Trouver le courage de voyager pour les nuls qui souffrent de la phobie des transports !

Christian Chaillet

Une phobie ? : « C’est cela, j’aimerai bien mais j’ai trop peur de quitter le confort de mes habitudes. Pourtant je suis en bonne santé, cela me plairai beaucoup, mais je ne peux pas ».

Sommaire : 

1)      Partir sans bouger : le voyage premier

A)     Le voyage intérieur

B)      La méthode SMARTER pour se fixer des objectifs

C)      Trouver l'objet de votre motivation : faites simplement une liste.

2)      La passion immobile avec un grand P : les phobiques doivent emporter l'adhésion de leurs proches pour voyager avec eux.

A)      Vous avez trouvé la passion qui va motiver des voyages

B)      La méthode : du général au particulier

C)      Partagez votre passion, elle a un caractère universel

D)     Le projet global

3)    Le voyage commence

A)     Définition de la phobie et vues d'artistes !

B)      Les phobies des transports

C)      Guérir en affrontant ses peurs

D)     Comprendre vos peurs originelles et agir sur elles.

4)      Relaxez-vous et méditez quotidiennement

A)     Définition de la méditation : un état de conscience

B)      Exercices de méditations pour vous libérer de vos angoisses

C)      Acceptez la situation : lâcher prise.

5)      Partir mais pas loin

A)     Croire que c'est possible

B)      La méditation en marchant

C)      Dans son jardin : être curieux

D)     Autour de chez soi : un jour un voyage

6)      Trouver l'argent et se préparer

A)     Le cash

B)      Pas de préparatifs

C)      Se préparer

D)     Personnaliser les préparatifs

E)      Les enfants et leur santé en voyage

7)      Trouver le temps pour partir

A)     Planifier les temps courts

B)      Planifier le temps à plus long terme

C)      Les moyens légaux pour ne pas perdre son emploi

D)     Jeunes ou vieux les moyens diffèrent

8)      Les voyageurs et l'administration : en France et à l'étranger

A)     Les différents papiers

B)      Les ambassades, les consulats

C)      Les cultures : tabous et interdits

D)     Les précautions d'usage : bagages, douanes, santé

9)      Partir loin et pour longtemps

A)     Où ais-je envie d'aller ? Avec qui ?

B)      Prévoir son budget, les retraits à l'étranger

C)      Les assurances : annulation, rapatriement

D)     Une liste détaillée des éléments à ne pas oublier

10)   Se donner les moyens

A)     Prendre un coach voyage ?

B)      Se débrouiller tout seul

C)      Partir avec une agence

D)     La préparation psychologique

11)   Jour J

A)     La maîtrise du stress par l'organisation ou le lâcher prise

B)      Le rêve peut commencer

C)      On n'est pas chez soi

D)     Souriez ! Vous êtes filmé !

12)   Revenir

A)   Reprendre pied dans le quotidien

B)   Partager votre expérience

C)   Reprendre le travail sereinement

D)   Préparer le prochain voyage

Vivre mieux pour les nuls : Le voyage soigne les peurs. 

Vivre mieux pour les nuls : Le voyage : quel qu'il soit il déforme les valises ……. Et les zygomatiques des nuls !!  1

Introduction

Je viens de lire les carnets de voyage d'un chercheur français parti en Guyane au 19 ième siècle pour y étudier le mode de vie des indigènes. Il s'est perdu en forêt, s'est blessé, est tombé malade, et est mort là-bas, seul, son carnet près de lui. Sur la dernière page était écrit : « Que suis-je venu faire ici ? ». « Mourir » répond le journaliste ayant rédigé une critique de cet ouvrage dans le Monde littéraire. Trêve de plaisanterie : c'est le sens même de la vie. Voyager sans se mouvoir ou voyager à mille à l'heure permet de suivre le chemin : qu'importe la destination, seul le voyage est important.

Le voyage : quelle définition personnelle en faites-vous ? Un plaisir infini à la rencontre d'une planète paradisiaque et de gens merveilleux ? Le repos du guerrier ? Une encyclopédie ouverte sur vos passions : mer, minéraux, flore, faune ? Partir à l'aventure quitte à se mettre en danger ? Une perte de temps pour une vie trop courte ? Une phobie ?

Une phobie ? : « C'est cela, j'aimerai bien mais j'ai trop peur de quitter le confort de mes habitudes. Pourtant je suis en bonne santé, cela me plairai beaucoup, mais je ne peux pas ».

Vous aimeriez trouver « Le » voyage celui permettant de se dire chaque jour, je me sens mieux ! Partir ? Vous avez l'envie mais pas le courage, alors il vous reste les excuses. Rester dans le confort douillet de votre appartement pour y vivre dans les affres de la culpabilité ? Pourtant votre ami(e) aimerait partir avec vous, votre enfant veut bouger, vous ne vous supportez plus en prisonnier(e) de vos appréhensions. 

Vous n'êtes pas le seul ou la seule. Tout le monde ne parvient pas à trouver la formule qui lui convient pour lâcher les amarres. Les freins psychologiques ou physiques sont bien plus forts qu'il n'y parait. La confiance en soi est primordiale. Je me propose de vous présenter le voyage pour les nuls qui veulent vivre mieux, ceux qui ne bougent jamais pour des raisons bien réelles mais pas si insurmontables que cela. Les deux principales étant la maladie (les angoisses) et les handicaps (n'y voyez pas de provocation) réels ou supposé (comme l'âge), l'argent et le temps ensuite.

Premier temps : trouver la paix de l'âme. Dompter sa peur, la foutre dehors, cette intruse qui pioche dans la glacière de votre pique-nique. Les valises du voyage premier sont peut-être moins loin de soi qu'elles le semblent au premier abord. Regardez ce jardin, cette chaise longue au soleil permettant de s'évader par la lecture……. Le voyage intérieur, celui sans partage est-il le plus beau ? S'il permet de se sentir bien, d'oublier ses soucis, alors il faut partir, ne pas hésiter à poser les valises au pied de son arbre et retrouver le goût de ce Tiramisu dont vous vous léchez encore les babines (la madeleine est très surfaite croyez-moi !).

Attention cependant à ne pas laisser en route tout ce qui fait votre vie sociale. D'ailleurs il serait bon d'envoyer la photo du Tiramisu sur votre compte X ou Y ! Quoi ! Votre copain de toujours a posté une photo de sa copine (votre ex) en maillot de bain sur la plage de Rio ! Et alors ? Tiramisu. Cool, restez cool.  

Finalement après avoir retrouvé la paix de l'âme par votre voyage intérieur et oublié l'heure d'aller bosser ! (Vous êtes viré !), ou en peignant une girafe sur la tapisserie de votre salon, en regardant la TV en compagnie de vos enfants,  en surfant sur internet pour envisager de quitter le quotidien, ou bloqué sur votre clic-clac, vous voilà presque prêt à partir voir là-bas si vous y êtes.

L'argent et le temps ne poussent pas dans le jardin. Vous avez regardé sur vos 500m² de terrain suite à la lecture de la seconde partie de ce texte ? Il y a plein de façon d'en trouver. Je vous expliquerai. Bien !

De votre curiosité éveillée par des orchidées sauvages, un hérisson, de gros bourdons, des fraises sauvages trouvées dans votre jardin, le parc au pied de votre résidence. Votre village est emplit de l'histoire d'hommes venu du monde entier pour la partager avec vous qui l'aimez : « tu as vu ma chérie ? Cette belle porte de bois brut qui date de…. le linteau dit 1832. Qui a bien pu habiter cette maison ? Viens le chien » (il a pissé contre le gratte boue sur lequel Diderot s'était nettoyé les chausses). Le voyage se fait plus matériel et vous fait moins peur

« Bien allez je pars. J'ai trouvé du temps, un peu d'argent » Vous avez vu et revu le spectacle des chevaliers du fiel : « réunion de famille » et finalement vous avez relativisé. Votre beau-frère est un vrai bof mais vous êtes le sien ! D'ailleurs il n'a jamais quitté son village du Lot-et-Garonne. Son village est si beau. Les anciennes halles, les maisons à colombage, et son histoire… je ne connais pas son histoire. Tiens, tiens... Il va falloir organiser tout cela.

Finalement NON. Il n'est pas question de passer mes trois semaines de congés dans ma famille. Un week-end suffira pour commencer. C'est très clair, je peux partir pour de vraies vacances à moi, des vacances avec mes enfants, ma femme. D'ailleurs j'ai fait un rêve. Il faut l'avouer j'adore la préhistoire et j'aimerai tant trouver des fossiles, faire un stage de voile, de cuisine, une retraite dans un couvent. Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ? Qui vous l'a permis ? Vous. Enfin vous. Il va falloir tenir… Se préparer avec méthode et rigueur. Négocier avec votre femme et vos gosses : et revoilà le quotidien. « Finalement on part en Thaïlande » Bouddhistes et sourires, le choix est parfait. 

Les méthodes abondent pour organiser vos vacances : il y a celles qui coûtent un peu d'argent mais rassurent. Puis celles qui permettent de donner le meilleur de soi, de présenter une image aventureuse de vos vacances : s'en occuper personnellement. Encore faut-il respecter certaines formalités impératives ! Le rêve s'arrête parfois devant les douaniers et ramener Zyka n'est pas un bon plan.

