Rien de plus, rien de moins...

Dominique Capo

Un peu de moi...

Je sais que je ne sais rien. Je sais que malgré mes lectures, mes investigations, mes textes, au terme de mon existence je ne saurai qu'un infime partie de ce que je souhaiterai savoir.  

Pourtant, j'aime apprendre, j'aime découvrir, j'aime m'ouvrir à de nouveaux horizons, j'aime m'instruire auprès de personnes totalement différentes de moi. J'aime écouter ce qu'elles ont à me transmettre ; j'aime leur transmettre un peu de ce que je sais, de ce que je suis. J'aime échanger, j'aime dialoguer, j'aime controverser avec elle. La dialectique est un outil précieux et riche, essentiel aux débats.  

Je sais que je ne suis qu'un grain de sable arpentant cette planète ; perdu au milieu de milliards d'autres êtres humains qui n'ont que faire de moi. Je sais que je ne suis qu'un nain par rapport à certain(e)s. Je sais que le monde est si vaste que jamais je n'en découvrirai toutes ses semblances. Je sais que l'Univers est si démesuré que jamais je n'atteindrai ni ses frontières ni son cœur ardent.  

Je ne suis qu'un homme comme les autres ; rien de plus, rien de moins. Ma destinée est juste d'apporter un peu de ce que je suis, un peu de ce que je sais, à ceux et celles qui désirent les découvrir. A ceux et celles qui ne se contentent ni de la futilité, ni de l'éphémérité, ni de la superficialité, ni de la violence, ni de la "connerie humaine", ni de l'ignorance, ni des apparences...  

Ma destinée est juste d'apprendre, et de retranscrire le peu que je sais sur papier. Ce n'est peut-être pas grand chose, c'est peut-être sans intérêt pour beaucoup, c'est peut-être loin de leurs préoccupations diverses et variées, c'est peut-être étranger à leur réalité, à leur idée de ce que doit être l'existence de quelqu'un de "normalement constitué". Peut-être devrais-je en souffrir toute ma vie, peut-être devrais-je en subir vindicte, haine, moquerie, rejet.   Mais c'est une destinée à laquelle je ne peux et ne veut échapper. A chaque fois que je m'y suis essayé, la peur, la souffrance, les blessures, les déchirements, en ont été l'unique résultat.   Alors, je poursuis ma quête.

Seul, détesté et humilié parfois, repoussé et abandonné souvent, rarement considéré, lu, apprécié ; une personne à laquelle presque personne ne prête attention ; exceptionnellement heureux ou satisfait... Cependant, je suis conscient que c'est le lot de gens qui se rendent compte qu'ils ne sont pas grand chose, si ce n'est eux-même ; des gens pour lesquelles le matérialisme, la concurrence, la vanité, la soif de gloire, de pouvoir, la fortune, sont des entraves à l'élévation de l'esprit vers davantage de sagesse. Je fais partie de ces gens pour lesquels ce monde et ses valeurs matérialistes sont sans attraits. Pour qui l'esprit est plus important que tout le reste. 

C'est pour cette raison que je vis ; uniquement. C'est pour poursuivre cette quête de l'impossible, et en laisser la trace derrière moi au terme de mon existence, tout simplement. Car, si je suis destiné à mourir, au moins mes écrits demeureront.

Et qui sais, ce que je sais, ce que j'ai appris,; ce que j'ai compris, ce que j'ai observe, de ce monde, et des individus qui le peuplent, des idées, de l'Histoire, de la philosophie, de l'actualité, des multiples de devenirs qui leur sont affiliés, aussi modestes et négligeables soient-ils, contribueront-ils humblement aux générations qui viendront après celle-ci...   C'est à ça que je suis destiné, rien de plus, rien de moins...

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