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slive

Parfois le passé toc à ma porte et par le Juda je le vois faire les cent pas, criant qu’il n’en as pas fini avec moi, que je l’évite depuis assez longtemps maintenant

                De quoi puis-je bien parlé. J'ai l'impression d'avoir déjà tout dis, mon état n'évolue pas, il stagne et avec le temps j'en ai perdu la force des mots. Parfois le passé toc à ma porte et par le Juda je le vois faire les cent pas, criant qu'il n'en as pas fini avec moi, que je l'évite depuis assez longtemps maintenant et que, dès que j'ouvrirai la porte il se jettera sur moi sans pudeur et prendra ce qu'il me reste, alors je reste dans mon trois pièces sans provision avec comme compagnie le Temps. Mort corps et maigre à présent, mes cernes ont pris possession de tout mon corps, j'en ai oublié le visage que j'avais. Malgré tout, à défaut du miens je me rappel du leurs et, évidemment, surtout du sien.

                Je pense pouvoir dire que le temps à fait son travail, tous les jours depuis plus d'un an maintenant je m'assoie sur ma chaise et il recoud chacune de mes blessures avec minuties à chaque fois qu'un fil se faiblit. Une fois qu'il a fini il me sert bien fort pour que je m'endorme dans ses bras, il ne semble pas comprendre que sa présence même et une occasion d'être recousu et, de ce fait, ça ne cicatrisera jamais. Je lui dis parfois « Il faudrait que tu partes et que tu laisses la plaie s'ouvrir à nouveau, je pourrai de ce fait sortir, mangé, boire jusqu'à ce que la nuit ce termine et ne plus jamais rentré chez moi. »

-Je le veux bien, me répond –il, mais pour que je parte il faut que j'ouvre la porte et ton passé ne te lâchera pas. Tu es près ? »

                Il a bien fait son travail, la douleur n'est plus aussi vive qu'avant et laisse place à une réflexion plus horrible encore, par le simple fait qu'à présent toute notion de douleur et remplacer par un gouffre énorme du nom de manque.

Et, tous les jours, quand je m'allonge sur mes pensées j'entends des muscles chauds m'envelopper, ses derniers résistant inlassablement les noms des disparues

« Ne craint rien, me dis-je, tu ne souffres plus, au moins.

Mais, es-ce mieux ? Je savais avancé lorsque j'avais mal. »

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