Vous êtes sur place, dans l'enceinte d'un temple Bouddhiste et vous êtes ému(e) par la beauté dorée d'un Bouddha couché de quarante mètres. En fin de semaine vous prendrez le train de nuit pour Surat-tani puis le bateau pour Koh Samui, l'île aux cocotiers.

Combien de comiques ont gaussé les apprentis aventuriers : les sketches et les films abondent sur leur incapacité à s'adapter au pays, à la culture de l'autre, au climat, aux aléas du voyage. Mais bon ! Vous avez choisi en connaissance de cause. Vous vous êtes préparé de manière professionnelle. Vous n'êtes pas seul, vous êtes à l'étranger, c'est-à-dire chez des gens dont l'ouverture d'esprit vous permet de partager avec eux les merveilles de leur jardin. Ce n'est pas le cas partout. Souriez-vous êtes filmé.           

1.                Partir sans bouger : le voyage premier

 

A.                Le voyage intérieur

 

Vous n'êtes plus cet homme ou femme des cavernes que l'éloignement de votre abri de roc et de paille rendait fou de peur. Vos angoisses vous permettaient de survivre et d'inventer, de mettre au point des stratégie de défense incluant le nomadisme, aujourd'hui vos peurs sont un handicap. Vous avez un but : vous sentir mieux grâce aux voyages, car il y a toute sorte de voyage, certains sont des aventures, d'autres un mouvement du corps sans signification : « J'ai fait le Mexique », et puis celui plus personnel, son propre voyage. Je ne vous parle pas de spiritualité, de séminaires en Ardèche, de réunions de groupe. Je vous parle de vous, en vous, en voyage sur le chemin intérieur, celui que vous avez oublié par facilité depuis toujours.

Exemple : je travaillais à la réinsertion professionnelle de personnes en grande difficulté. Je leur demandais à tous et toutes quel était leur idéal professionnel. L'une d'elle me répondit « J'aurai aimé être standardiste » « Pourquoi ?» « Parce c'est un travail qui permet de connecter les gens entre eux ; c'est un rôle clé dans l'entreprise » Pourquoi ne l'était-elle pas devenue ? Un : c'était la première fois qu'elle exprimait son idéal de job à quelqu'un. Tout est là, dans l'expression de ses rêves : ce qui permet déjà de les matérialiser. Le voyage est une connexion entre vous et les autres, mais d'abord entre vous et vous.

Je ne sais pas ce qu'est devenue cette personne mais si une entreprise l'avait embauché comme standardiste, quel que soit son niveau, il aurait eu dans son équipe la meilleure standardiste de France. Heureuse, souriante, connectée. Vous me comprenez ? D'autres n'ont jamais pu me dire ce qui les passionnaient vraiment et ce qu'ils auraient aimé faire « une fois grand ». Comme si c'était trop tard. Trop tôt. Par pudeur peut-être. Pour vivre mieux son voyage intérieur et en faire une œuvre sans prétention il faut trouver cet idéal de voyage.

Pour accomplir de grandes choses peut-être suffirait-il d'y aller marche par marche. Et pour vous, partir, même dans le département d'à côté est une aventure. Les grands managers ne sont pas très différents de vous : pour parvenir à diriger leurs entreprises ils se fixent un chemin (une vision), un objectif global, des objectifs secondaires, une manière de faire, et ils utilisent la méthode suivante :

B.                 La méthode SMARTER pour se fixer des objectifs

 

Une personne très proche de moi ne supportait plus le stress dans son entreprise. Sa santé physique se dégradait. Qu'aimait-elle faire ? Elle avait managé pas mal de personnes et connaissait la méthode SMARTER. Elle se fixa comme objectif de trouver un sens à sa vie en trois mois. Elle construisit la « liste de ses envies » dont émergea sa passion pour les affaires (et l'argent, il faut bien le dire) associé à un goût prononcé pour la brocante : aussitôt dit aussitôt fait. Elle planifia son temps. Détermina ses objectifs à la manière SMARTER expliquée ci-dessous. Aujourd'hui elle commerce sur internet avec le monde entier. Depuis son bureau elle voyage en paix autour du monde.     

Vous vous êtes fixé comme objectif de mieux voyager en votre compagnie, puis de partir. Mais comment s'assurer de la pertinence de vos étapes pour y parvenir ?

Passer les objectifs au crible des 11 critères intégrés dans le système "SMARTER"

 S comme Spécificité et Sens : ne vous dites pas je veux trouver le courage de « voyager », mais je vais prendre des vacances dans le Var en compagnie de mon ami(e).   M comme Mesurable et Motivant : Une fois sur la plage dans le Var vous saurez que vous avez réussi. Et vous passerez à l'étape suivante.  A comme Ambitieux et Appropriable : « Comment vais-je faire pour y parvenir ? » R comme Réalisable et Rédaction/formulation positive : réaliste. Le Var c'est bien en dehors des périodes d'inondation. Ne prévoyez pas d'aller en Guyane si vous ne pouvez pas encore prendre un train puis un avion !  T comme Temporellement défini : il faut absolument déterminer des dates butoir pour vous obliger à agir et mesurer vos écarts entre la volonté de faire et ce qui est réellement fait.  E comme  Excitant : Etes-vous moralement motivé pour parvenir à vos fins ?  R comme Ré évaluable : pas le Var mais les Alpes maritimes. Mais aussi comme Récompensé. Définissez votre gratification lorsque vous aurez atteint le but escompté.

Les critères permettent de s'assurer de la pertinence des objectifs et renforcent considérablement les chances de leurs réalisations. Celui qui n'a pas d'objectifs ne risque pas de les atteindre ! Vos objectifs vous appartiennent, à vous seul(e). Ne laissez personne vous les imposer.

L'objectif, c'est ce  vers quoi nous levons les yeux lorsque nous sommes sur le chemin : c'est le sommet, qui nous impose de réfléchir à « pourquoi je marche sur ce chemin ». Sans objectif, le nez sur vos chaussures, vous saurez peut-être « comment » vous marchez. Quel intérêt pour vous ? Pour conclure ce paragraphe n'oubliez pas cette citation de Casey Stenger : « Si vous ne savez pas où vous allez, vous arriverez ailleurs ! » Comme dans cet ouvrage c'est « Le chemin qui compte » et pas la destination, peut-être cela n'a-t-il aucune importance au fond ! Encore que rater ses vacances à cause d'un GPS c'est pas bien gai.


Rien n'est impossible aujourd'hui comme hier. Seuls nos freins psychologiques nous empêchent De pouvoir voyager dans le paradis fait pour nous. Il suffit de le trouver et de lever les barrières.


  

C.                 Trouver l'objet de votre motivation : faites simplement une liste.

 

Qu'aimez-vous vraiment ? N'allez pas chercher midi à quatorze heures. Deux méthodes s'affrontent, l'une basée sur la sophrologie. L'autre plus simple utilisant l'écriture.  

Cinq étapes pour faire le bon choix :

-          Identifier son désir : là il s'agit d'écrire le roman de votre vie (Cet idéal que j'ai perçu lors de ma rencontre avec une jeune femme rêvant de devenir Standardiste).

Vous aimez le café colombien, le chocolat, le rugby, les papillons, les araignées, les fossiles, le vin, le whisky, jardiner, bricoler le bois, les voitures, l'astrophysique. Rien que ça ? Que d'univers !

Notez chaque mot et l'histoire qui va avec comme si vous l'aviez vécue : Puis notez vos émotions de 1 à 10 :

 

Fossiles 10 : Un vieux parfum de Tiramisu dont je parlais plus haut. C'est votre papa qui vous avait emmené chez un ami à lui dont le bureau était emplit d'énormes coquillage de pierre. Quel souvenir merveilleux. Cet ami avait parlé d'Ammonites de plusieurs millions d'années comme si elles sortaient de la mer encore peuplée de monstres marins ! C'était de l'aventure spatiotemporelle à l'état brut. Mais on est bien avancé ! Pas de panique. Vous ne trouverez pas de fossiles dans votre salon mais cela ne va pas tarder.

 

Pour valider ce choix semblant réunir tous les critères d'un voyage possible vers des régions propices à la recherche de fossiles vous proposer votre choix à votre corps d'habitude douloureux à l'idée de faire des projets de voyage. Voyons comment faire :

 

-          Faire le point : chercher à détendre ses tensions en proposant aux parties douloureuses de son corps de « peser » votre choix en le lui soumettant de manière cérébrale. Soit votre thorax douloureux (ce peuvent être vos épaules, votre dos) se détend à l'idée de partir à la recherche de fossiles dans el Mâconnais, soit il prend peur.

 

-          Affûter votre intuition : laisser vous conduire par votre première impression, les odeurs, les frissons, les regards échangés ; une histoire d'amour nait ou se meurt aussitôt perçue car elle ne vous correspond pas. Attention à la reproduction de vos schémas de vie.  Il faut être attentif à ses messages car ils sont intrinsèques.

