S'il te plait ne pleurons pas.

Nicolas Lafforgue

Cher amour,

C’est avec le plus grand des regrets que j’écris ces quelques mots. Nous nous perdons. Nous ne nous aimons plus. Nous ne sommes plus qu’un souvenir, le souvenir d’avoir été. Quand ? Hier tout au plus une nuit nous sépare de ton sourire, de la promesse de l’éternel célibat, de l’éternel combat pour rester l’un avec l’autre. Te rappelles-tu ? Toi, moi, nous, hypnotisés, seuls face aux porcs, face aux vulgaire de leur amour sous contrat. Vulgaire tu ne l’étais pas encore. Je t’aimais, je t’aime. 

Je t'ai séduis pour exister, les sinistres, eux, séduisent pour détruire, pour marquer leur territoire. Nous les vomissions, préférant la mort et sa promesse de peut-être à leur confort paresseux.

Aujourd’hui je sais que tu ne m’en voudras pas. Tu le sais depuis le début. Depuis le début tu sais que la passion à cela de tragique qu’elle ne résiste ni au facile ni à l’ignorance. Tu sais depuis le début que ta vie est trop courte pour la passer à rassembler les pièces de ce que je cherche à devenir. A essayer de comprendre l’ordre complexe de cette liberté que je t’offre. Je ne suis ni triste ni blessé, tout au plus désolé. S’il te plait ne pleurons pas.

Ton ami, l’alphabet. 

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