend, lors de notre dernier entretien. Je vous avouerai aussi ne pas y avoir trouver les réponses, malgré les avoirs assidûment cherchées. 

Professeur, ne trouvez vous pas l'humanité égoïste ? Je les regarde tous ces gens vous savez, je les regarde plus qu'ils ne le font. Je les vois ces gens qui se plaignent à longueur de temps alors qu'ils ont tout, absolument tout, peut-être même plus qu'il ne leurs en faudrait, j'les ai vue ces gosses capricieux qui martèlent le sol de leurs pieds d'acier et qui s'injurent affectueusement. 

Juste a côté d'eux y'a cette mère et ces deux gamins assis par terre, elle attend cet élan humanitaire venu de celui qui voudra lui donner quelques pièces. Mais qui la voit ? Tout le monde professeur, tout le monde la voit, vous comme moi, mais en revanche qui lui prête un minimum d'attention ? Personne. 

Après tout, c'est toujours le même refrain. Nike air vodka, sac à main et ça ira mieux demain. 

Encore une fois, je prétend pas être mieux qu'eux, j'suis coincée dans mon dépotoir vital un peu trop volumineux. Mais je peux pas demander de l'aide aux autres. J'peux pas. 

Vous savez c'est quoi le problème avec les autres ? C'est qu'une fois qu'ils sont rentrer dans votre vie, vous leurs accordez à tous plus ou moins d'importance. 

Et après c'est foutu, parce que vous vous sentez obligé d'être à la hauteur de ce qu'ils attendent de vous, plus que ce que vous en attendez de vous même. Faut pas les décevoir les autres, on a pas envie qu'ils soient déçu. Parce qu'après on nous pointe du doigt comme de vulgaires débris, des déchets, des moins que rien. 

Alors on fait de notre mieux et on fait ce qu'on peut. Mais on peut pas toujours être à la hauteur de tout, on n'est pas des machines, on est que des gosses dans le fond. On a le coeur en torchon mais on continue d'en faire toujours plus, pour les autres. 

Moi j'ai plus envie de cette vie d'obligation et de manipulation, faut que je pense à mon avenir, à ce que je vais devenir, parce que faut pas finir comme cette femme et ces deux gosses. 

Pourquoi professeur. Pourquoi c'est toujours le même refrain ? Pourquoi ça pourrait pas aller mieux demain ? 

Professeur, partie 2. ©

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