 

-          Se relier aux autres : Avant de parler de votre choix, par exemple celui de partir un mois seul(e)  en Thaïlande, listez tous les arguments qui le justifient à vos yeux. Puis hiérarchisez les besoin (dominer votre phobie des voyages et grandir à vos yeux) et vos besoins périphériques (Cultiver votre passion de la boxe Thaï et des combats de Buffles !). Si le premier est non négociable, les seconds peuvent faire l'objet d'aménagements. Cette distinction vous permettra également de ne pas vous perdre dans des conflits inutiles.

 

-          Présentez votre décision à vos partenaires, famille, éventuellement patron s'il doit valider des congés à une date propice, en formulant votre besoin central :

 

« J'ai décidé de partir seule un mois en Thaïlande», « Qu'en penses-tu ? » Notez chaque point qui fait l'objet d'un accord « Nous en avons les moyens », ainsi que les questions restées en suspens : « Un mois c'est long, et si mon diabète s'aggrave ? ». Si l'autre se ferme, laissez le temps au temps : une réflexion consciente ou inconsciente se mettra en place, et lorsque vous reprendrez la discussion elle vous permettra de parvenir à un consensus (accord respectant les deux désirs : il peut venir la dernière semaine par exemple ; vous pouvez communiquer par skype tous les deux ou trois jours depuis un café Internet) et non à des compromissions génératrice de frustrations.

 

-          Passer à l'action en toute sérénité.

 

Retournez au paragraphe sur le travail permettant de juguler votre stress. Fermer les yeux : travaillez sur votre relâchement par la respiration, faites-vous des films avec les scénarii catastrophe et finissez par les accroches positives : les souvenirs heureux lors de partie de pêche ou de chasse avec votre père. Faites un film des scènes heureuses avec celles qui vous angoisse : votre père pêcheur avec vous sur les plages de Koh Samui dans le golfe de Thaïlande.

 

-          Tout va bien se passer :

 

En attendant de trouver par vous-même les fossiles (les vignobles près de la roche de Solutré en sont pleins, c'est beau, pas loin…) dont vous rêvez, vous voulez retrouver le parfum des pierres et leur nom. Il vous faut des livres pas chers. Pour les trouver il y a de multiples manières de s'y prendre : sur internet par exemple. Mais le contact physique n'est pas là et vous n'avez pas envie de commencer votre voyage par un clic. Vous avez raison. Rien chez le vendeur de livre d'occasion sur la place du village mais ils vous conseillent d'aller chez Emmaus. Bien joué : vous y trouvez un ouvrage pour 2€. Vous le feuilletez et miracle : sur la dernière page se trouve le tampon du « club de minéraux et fossiles » de votre ville. Il a été créé par l'un de vos anciens professeurs en 1971. Cerise sur le cake : un numéro de téléphone a été écrit au stylo sous l'adresse du club. Vous appelez. Le voyage commence. Un petit frisson vous parcourt l'échine alors que votre interlocuteur vous invite à venir à une réunion de passionnés.

 

2.                La passion immobile avec un grand P : les phobiques doivent emporter l'adhésion de leurs proches pour voyager avec eux.

 

A.                Vous avez trouvé la passion qui va motiver des voyages.

 

Tant mieux. La phobie est toujours là. Vous voulez bien partir mais il faudrait vous faire aider par vos proches. La solution : allier votre passion, vos amis, votre famille et les voyages ! Comment faire ? 

Comme tous les passionnés vous ne savez pas faire bonne mesure du temps et de l'énergie à consacrer à votre passion. Elle devient un poids social. Un couple, des amis, des proches doivent-ils partager la même passion ? Non on peut choisir de rester à l'écart de la passion de l'autre. Rien n'empêche de dire, sans aucune agressivité ou rejet : «C'est sympa de te voir heureux dans ta passion ; moi franchement je ne la comprends pas (pas encore), apriori elle ne m'intéresse pas. Je vais m'investir dans des choses qui me conviennent mieux. » Chacun peut ainsi « cultiver son jardin », et le couple peut trouver un univers commun dans lequel s'aimer.

Mais c'est parfois difficile et vous le savez, et vous voulez vous faire comprendre, partager votre amour pour ce voyage qui vous conduit toujours plus loin de vos proches. Car votre passion s'immisce complètement dans l'espace partagé par vos amis, phagocytant aussi votre  couple. Maintenant votre femme s'absente quand vous revenez trop tard de votre atelier. Et vous êtes émotionnellement atteint. Elle aussi s'amuse sans vous. Votre voyage est-il sans retour ? Si une passion reste bien gérée, il reste alors une vie pour l'amour et votre famille fonctionne comme une belle mécanique.

Vous aimeriez vaincre votre phobie des voyages pour aller à Genève au salon de l'auto. De plus vous allez vivre un enfer à l'idée de laisser votre garage de fortune (le prétexte est beau !). Pour vous toute autre occupation que la mécanique auto ne mérite pas d'y penser. C'est bien une perte de temps. Vous aviez des amis cependant. Mais ils ne partageaient rien avec vous. Votre femme veut vous quitter. Vous  souffrez mais votre voyage vous l'avez trouvé : de chez vous à votre atelier ce sont des mondes qui déroulent leurs confins harmonieux. Comment faire pour retrouver la lucidité qui vous a fait aimer les autres sans vous départir de votre amour de la mécanique ?

Ne vous leurrez pas, il est très agréable, quand cela ne dépasse pas des heures et des heures de monologue, d'entendre le souffle épique d'un passionné décrire les avantages comparés d'un moteur six soupapes et d'un quatre cylindres en ligne ou quoi que ce soit d'autre. Moi j'aimerai entendre parler le monde de son histoire, les montagnes de leurs combats pour aller au ciel, les mers de leurs monstres des profondeurs, les temps perdus de leurs dinosaures. Chacun son truc n'est-ce pas ?

B.                 La méthode : du général au particulier

 

Pour emporter vos amis et votre femme dans votre voyage il est très important de mettre en place une stratégie précise : allez du général au particulier.

L'erreur à ne pas commettre : les détails tuent la communication. Qu'importe la poutrelle d'un pont difficile à assembler devant le pont de Millau dans son ensemble ? Qu'importe la merveilleuse poignée de porte de votre vieille Rolls eut égard à ce qu'elle véhicule de rêve ?

Mettez-vous à la place de vos amis : qu'avez-vous aimé dans la mécanique, dans les voitures ? D'où né votre amour ? De l'ensemble ; du monde de la mécanique, de l'univers qu'il a ouvert pour la société moderne dans laquelle vous évoluez. Ce qui vous a plu ce ne sont pas les plaquettes de frein, ni les pneus taille basse mais ce que ces détails assemblés les uns aux autres ont permis de construire dans votre imaginaire. Laissez traîner vos revues de voiture à la page people pour ceux et elles qui regardent les voitures par le prisme de la notoriété. Expliquez simplement le marketing des publicités audio-visuelles, celles qui vendent un rêve de voyage dans les montagnes inaccessibles d'un monde perdu. Dites alors que c'est ce monde-là qui vous attire dans votre atelier. Donner à voir ses émotions est le plus beau des cadeaux d'un amoureux. 

C.                 Partagez votre passion, elle a un caractère universel

 

Nous sommes tous des enfants face aux légos de la vie. Alors parlez des voitures comme d'un paysage, d'une femme, d'une star masculine ou féminine d'ailleurs, de son évolution.

La seconde étape consiste à se fixer des règles intangibles : il faut se dire que tel ou tel moment doit être réservé à sa famille et à sa vie sociale. Une soirée en particulier dans la semaine ou une partie du week-end par exemple. Notez là sur un agenda affiché sur le frigo de la cuisine pour plus de sûreté. Les objectifs atteints il sera toujours temps de ne plus tenir à jour ce pense-bête. Et n'hésitez pas à vous faire un petit cadeau lorsque vous avez respecté vos engagements : le petit verre de coca qui va bien ou l'achat plaisir pour votre voiture ! 

D.                Le projet global

 

Lorsque vous sentirez vos amis sinon accrochés mais réceptifs vous allez passer à l'étape suivante : de votre passion va naître votre projet. Le projet lui-même : la refonte d'une vieille Rolls que tout le monde voit comme un tas de boue en une merveille à venir.

Puis la vision de votre projet à long terme : « créer une association pour permettre aux jeunes mariés de trouver les plus beaux endroits de votre région aux fins d'immortaliser leur union dans un cadre idyllique et une voiture merveilleuse ». Votre femme et vous serez les premiers à être sur la photo, bien sûr.  

Le voyage aux côtés d'un passionné peut être très aventureux. Ce n'est pas de mécanique dont vous parlez alors mais de vous, d'eux, de votre collaboration active ou amoureuse. De leur acceptation. Comment ne pas comprendre ce projet s'il est présenté comme votre voyage vers eux, et d'eux vers vous ? L'idée, c'est de trouver ce qu'il y a d'universel en elle, et de se le réapproprier. Par exemple, on peut ne pas aimer les voitures, mais partager avec son compagnon un même enthousiasme pour le génie inventif des ingénieurs et du dessinateur qui a façonné sa carrosserie malgré toutes les contraintes que l'on comprend enfin ! On peut se projeter dans l'art qui sublime les voitures : le dessin, le cinéma, la sculpture, la littérature.

