Ta peau abricot

Eric

Concours Occitane

Fiumicino. C'est là que tout a commencé. Après quelques heures de vol, j'ai débarqué dans la chaleur étouffante de l'aéroport de Rome, de celle qui vous prend la gorge malgré que nous ne soyons que le 24 mai. Dans cette vague de touristes qui déferle sur le tarmac, je me laisse porter par ce courant, pourtant mon seul horizon n'est que toi et rien ne pourra me perdre.

Je sais que tu m'attends, mais une boule au ventre grossit au fur et à mesure de mes pas et de ton absence dans les couloirs aux couleurs criardes et vulgaires. Avec le brouhaha des retrouvailles et les annonces au micro tout semblait être le contraire de la magie de ta présence, tout semblait vouloir gâcher notre première fois.

Et puis. Et puis, comme un naufragé tétanisé par la peur, je t'aperçois mon île, mon refuge. Tu as rougi je crois sous l'intensité de mon regard et laissant tous mes bagages derrière moi, j'ai pu enfin enserrer ton odeur, ma promesse. Mes doigts caressent le velouté de ta joue, mes lèvres gourmandes goûte ta peau sucrée et je ferme les yeux pour garder cet instant unique dans ma mémoire. Plus rien n'existe autour de nous, mon appétit de toi me transporte dans un verger d'abricotiers, la douceur de ton épiderme - savoureuse comme la pulpe d'un fruit gorgé de soleil - frissonne sous la lecture de mes doigts.

Je me souviendrai toujours de ce contraste du hâlé de mes mains qui glissent sur le blanc laiteux de ta joue immaculée tel un paysage sauvage enneigé auquel j'aimerai laisser mon empreinte. J'ai envie de croquer le printemps de ta saveur et alors que la foule se disperse, nous restons là, à nous respirer et je voyage dans un jardin à la tombée du soir où le jasmin se diffuse et je m'ennivre de toi.

Et aujourd'hui. Et aujourd'hui, que tu es loin, malgré les années, je repense et ressens ta présence, ton arôme, ma bouche s'entrouvre pour revivre la texture et le grain de ta peau et j'inspire profondément pour m'emplir de ton souvenir fruité et méditerrannéen.

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