TOMORROW

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     Quand on sait que l’Hôtel de Ville de Paris a été entièrement reconstruit à la suite de l’incendie de la Commune, on peut penser que toutes les ruines ne sont pas vouées à la décrépitude. Quand on sait que l’amour est une véritable guerre, dont on ne peut espérer la victoire que quand le partenaire efface définitivement le numéro de ses ex (et encore, maintenant y’a Facebook…), on peut se demander  quelle sorte de ruines on peut admirer quand on rompt avec quelqu’un. Que reste-t-il à la fin d’une relation ?

   Pour M. et F. c’était clair : il ne restait que du mépris à l’égard de F. Les regrets avaient eu raison d’elle, et pour rien au monde elle ne se rendrait de nouveau aux beuveries organisées par le malsain personnage  (beuverie où ils s’étaient justement rencontrés quelques temps auparavant, avec l’aide de leur serviteur : ça promet pour ma carrière de mère-maquerelle…). Les ruines de leur relation sont comparables étaient comparables à celles observables après le passage d’Attila. A savoir : rien à voir, circulez ! Pour d’autres, l’après-rupture s’apparentait à la reconstruction de la ville du Havre après les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale (que de références culturelles décidément…elle se la pète un peu là, non ?) : toujours là, mais différente. Comprenez : on n’est plus ensemble, mais ça n’empêche pas une petite levrette- variante : une petite pipe, pour les moins chanceuses- de temps en temps ! Comme les vautours, ces ex-là savent sentir votre solitude vaginale et votre manque d’affection. Ils veulent contribuer à votre bon rétablissement : SMS de X reçu à 00 :32 : « hey coucou, ça va ? 9a fait longtemps J (sourire carnassier qui en dit long…) Tu veux passer ? :D (sourire carnassier dans son pantalon…) ». Cela dit, qu’elle femme n’a pas de numéro d’urgence dans son portable ? Et je ne parle pas du Samu, mais plutôt de la lance à incendie de Julien, Guillaume ou Olivier. Celui qu’on appelle en cas de brasier inextinctible sous la ceinture…vous m’avez très bien comprise… Depuis tout à l’heure on parle Antiquité et 39-45, mais il faudrait peut-être se remettre au goût du jour ! Et la Guerre Froide dans tout ça ? Le froid conserve idéalement les embryons de relation : on se tourne autour, à coup de texto tardifs et de vaines promesses, sans jamais concrétiser (B. aura bien mis 2 ans avant de m’inviter à boire un verre…ah non pardon, de m’honorer de ses faveur dans un champ humide, on se croirait presque dans une pastorale !). On parle aussi des amitiés post-coïtales. Ah ! Les amitiés ! On y croit gentiment, parce que c’est le seule moyen qu’on à trouvé pour ne pas se sentir coupable, mais on a de sérieux doutes quand on sent une protubérance dans son boxer. Au moment de se mettre au lit –oui parce qu’en plus vous avez loupé le dernier métro-, « en tout bien, tout honneur ! ». Après avoir couiné sur Céline Dion, et englouti deux plaquettes de chocolat lait-noisettes. Une bonne soirée, en somme ! Et puis il y a les ruines toujours fumantes, qui reprendraient vie au moindre souffle de vent. Comme celles qu’entretenait Y. avec son ex. Ils allaient travailler ensemble. Sachant qu’ils s’étaient fréquentés 3 ans auparavant, après s’être rencontrés sur leur lieu de travail… Elle lui envoyait des texto à 2h du mat’, « en souvenir du bon vieux temps », pour lui dire qu’elle allait mal, ou lui réclamer un chèque (ok, ça c’est moins glamour), ou pour lui dire que leur ex-film préféré passait à la télé. Vous la sentez comme moi la suite, ou bien ?

   Finalement, dans les ruines, ce n’est pas tellement l’aspect qui importe, mais l’importance qu’on leur accorde. Plutôt site touristique ou randonnée sac au dos avec carte routière oubliée en option ? Moi tout ce que je dis : pensez à prendre un appareil jetable…

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