Les amours qui durent ne partagent pas forcément les mêmes passions, mais les mêmes valeurs.

Plus tard, bien plus tard les détails (revoilà les plaquettes de frein !) permettront de faire corps avec votre projet et des voyageurs partiront avec vous dans ce voyage qui vous conduira sur la route 66, dans les randonnées de vieilles voitures, au salon de l'auto de Paris, Genève, Francfort.  Un équilibre s'est construit entre vos passions, votre vie sociale. Reste à vaincre votre phobie du voyage.

3.                Le voyage commence

 

A.                Définition de la phobie et vues d'artistes !   

 

L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe.

Gustave Flaubert

Le dictionnaire de la psychanalyse définit ainsi la phobie : du Grec Phobos (fils du Dieu de la guerre et d'Aphrodite déesse de l'amour et de la sexualité).   

En psychiatrie le terme désigne une névrose dont le symptôme central est la terreur continue et immotivée du sujet (vous –moi) qui en est atteint face à un être vivant, un objet ou une situation ne présentant en soi aucun danger réel.

En psychanalyse, la phobie est un symptôme pas une névrose d'où l'utilisation de l'expression hystérie d'angoisse à la place du mot phobie. Introduite par Wilhelm Stekel en 1908 et reprise par Sigmund Freud, l'hystérie d'angoisse est une névrose de type hystérique qui convertit une angoisse en une terreur immotivée face à un être vivant, un objet ou une situation ne présentant en soi aucun danger réel.

Chez les successeurs de Freud le mot tend à recouvrir la notion d'hystérie d'angoisse.

Même source : pour conjurer la peur au combat les Grecs avaient divinisé Phobos et les guerriers l'honoraient avant de partir à la guerre. Dans les temps moderne on a soigné les maladies de la peur par des herbes, des potions, des colliers d'ail, des crimes rituels, la confection de fétiches, etc. La jaunisse passait pour être provoquée par une peur intense : d'où les expressions vert de peur et un peur bleue. Je blague.

En utilisant les termes « d'hystérie d'angoisse » Freud placera la sexualité (revoilà Aphrodite !) au centre des symptômes phobique. Les phobies des animaux seront les plus étudiées au travers de deux cas Freudiens : l'homme aux loups  et l'homme aux rats. Le petit Hans qui développera une phobie des chevaux sera le cas référence des études de Freud, puis d'autre psychiatre comme Lacan.

Anna Freud regarde les phobies comme des névroses de transfert, dans laquelle l'objet « phogène » devient le symbole de tous les dangers liés à la sexualité et qu'il faut repousser par des mécanismes de défense. Du point de vue des Freud (mari et femme) la claustrophobie serait à interpréter comme le désir et la crainte de la masturbation et l'agoraphobie comme l'expression d'un fantasme de prostitution. Selon Klein la claustrophobie serait un désir d'échapper à la protection étouffante du « bon objet » tandis de l'agoraphobie correspondrait au désir de s'évader d'un monde peuplé de « mauvais objets ».

Lacan définira ainsi les raisons de la phobie « Pour combler quelque chose qui ne peut se résoudre au niveau de l'angoisse intolérable du sujet, celui-ci n'a d'autre ressource que de se fomenter un tigre de papier ! ». La phobie peut être nommée (peur du cheval par le petit Hans traité par Freud), alors que l'angoisse est innommable au sens littéral du terme. Lacan, (écrit Simone Wiener dans la clinique Lacanienne) évoque à plusieurs reprises la phobie, qu'il considère comme la névrose la plus radicale, au sens où elle est faite pour soutenir le rapport au désir sous la forme de l'angoisse. 

Elle conclut en disant : Par LA PHOBIE, le sujet fait l'économie du risque à prendre, de s'inventer un mythe, un fantasme, pour élaborer une histoire sur l'énigme de son existence, et c'est sa misère. Mais parfois, lorsque l'objet de la phobie remplit un peu moins sa fonction, alors s'ouvrent, à travers l'analyse, d'autres perspectives…

B.                 Les phobies des transports

 

Anxiété, hyperactivité, vous êtes mort de fatigue, les soucis vous assaillent et la seule alternative à cette angoisse existentielle s'est de travailler encore plus. Puis, comme un garçon que je connais bien vous faites un grave malaise cardiaque. Il est temps de raccrocher les crampons. Vous décidez de voyager cependant vous savez qu'une de vos angoisse, celle de partir provoquera un blocage par rapport à la nourriture. Des nausées à la vue d'un restaurant d'autoroute. Vivement le retour !! Les médecins traitent de plus en plus les différents malaises et la phobie des transports car on se déplace aujourd'hui nettement plus qu'il y a cinquante ans. Ils prescrivent souvent ces angoisses avec du Xanax, médicament calmant les manifestations anxieuses sévères ou invalidantes. En tout état de cause pas d'auto médication. Peut-être vous est-il possible d'affronter votre cerveau ? Ce n'est pas à lui à commander vos actions et vos réactions ! Non mais !

La phobie du voyage se traduit par de multiples pathologies :

-          Des tocs : l'une de mes amies ferme 50 fois sa porte à clé avant de monter en voiture, et je ne vous parle pas du robinet d'eau de la cuisine ! Elle ne le fait pas pour aller travailler.

-          L'anorexie du voyage : les personnes ne mangent plus lors de leurs déplacements ni lors de leurs séjours sur place.

-          Des évanouissements par peur de mourir

 

Et bien sûr toutes les phobies liées aux transports eux-mêmes dont la liste non-exhaustive suit :

 

-          Aerodromophobie : peur des voyages en avion.

-          Amaxophobie : peur de la conduite.

-          Basophobie : peur de marcher (sans blague !).

-          Cyclophobie : peur de monter sur une bicyclette ou tout autre véhicule à deux roues.

-          Hippophobie : peur des chevaux, des équidés.

-          Sidérodromophobie : peur de voyager en train.

 

Je n'ai pas trouvé le nom de la phobie du Touk-Touk, véhicule à quatre roues dont le chauffeur passe son temps à slalomer entre les camions et les voitures dans Bangkok !!! Et c'est dommage car là vraiment vous pourriez avoir peur.

 

Les personnes qui souffrent d'anorexie mentale présentent des symptômes bien identifiés :

 

- manque de confiance (en soi, mais aussi en l'autre)

- manque d'estime de soi

- besoin de contrôle et de maîtrise, qui se traduit par un excès de perfectionnisme

- rejet de l'image féminine (séduction, sexualité) et du désir

- peur permanente d'être jugée par autrui

- sentiment d'impuissance face à l'amour, la vie, la profession, l'avenir, la guérison…

 

L'anorexie de voyage (et les angoisses liées à ce plaisir infini !) tire son origine des mêmes symptômes : quel imaginaire s'attache aux voyages ?

 

Partir, se changer les idées, faire du sport, faire la fête, draguer, se baigner nu(e) dans des criques sauvages, faire de la plongée dans des eaux infestées de requins (et plus souvent de jolis poissons jaunes), manger n'importe quoi n'importe quand, partir à l'aventure sans carte, tomber en panne sur des routes inconnues, coucher à la pleine lune, se faire voler ses papiers, son portable, son argent, se faire escroquer par des marchands ambulants, risquer des ennuis avec des pirates de l'autoroute, rencontrer des gens charmants, jouer aux boules, prier dans des temples Bouddhistes, tomber amoureux, trouver un boulot saisonnier : la vie quoi………. Alors bien sûr la vie est source d'angoisses et à chaque mot connecté à la notion de voyage existe un frein psychologique à lever :

 

-       L'aventure = manque de confiance en soi et en l'autre.

-       Sens de l'organisation, de l'adaptabilité aux autres = manque d'estime de soi

-       Se laisser aller, oublier le quotidien, être pris en main = besoin de contrôle

-       L'amour, l'aventure séductrice, le sexe = rejet de sa séduction, de sa sexualité et du désir

-       La sociabilité, avoir besoin des autres = peur d'être jugé par autrui

-       La vie, l'histoire, les sorties, la culture = sentiment d'impuissance face à ses  capacités à être heureux et à guérir.

 

Guérir de sa peur, quel programme. Commençons par le commencement.

  

C.                 Guérir en affrontant ses peurs

 

Un psychiatre rechercherait les sources de votre phobie des guêpes (par exemple) dans une relation entre votre passé et ce que cet insecte représente pour vous. Il vous demanderait quand a commencé votre phobie, si vous rêvez de cet insecte et sous quelle forme ; ferait un lien entre vos cauchemars et des relations de votre entourage immédiat ou dans l'enfance et trouverait avec vous ce qui vous oblige à avoir peur des guêpes. Quelle réalité refoulée cache cet insecte de papier ?

 

Moi je ne suis qu'un artisan voyageur qui accompagne les personnes en grande difficulté vers une intégration dans le monde du travail et pour cela il faut être à minima équilibré. Je ne suis pas capable de faire ce travail de recherche avec vous par l'écriture mais vous pouvez l'avancer pour en parler à un thérapeute.

