S'il me reste une chance.

chachalou

Un espoir porteur.

 

S'il me reste une chance, une solution même la plus barbare soit-elle. Si les médecins ont des idées, des savoirs et des compétences. S'il faut avaler des médicaments ou passer sur le billard. Si ma Vie pourra se poursuivre malgré tout, encore des années durant, me permettant d'avoir joie, mari et enfants. Alors, je prends. Je prends ma fierté et l'a cogne à coup de poings. Je prends ma Pudeur et l'a fou dans un coin. Je prends ma timidité et ma gêne pour les massacrer. Parce que peut-être que pour quelques-uns, je n'ai pas le droit de me laisser crever. 

Bêtement, simplement, comme un déchet qui flotte dans les vagues, à la dérive, défragmenté au fil du temps, décomposé par le sel, le temps. Je n'ai peut-être pas le droit de baisser les bras. Même si je le sais, une fois de plus, je ne pourrai compter que sur moi. Ma pomme, mon corps, ma mentalité. Qu'ai-je d'autre, qui aurais-je d'autre pour de nouveau respirer, croire encore en la vie, massacrer les quelques vilaines bactéries présentes en moi, tuer ces trucs sournois qui vous prennent un matin et ne s'en vont pas. 

Pourquoi moi ? J'ai cessé de me poser la question. Pourquoi tant de désinvolture dans les propos de certaines personnes, là encore, je ne ressasse plus la bêtise de quelques-uns. Pourquoi tant de déni et de gens qui ne font que nier en espérant pour eux et pour les autres, l'aube de jour meilleur ? La peur, pardi ! La peur de voir un proche s'en aller, si rapidement, condamné par le plus grand des fléau de notre temps. La peur, l'angoisse, la douleur même d'un deuil qui parfois, serait infaisable. 

Alors, on préfère ne pas croire, ne pas voir, ne pas savoir et moi-même, face à mes propres emmerdes, je détourne le regard. Je n'ai pas d'armes pour y faire face. Je n'ai pas la force de tout mettre en sursis et points d'interrogations. Alors, je me contente de faire comme ci, de vivre ma vie et de poursuivre mes entreprises et projets. Je fais semblant et à force, j'y crois réellement. Que je vais bien. Que mon corps ne montre pas de signes particulièrement inquiétant. Que je suis encore capable de me mettre la pâtée dans la plus part des domaines sportifs. 

Autodérision, persuasion, je peux chanter et gueuler au monde que je vais merveilleusement bien, que les nuages sont roses soirs et matins, que les couchés de Soleil me font rêver, que ma vie calme et pas bien agitée me permet au moins de me reposer. Je peux mentir, ça oui. Mais quand on ment et que l'on est pas menteuse, c'est peut-être que l'on a de profondes raisons. Alors je mens. Je dis que tout est parfait. 

Parce que si je disais l'inverse, personne ne m'écouterait. 

  • Courage ! On t’écoute, on t’entend et on te comprends.

    · Il y a 12 jours ·
    Photo rv livre

    Hervé Lénervé

  • Merci pour ce texte bouleversant... C'est tellement vrai et juste ce que vous dites de ce combat contre la maladie qu'il faut toujours livrer seul face à soi-même... Je vous souhaite le meilleur et sachez que si vous disiez l'inverse, il y aurait tout de même quelques rares personnes à vous écouter.

    · Il y a 13 jours ·
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    Julien Darowski

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