Substance

larcelin

Mon corps, transi sous l’épaisse masse de cette nuit qui, de nouveau, me plonge dans l’isolement

Se révolte à travers de soudains tremblements… mon cœur grelotte… sous ma peau, il se répand

C’est comme une hémorragie… un épanchement de sentiments qui s’injecte sous mon enveloppe jusqu’à la crevasser

Mes paroles se noient à en devenir inaudibles… mes caresses lâchées dans le vide, elles, sont inévitablement avortées.

Soumis à cet embargo… de ne pouvoir déteindre mes rêves sur le support pictural de ton épiderme

Je deviens comme fou… obsédé par ta silhouette dont je tente d’exhumer les contours par ces " je t’aime "

Qui pilonnent ma mémoire, assaillent mes souvenirs pour en extraire quelques fragments, quelques clichés

Durant toute la nuit, méticuleusement, désirant te sortir de moi, te mettre à nu… avec rage, je vais m’éroder

Tans pis si je m’écorche jusqu’à rendre mes phalanges insensibles

Je ferai tout pour t’extraire de cette gangue… ma volonté est indicible

Mes mains parcourent mon corps… tes attouchements ont dessiné mes muscles … m’ont façonné

Délicatement… mes paupières éteignent mon regard… me plongent dans une profonde cécité

Par delà cet autisme oculaire… je déchiffre… en braille… l’empreinte charnelle de tes émois

Et perçois par flash ta peau nacrée dont les reflets aux mille nuances scintillent autour de moi

Telle une aurore boréale constellant soudainement ma vie… me projetant comme par magie dans ton univers

Ton amour incommensurable m’érige dans une infinie plénitude… inlassablement, je contemple cet horizon aurifère…

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