 

Toujours écrivain je vous propose de faire une liste des toutes vos peurs, de les décrire en quelques mots, puis de vous imaginer VOUS, sans ces peurs. Qui seriez-vous vraiment ? Quels seraient vos projets des plus anodins aux plus fous ? Ecrivez-les en quelques mots.

 

Cette méthode a pour but de réveiller puis désactiver votre peur parfois explosive par des mises en situation progressives et répétées. C'est ce à quoi s'attachent les thérapies comportementales et cognitives dont l'efficacité est réelle. On peut guérir d'une phobie à condition d'apprendre à faire face à ses peurs. Cela se passe un peu comme pour une désensibilisation à une allergie. Par exemple, pour traiter la phobie des araignées, on commencera par regarder des photos d'araignées, puis une vraie araignée en cage, pour ensuite s'approcher d'un aquarium contenant des mygales (elles sont inoffensives…) et les prendre sur vos genoux.

 

Mais le but d'une thérapie n'est pas de faire disparaître la peur, plutôt de la rendre acceptable : adaptée, modérée, et contrôlable. C'est pourquoi on associe aux efforts de confrontation des exercices d'acceptation de la peur. Car beaucoup de personnes phobiques finissent par avoir « peur de la peur ». Or ce n'est pas la peur qui est un problème – elle est une réaction d'alarme normale, comme la douleur – c'est de ne plus pouvoir se maîtriser face à elle. Relaxation et surtout méditation sont de plus en plus souvent utilisées par les thérapeutes pour aider à surmonter les peurs excessives.

 

Par expérience personnelle, et comme beaucoup de thérapeutes (ce que je ne suis pas) j'aime bien cette hiérarchie des exercices :

 

-          Désobéissez à vos peurs : expérience personnelle vécue !!!

 

Imaginez-vous partir en vacances avec un(e) ami(e) particulièrement autoritaire et égotiste. Le passionné de voiture par exemple (moi il s'agissait d'un passionné de chevaux). Mais au lieu de respecter vos choix, vos goûts, vos envies, il se comporte comme s'il était seul, va ou il veut, achète la nourriture qu'il veut quand il veut. Vous impose le camping au lieu d'un joli motel au bord de la plage. Bref vous voilà pris dans un conflit intolérable. Cette histoire est celle de nous tous face à un tigre de papier : notre peur, notre phobie. Fais pas ci, fais pas ça…vous disent-elles : elles sont immatérielles ces peurs et donc encore plus difficiles à combattre. Elles sont là et pas là. Nichées dans les replis de votre être. Vous devez faire en sorte de vous en sortir : ne pas obéir à vos peurs est le crédo des soignants. Ils ont raisons. La peur est une émotion pas un danger.

 

-          Trouver des informations sur ce qui vous fait peur 

 

Le psychothérapeute américain Albert Ellis définissait ainsi les troubles phobiques : des « comportements stupides mis en œuvre par des personnes intelligentes »

 

Prenons un exemple connu : la peur de se noyer. Lors de vos recherches vous apprendrez qu'il est extrêmement difficile de se noyer. Si vous savez nager c'est encore pire. Seuls des cas de courants marins mal maîtrisés en dehors de toute surveillance (mais les phobiques se baignent rarement en pleine mer sur zone non surveillée), d'inondations dramatiques peuvent provoquer votre noyade. Mais en aucun cas une douche, un bain, une baignade dans 60 cm d'eau de mer, etc.

 

On ne meurt pas d'une piqure pratiquée par le personnel médical. La seringue ne casse pas, elle ne circule pas dans le système veineux jusqu'au cœur ou au cerveau pour provoquer un AVC.  

 

On n'étouffe pas dans un ascenseur bloqué quelques heures. Il finit par sentir mauvais, ça, oui !

 

Vos lectures sur la réalité de vos peurs permettront de relativiser celles-ci et surtout de vous donner confiance dans le discours des spécialistes. Et comme sur Internet vous allez trouver des contre-exemples incroyables : une noyade dans le désert……. N'oubliez pas les impératifs d'une certaine presse : il faut vendre à tout prix !

 

-          N'ayez plus peur de vos peurs

 

Vous ne vous souvenez plus de votre prime enfance et heureusement. Il a bien fallu apprendre à marcher. Imaginez le gouffre entre vous et la chaise à laquelle il faudra se rattraper car ce sera la chute. Vous l'avez fait. Vous aviez peur, et vous l'avez fait, avec probablement beaucoup de plaisir car réussir est un enchantement vers lequel il faut aller. Vous êtes sans doute tombé, vous vous êtes relevé et vous êtes reparti vers des bras accueillants ou le support d'un fauteuil. Aujourd'hui il faut faire pareil. Souvenez-vous de cela : accrochez-vous à vos victoires passées comme un sportif à ses trophées. Chaque peur vaincue est un record battu. Vous êtes le champion de votre vie, personne d'autre ne peut vaincre vos peurs que vous-même.

 

Il est juste d'avoir peur et malheureux de laisser cette intruse « organiser vos vacances ». Laissez venir à vous la peur, elle n'est pas une maladie, elle est normale et comme c'est une vieille amie vous allez lui dire poliment : «Je vais prendre ce téléphérique pour monter sur le désert de Platée admirer le Mont-blanc ». La peur vous entrainait dans l'angoisse, le malaise, la fuite, le renoncement. Aujourd'hui elle est là. Et vous lui tenez fièrement la main. Et je vous garantis une joie infinie lors de votre descente de la cabine sur le plateau des Platées dans la station de Flaine. Lorsque vous vous y rendrez buvez un coup à ma santé dans le restaurant d'altitude qui fait face au Mont-Blanc. Merci.    

 

-          Modifiez votre vision du monde

 

Le monde correspond à l'image inscrite dans votre inconscient : Il est dangereux pour vous. Et comme vous croyez ne pas être capable de l'affronter vous avez peur de vos peurs, à venir ou présentes. Bien sûr regarder le monde tel qu'il est n'est pas de tout repos. Mais rappeler vous que nous vivons dans un pays de paix d'ordre, de normes présentes pour vous éviter tout désagrément.

 

J'ai eu l'occasion d'accompagner un ami phobique dans les quartiers des puces de Saint-Cloud. Il a fait un malaise à la vue de tout ce peuple cosmopolite qui déambule de petit marchands en vendeur à la sauvette. Pas d'émeute en vue, seulement des gens. Comme s'est un passionné de brocante je lui ai demandé de parler avec des personnes présentes et sa peur s'est évanouie face aux sourires qui lui étaient destinés. De quoi avait-il eu peur exactement ? Lui seul le sait mais il a fait face. C'est l'essentiel.

 

Attention à plusieurs choses : d'abord aux généralités. Si vous avez peur de prendre un transport, il y a transport en commun (tram, bus, métro) et transport individuel. Les uns sont quasi sûrs et pas les seconds. Idem pour les gens : tous les Hommes ne sont pas dangereux, tous les lieux vides ne sont pas forcément si vides que cela et pas toujours aux mêmes heures. Et ne parlons pas des lieux bondés ! Quant-aux chiens c'est le même tonneau : il y en a des féroces et des doux comme des agneaux. Des insectes sont inoffensifs pour l'humanité et d'autres véhiculent des maladies contagieuses.

 

Attention aussi au prisme des Médias. Combien de fois des émeutes de quartiers ont-elles empêché des milliers de touristes américains ou japonais de venir en France alors que ceux qui étaient présents n'ont pas affronté, ni vu le moindre danger. Et je ne parle même pas des annulations de voyages à la suite d'attentats meurtrier comme en 2015.

 

Comme ces touristes prudents (Phobiques ?) vous croyez ne pas être capable de faire face et l'vitement est la seule option. Mais vous n'êtes pas un touriste comme les autres. Vous désirez vaincre vos peurs. Alors regardez le monde tel qu'il est et partez. Bien sûr n'allez pas dans les pays en guerre ! Le Var c'est bien dans un premier temps, ou le Lot-et-Garonne. C'est si beau la France !  

 

-          Mais surtout respectez-vous !

 

Vous êtes phobique, d'accord mais pas que cela. Vous avez le courage d'un lion dans certaines situations (accidents, travail, décès, maladie, argent…). Accrochez-vous à ces coups de sang-froid, ou de chaud qui vous ont permis de vous inscrire dans la masse des gens capables de courage. Et ne laissez personne vous juger. Dites leur « J'ai peur de prendre l'avion mais je vais le faire ; voulez-vous m'aider ou pas ? »

 

-          Prenez soin de vous

 

Faites de l'exercice (3 fois par semaine), modérez votre consommation de boisson censée exciter (à base de caféine), soyez attentif à garder la ligne, celle qui vous correspond, dans laquelle vous vous aimez, pas celle des catalogues de mode (les mannequins et les actrices les plus célèbres sont les plus stressés et les plus phobiques des personnes !).  

 

J'en reviens au début de ce paragraphe : votre hyperactivité vous a mis à quai pour quelques mois. Vous devez vous reposer. Vous pouvez vous préparer à voyager depuis votre salon maintenant. Voir un film sur votre télé ou votre ordinateur. Commander vos courses et, fin du fin laisser un traiteur vous cuisiner des plats exotiques à la maison. Quant-à visiter un musée virtuellement, rien de plus facile. Les amis ? Vous en avez quand même ? Sacré veinard. S'ils veulent vous voir ils peuvent passer, non ? Pleins des gens sont comme ça. Ils ont trouvé la paix.  Mais pas vous. Vous ne vous aimez pas comme ça : les bras ballants, la tête vide, inutile au fond alors que le monde s'écroule autour de vous. Ne culpabilisez pas, vous n'y êtes pour rien, tout est de la faute à…. Qui d'ailleurs ?

Vous avez le temps de réfléchir à tout ça calmement et à tenter de comprendre pourquoi vous êtes construit comme vous l'êtes.

D.                Comprendre vos peurs originelles et agir sur elles.

 

Vous l'avez compris en lisant la définition de la phobie, il n'est pas facile de la comprendre sans accomplir un travail en profondeur avec un professionnel. Cependant les phobies peuvent être domptées. Lacan, (explique Simone Wiener) pointe la distance qu'il peut y avoir entre la peur et l'objet, dont la fonction essentielle est de tenir cette peur à distance. Donc pas d'objet pas de peur ! Le but de votre travail sera de dompter votre peur. 

 

Elle ajoute : « Les enfants en grandissant, développent des phobies diverses et variées qui sont autant de mises en formes, par lesquelles les angoisses peuvent en passer, et qui sont des moments transitoires, par lesquels l'enfant va pouvoir se défaire de ses angoisses face à l'incomplétude de la figure de l'Autre ». L'enfer c'est les autres disait Sartre.

 

Les filles et les garçons ne sont pas égaux dans l'éducation des émotions et donc des peurs. Comprendre d'où viennent vos peurs sera peut-être utile, ou pas. Manque d'autonomie dans la prime éducation, mère ou père étouffant, angoissés, misère, etc. Il serait infructueux de consacrer beaucoup d'énergie à comprendre ses origines. Cependant il faut le faire pour mieux se comprendre. Et tenter de ne pas renouveler les erreurs de vos parents sur vos enfants. Les filles surtout. Puis affronter vos peurs s'avérera constructif et libérateur.

 

Comme le petit Hans, soigné par Freud (quelle chance) l'histoire de votre phobie prend sa source dans l'enfance. Mais comment s'est-elle installée et comment l'avez-vous ensuite – inconsciemment - nourrie et maintenue. Cependant l'histoire que vous vous raconterez sur la construction de votre « tigre de papier », votre phobie, sera une reconstruction, incertaine et approximative d'un passé parfois très lointain. D'où souvent la perte de temps à vouloir faire du passé un alibi commode. En effet pour aller de l'avant se projeter vers la source de ses angoisses n'est pas forcément la meilleure solution.

 

En 1890 William James définit l'identité par ses liens avec la mémoire de sa propre histoire. Pour lui, sans cette capacité à remonter dans notre passé, « Nous ne pourrions simplement pas avoir d'identité ». Mais identité n'est pas personnalité. Les souvenirs ne sont pas souvent exacts, toutes les recherches à partir de la mémoire confrontée aux enregistrements audio (voir les expériences Dean – Nixon) le prouvent. Je me souviens de ma terreur enfantine à la vue de la sorcière dans Blanche Neige. Il me semble avoir été obligé de quitter la salle de cinéma. Mes parents n'en n'ont aucun souvenir.   

 

Les évolutionnistes parlent de l'émotivité des femmes qui, plus que les hommes sont sujettes aux phobies du voyage : comment ne pas comprendre leurs angoisses enfouies dans le cerveau primaire et l'intensité des émotions pendant l'absence des hommes dans l'abri de la tribu lors de leurs parties de chasse ou de cueillette ? Comment ne pas comprendre ses peurs là alors qu'elles fuient les zones de combats dans les pays en guerre dans lesquels la torture des femmes est institutionnalisée ? La femme de la préhistoire devait posséder une vigilance de tous les instants. Aujourd'hui l'éducation « de la peur » est plus permissive pour les filles que pour les petits gars, ces durs à cuire sans peur et sans reproche !

 

Faites ce travail pour mettre de la rationalité sur un état innommable : l'angoisse. Lister toutes vos peurs. Puis mettez des mots simples sur chacune d'entre elle.

 

Je commence :

 

Peur des femmes = la sorcière DONNANT LA POMME  à la princesse ou bien Blanche-neige en sont-elles la cause ?

Vertige = Peur de tomber de haut : personne ne m'a jamais pris dans ses bras, tenu la main. Qui a refusé toute sa vie de m'aider ? Peur de décevoir ? De ne pas pouvoir me relever ?

Peur des examens = échouer, décevoir, me décevoir ?

Claustrophobie = enfermé dans un coffre plus de deux heures (pas sûr du temps !) alors que je jouais à cache-cache. Mes copains ne m'ont pas trouvé malgré mes hurlements. Je me souviens encore (50 ans plus tard et après 21 déménagements dans le monde entier) du prénom de la personne qui m'a sauvé.

 

A vous de jouer.  Vous êtes les meilleurs.

4.                Relaxez-vous et méditez quotidiennement

 

A.                Définition de la méditation : un état de conscience.

 

La conscience humaine ordinaire est orientée vers les 5 sens. Ces impressions nous arrivent à tout instant et donnent naissance à différentes sensations, différents sentiments, qui préoccupent et colorent la conscience - l'esprit -, et il est important pour nous de réaliser à quel point notre esprit est envahi de pensées, d'impressions, de sensations qui ont pour origine, non seulement nos sens physiques mais aussi nos peurs : perdre notre travail, notre argent, s'inquiéter pour nos enfants, nos parents, etc... Dans la conscience méditative les impressions sensorielles et nos angoisses sont toujours là mais l'esprit (le cerveau ?) ne réagit pas. Ces pensées reculent jusqu'à la périphérie de la conscience, et en méditation profonde elles disparaissent complètement. Mais le but pour nous n'est pas d'en arriver là. Ce voyage est celui d'une vie, elle ne m'appartient pas. J'évoque un peu plus loin (dans le paragraphe sur la création d'un espace infini) une expérience personnelle de méditation qui laisse perplexe.

Je ne suis pas là pour parler de moi mais je suis « un chaud partisan du vertige » : à tel point que regarder un type au bord d'une corniche à la télé me coupe les jambes ! Pour vaincre cette phobie du vide lors de mes nombreux voyages je travaille sur moi en me mettant « en danger » : j'ai fait du parapente en solo depuis le Pla-d'Adet (800 mètres de dénivelé), de la montgolfière au-dessus du château de Cheverny ; j'ai commencé à passer mon diplôme de pilote d'avion (je me suis crashé dans les monts du Forez : j'étais passager ! Un hélicoptère est venu nous récupérer : belle expérience de sang froid !) ; J'ai grimpé sur des terrasses d'immeubles, dans des ascenseurs de verre (c'est de la folie pure ces engins) ; sur des téléphériques vertigineux pour des randonnées dangereuses.

 

Je n'y prends toujours pas de plaisir, croyez-moi, mais d'une incapacité totale à franchir un vide de quelques mètres j'en suis arrivé à affronter la tour Eifel ! Bientôt je ferai de l'escalade (quoique) ! En fait j'ai peur de quoi ? Je n'en sais rien. Pas vraiment de tomber car je suis rationnel, ai-je peur d'avoir peur ? Du vide, oui du vide, mais lequel ? J'ai peur mais je peux le faire, je suis libre de le faire ou pas s'il le faut.

 

Vous aussi faites des choses incroyables : comme conduire sur la neige, manifester pour une meilleure qualité de vie, aller au concert au milieu de la foule, répondre fermement « Non » à votre patron, envoyer balader votre belle-mère… Soigner vos parents malades peut-être, lutter contre un maladie grave, etc. Ce n'est pas rien. Faites la liste de vos actes de bravoure et vous verrez que voyager n'est pas le plus dur pour vous.

 

Le cerveau ne commande pas, c'est vous le chef. Domptez le tigre de papier.

 

B.                 Exercices de méditations pour vous libérer de vos angoisses

 

-          Laisser libre court à vos pensées, elles font partie de vous.

Installez-vous confortablement, assis ou couché. Sentez-vous à l'aise et fermez les yeux. Prenez quelques respirations profondes et observez ce qui se passe. Regardez vos pensées comme un film. Ne les analysez pas, ne les jugez pas non plus, regardez-les simplement et laissez-les être là.

Tentez de vous souvenir de la première image générée par votre cerveau puis leur enchaînement logique. Cela forme un film qui parfois vous emporte totalement. Il se peut qu'à ce moment-là vous vous oubliiez totalement, comme à l'orée du sommeil. Dès que vous le remarquez, revenez en pleine conscience. N'essayez pas de contrôler ou de chasser les pensées. Laissez le film se dérouler et restez observateur. Ne leur donnez pas suite volontairement. Ne les nourrissez pas non plus. Laissez-les simplement être et observez. Faites cela pendant le temps que vous souhaitez. Ne forcez rien.

Comment est la météo de votre mental en cet instant : est-elle agitée ou calme ? Parfois, vous vous sentirez agité, chargé d'images incontrôlables apriori, d'autres fois vous serez dans un calme de moine au Nirvana. Ne vous préoccupez pas de tout cela, si vous recherchez quelque chose (chasser des angoisses, des peurs paniques) ou désirez atteindre un état particulier, comprenez qu'il ne s'agit que de pensées, un travail cérébral sans conséquence sur votre état et traitez-les comme d'autres pensées en ne vous y attachant pas. 

 

-          Soyez à l'écoute de votre respiration

Maintenant, respirez en focalisant votre attention sur votre souffle. Pas facile de prendre conscience d'un phénomène réflexe. Laissez simplement aller votre respiration, ne tentez pas de la contrôler ou de la diriger. Sentez l'air entrer en vous et ressentez par où il passe et comment il passe. À chaque inspiration soyez conscient que vous inspirez. À chaque expiration soyez conscient que vous expirez. N'imaginez rien, ne faites pas de visualisation. Laissez-vous seulement être un avec votre respiration.

Si des pensées viennent, n'essayez pas de les chasser, laissez-les être là et reportez simplement votre attention sur la respiration. Accueillez tout ce qui vient, picotements (terribles les picotements sur le nez alors que vous ne voulez qu'une chose : rester concentré !), peurs, rires, larmes, joie, bien-être, calme, agitation, impatience ou toute autre chose (flatulences !). Gardez votre attention sur votre respiration. Vous allez vite vous apercevoir qu'il est très difficile de penser à autre chose si vous êtes centré sur votre respiration.

Faites cela pendant le temps que vous souhaitez et souvenez-vous qu'il n'y a rien à réussir où à atteindre.

-          Soyez à l'écoute de votre corps, il n'a peur de rien

 

Ressentez les sensations, l'absence de sensations, les picotements, les fourmillements, la vie dans vos pieds d'abord. Faites cela pendant quelques secondes. Puis remontez par les cuisses, le dos depuis les hanches, le cou et finissez par le sommet du crâne. Ensuite, prenez la mesure de votre corps dans son ensemble. La vie qui l'anime et l'énergie qu'il véhicule est une arme redoutable contre les tigres de papier.

 

-          Créer vous un espace infini

Lors d'un exercice de méditation similaire à celui décrit ci-dessus je me suis connecté à un moine Bouddhiste dont j'avais entendu parler à la TV. Il est Indien : Little Bouddha, c'est son nom. Il était entré en méditation pour plusieurs années et ne se nourrissait plus que de l'air du temps (difficile à croire, mais bon !). Des milliers de pèlerins l'importunaient jour et nuit. Un soir, alors que je tentais de méditer j'ai pensé à lui et il était là en face de moi. Je lui ai dit : « Je viendrais à vous ». Et il m'a répondu : « Non c'est moi qui viendrai ». Avouez que c'était plus difficile à accomplir pour lui alors qu'il méditait en position du lotus, sans se nourrir, assaillit par des pèlerins.

Quelques mois plus tard une amie (Hollandaise) m'a téléphoné et m'a demandé d'héberger un cousin (Belge) à elle qui traversait l'Europe à pied pour accomplir un pèlerinage. Lorsque j'ai ouvert la porte à cet inconnu il s'agissait d'un moine Bouddhiste. Vous y croyez, vous ? Je lui ai demandé s'il connaissait Little Bouddha ou en avait entendu parler. Sa réponse a été non. Mais Little Bouddha devait le connaître à moins qu'il ne s'agisse d'une coïncidence ! L'espace est infini, il est notre, sans aucun doute. Les astronautes disent toujours qu'il suffirait d'envoyer les hommes méchants dans l'espace pour, qu'à la vie de notre petite planète ils deviennent des hommes bons.

Bien ceci dit : gardez les yeux fermés. Maintenant, repoussez les limites de l'espace que vous croyez occuper ou de la définition que vous considérez comme étant vous. Sans le moindre effort étendez votre conscience dans toutes les directions. Incluez tous les êtres et toutes les choses (ce que j'avais fait ce soir-là). Vous contenez l'espace que vous venez de créer. Ressentez ce que vous êtes.

Je répète : il n'y a rien à réussir, pas de compétition, cela se passe toujours de la meilleure façon qui soit pour vous dans l'instant présent. Si vous n'êtes pas en capacité à « être » calme, alors acceptez de ne pas être calme. Si vous êtes agité, acceptez cela aussi. Ne forcez rien.

 

C.                 Acceptez la situation : lâcher prise.

 

Exercez-vous à accepter votre peur («Vous n'êtes que de la peur») et acceptez les idées ou les images des plus terribles catastrophes possibles pour pouvoir ensuite agir avec davantage de force et de sérénité afin que cela n'arrive pas.

 

La peur n'est pas le danger ; il faut savoir l'observer pour la comprendre et lui demander de vous lâcher les baskets. C'est déjà un premier pas.

 

Exemple de travail d'imagination à faire dans son canapé ou bien avant de décoller (trop tard parfois !) : vous avez la phobie de l'avion. Les avions tombent parfois. Faisant des centaines de morts d'un coup ou bien ne faisant aucuns blessés (les miracles !). Imaginez donc que vous êtes dans l'avion. Regardez autour de vous. Les passagers sont calmes, les enfants pleurent ou rient, l'équipage travaille comme tous les jours. L'avion va peut-être tomber, ou pas. S'il explose ? Vous ne le saurez même pas. Visualisez la scène : un trou dans la carlingue, un grand bruit, des corps aspirés par le vide mais qui ont sombrés dans l'inconscience en quelques secondes. Un pilote fou qui percute une montagne ? Que faire ? Rien, attendre et prier si vous êtes croyant ou pas. C'est ce que je me dis et ça marche. Pourquoi se faire du souci lors d'évènements dont on ne contrôle rien ? C'est ça le lâchez prise. Posez votre tête contre votre siège, pensez à vous, à vos proches, à leur douleur de vous savoir parti(e), votre douleur de ne plus vivre, et ouvrez les yeux, vraiment, avec intensité.

 

Tiens ! Rien ne s'est passé. Vous méditiez sur l'avenir, un avenir incertain, sans prise sur vous au fond. Le chemin, c'est le chemin qui est important. Lui seul. Poursuivez-le sans crainte, les avions dans lesquels vous monterez n'exploseront pas. Car vous avez décidé d'être vous-même, ce voyageur libre d'aller où il veut, quand il le veut.  Certains psychologues conseillent de regarder Air-Crash avant de prendre l'avion ; d'autre de ne pas regarder d'émissions parlant de catastrophes aériennes. Moi je suggère d'y penser froidement dans votre canapé, au chaud. A vous de voir comment mener votre combat. Rappel qui ne sert à rien mais j'aime penser à notre pays comme un pays civilisé : 3464 personnes sont mortes sur les routes. 70442 blessés. Une hécatombe, une guerre menée sans tambours ni trompettes. Pensez-y, imaginez, et prenez l'avion tranquillement.

 

Les peurs excessives témoignent en général d'une hyperémotivité, richesse qui ne disparaîtra pas. On ne change pas (votre métabolisme est ainsi fait) mais on évolue. Il faut donc garder l'habitude de faire face à ses peurs.  

 

5.                Partir mais pas loin

A.                Croire que c'est possible

 

Thalassa vient de se terminer et comme à chaque fois vous vous demandez pourquoi vous êtes encore là à vous lamenter de n'avoir pas le courage d'aller affronter une randonnée sur la côte Varoise. Vous vous servez un whisky pour oublier votre stress puis comme le facteur sonne vous allez ouvrir. Tiens le dernier numéro de Géo sur la Thaïlande. Un signe de plus. Il va falloir commencer à vivre.

Ne pas aimer quitter son chez soi peut être un trouble de l'adaptation caractérisé par le manque de confiance en soi, en vos capacités à vous adapter à un environnement étranger. La sécurité au sens mental du terme, pas forcément physique, est un besoin irrépressible pour certains d'entre nous. Peut-être vos parents qui ne vous auraient pas appris à se séparer d'eux sereinement, ne vous auraient pas donné le goût de l'autonomie, ne vous auraient pas conforté dans votre pouvoir d'adaptabilité aux lieux et aux autres, peut-être sont-ils la cause de votre défiance à vivre loin de chez vous… N'étant pas en mesure de trouver par vous-même la sécurité dont vous avez besoin, vous compterez sur des repères « intérieurs », comme votre chez vous, pour vous rassurer. Qu'importe ? J'ai bien dit peut être car voyager pour vivre mieux ne veut pas forcément dire allez loin dans un premier temps. Faisons par petites étapes !

B.                 La méditation en marchant

 

La méditation en marchant est vraiment le travail le plus riche pour l'esprit d'une personne atteinte de phobies du voyage, d'agoraphobie, et diverses phobies des animaux ! Elle se séquence en quatre fondations de l'attention. Et se pratique dehors……

L'un des maîtres bouddhiste que j'ai rencontré à Bangkok parle de quatre niveaux d'expérience sur lesquels poser notre esprit afin de l'empêcher de se fragmenter en minuscules fragments comme les embruns à la suite de la chute d'une vague. Ces fondations sont les suivantes :

-          notre corps,

-          nos sensations,

-          nos états mentaux et émotionnels,

-          classification de nos émotions.

 

Notre corps

Commencez par rester debout. Remarquez tous les minuscules mouvements qui se produisent pour que vous restiez en équilibre.

Que ressentez-vous ?  Votre esprit est-il hyperactif ou calme et comment il évolue pendant ces deux minutes. Ce sera le jalon qui vous permettra de dire si votre pratique a sur vous une bonne influence ou pas.

Passez juste une minute ou deux à apprécier cet état issu de notre évolution.

Comme pour la méditation assise il est important de prendre en compte toutes les parties de votre corps depuis les pieds jusqu'au sommet du crâne. C'est d'ailleurs plus aisé que dans la position assise mais parfois plus douloureux pour ceux qui ont des problèmes de dos ! Tentez malgré tout de détendre les parties douloureuses et gardez la tête droite. Le menton ne doit pas être contre la poitrine ni relevé. 

Nos sensations

 

Prévoyez environ 15 à 20 minutes de marche au début. Marcher crée des sensations diverses : des douleurs, le plaisir d'être en mouvement, le décor dans lequel nous évoluons. Je vais essayer d'être clair. Je pratiquais de la méditation en marchant au bord d'un lac lorsque j'ai approché un monsieur qui venait de pêcher une carpe. Il tentait en vain de se prendre en photo avec l'animal avant de la relâcher. J'ai voulu faire comme les moines de ma connaissance : rayonner de bienveillance. Je lui ai proposé de faire les photos : il a accepté sans enthousiasme « m'a-t-il semblé » : sa réponse a été « Eventuellement ». Puis à la suite de la prise de photos j'ai voulu échangé quelques mots sur son expérience immédiate de pêcheur : la carpe faisait 16 kg et était dans l'eau depuis quelques minutes et je lui ai demandé combien de temps elle pouvait rester en dehors de l'eau. Il a été évasif : « s'il fait froid longtemps ».  

 

Là j'ai éprouvé une sensation de gêne et comme j'avais voulu être aimable j'attendais de lui une sorte d'empathie qu'il ne m'a pas donnée. Je luis ai rendu son appareil, il n'a pas regardé les photos. J'ai repris ma marche, ai évacué mes sensations négatives né de ce contact humain insatisfaisant (pour moi : mais cet homme a été calme, poli, mais réservé) pour me concentrer sur la beauté du poisson doré, recouvert d'une écume blanche, que j'avais vu souffrir puis repartir dans les fonds du lac à la suite de plusieurs caresses du pêcheur attentif à sa survie.

  

Les sensations éprouvées n'était pas de l'ordre du chaud ou froid (il faisait doux en cette fin d'hiver) mais de l'ordre de l'état d'esprit.

 

Nos états mentaux et émotionnels

 

Vous le comprenez, nos états émotionnels changent en permanence et leur qualité aussi.  Souvent, quand votre esprit est très occupé, vos pensées ne sont pas du tout liées à votre méditation. Nous vivons souvent dans le passé ou le futur car la vie nous permet de construire des scénarii dans lequel nous jouons le rôle principal. La méditation permet de rester conscient de nos états émotionnels et permet de vivre dans l'instant présent. La beauté d'un lac, d'un poisson doré recouvert d'écume. Et moi comme une andouille j'ai failli (juste un instant fugace) retomber dans mes travers d'humain négatif qui provoquent chez moi de la colère. J'attendais plus de reconnaissance. J'ai répété la phrase suivante : « Que tous les êtres soient à l'aise, que tous les êtres soient heureux, que tous les êtres soient libres de souffrance. » J'étais à nouveau heureux.

 

En étant conscient de nos états mentaux et émotionnels durant la méditation en marchant, nous tentons de vivre le moment présent. En emplissant notre esprit de la richesse de l'expérience de la marche, nous laissons moins de place aux pensées génératrices de négatif. En analysant au fur et à mesure de leur survenue nos états émotionnels et mentaux,  devenu plus sensible aux effets de nos actions intérieures et extérieures, nous avons plus de choix. Etre en colère ou être apaisé et se dire : j'ai vécu une expérience d'une grande richesse. J'ai choisi ce jour-là de ne pas suivre une pensée négative, au lieu de parler sans discernement à un pêcheur qui par définition n'est pas un bavard et veut vivre son expérience solitaire de pêcheur No Kill. Je suis très conscient des effets déplaisants que ces états d'insatisfaction ont sur moi.

Conclusion : si vous vous arrêtez et parlez à quelqu'un recommencez ensuite votre pratique de méditation et prenez un moment à comprendre les motifs pour lesquels vous vous êtes arrêté. Il y a toujours quelque chose à apprendre de ces rencontres. La pêche est un souvenir d'enfance qui n'est pas anodin en ce qui me concerne !   

 

Faire un choix c'est renoncer, mais là il s'agit de faire le choix d'être libre.  De renoncer à ses peurs.

 

Classer nos émotions.

 

Vous prenez conscience de vos émotions et de votre esprit, ensuite du contenu de vos émotions et de vos pensées. Il en existe (dit mon ami moine Bouddhiste) 5 qualifiée d'obstacle et 5 de positives.

En faisant de la méditation en marchant vous apprendrez comment vous débarrasser d'états émotionnels indésirables, et comment cultiver plus facilement des états émotionnels et mentaux positifs. Dans le prochain paragraphe je vous invite à partir en voyage dans votre jardin. Quelles plantes voulez-vous voir pousser dans votre jardin, et quelles plantes vous voulez éliminer ? C'est exactement le même travail que vous ferez lors de vos méditations : tuer le tigre de papier, laisser pousser la liberté.   

      

Finissez votre marche en restant à nouveau debout quelques instant pour faire un point sur l'expérience vécue. Si vous êtes trop distrait par le monde extérieur (comme moi et le poisson) concentrez votre attention sur vos pieds. Ils sont en première ligne. Ensuite, avec l'expérience vous maitriserez votre attention sur votre état intérieur et pourrez passer des états extérieurs aux états intérieurs pour votre plus grands bonheur car aucune émotions négatives ne sera venu vous envahir.

 

Rien ne vous empêche de faire de la méditation sur un vélo, en fauteuil roulant, en randonnée, en courant. Pour ce dernier exemple j'ai vécu assez souvent l'expérience du second souffle qui n'est pas que respiratoire, mais bien un état second pendant lequel la pluie, la grêle, le vent, le soleil, font partie de nous et nous nourrissent de leur énergie. Alors vous ne faites qu'un avec l'univers !

 

  

C.                 Dans son jardin : être curieux

 

Ce titre est une allusion à un voyage paisible, sans risque, un café entre ami, un pique-nique sur la terrasse de votre maison, une sieste dans un hamac, la lecture de Jules Vernes à l'ombre d'un magnolia, la taille d'un Bonzaï sans peine. Mais il est aussi source de la plus grande qualité des voyageurs : la curiosité ! Avez-vous lu ces romans merveilleux dans lesquels des familles entières disparaissent en passant au travers d'un buisson de buis pour se retrouver dans un monde fantastique ? Alice s'endort au pied d'un arbre et vit pour toujours des aventures inimaginables. C'est cela votre jardin. Un univers de plantes que l'on en regarde plus, dont on ne connait rien, d'une faune invisible.

Vous avez remarqué la qualité des plans marketing mis en place par les parcs et jardins des grandes et petites villes de France pour faire venir les touristes ? Les enfants sont captivés par les courses d'orientation, les chasses au trésor, et n'oubliez pas votre plaisir à trouver les œufs de Pâques perdus par les cloches revenant de Rome. Le voyage est là. Ne sortez plus de chez vous sans regarder votre jardin comme celui d'un château médiéval car c'est un peu de cela qu'il s'agit même si vous ne vous en êtes pas aperçu. La magie est une porte dérobée.

C'est un travail qui prend sa source il y a des centaines d'années pour les parcs des châteaux les plus célèbres. Que de merveilles poussent pour le plus grand plaisir des sens.

Et bien dans votre jardin il en est de même. Vous allez voyager par l'esprit et le corps dans le plus fabuleux univers qui soit. Car beaucoup d'éveil extérieur est indispensable pour devenir un voyageur immobile ou mobile (ce que vous voulez). Les bienfaits de la curiosité sont primordiaux. Une personne curieuse (dans le bon sens du terme) apprend mieux et mémorise mieux. Elle associe motivation et plaisir. Par exemple :

-           Ne regardez jamais une émission de télévision à caractère historique, géographique sans combler vos lacunes sur Internet ou un atlas.

-          Ne lisez pas un mot inconnu sans en chercher le sens dans un dictionnaire

-          Emportez un petit dictionnaire des champignons dans les bois en septembre.

-          Un atlas des plantes les plus communes lors de vos sorties dans un parc.

-          Et lisez, tout ce qui vous tombe sous les yeux, tout. Les panneaux directionnels, les publicités, les noms de ville, de villages, de lieu-dit (j'adore en chercher l'origine).

-          Votre comportement " exploratoire ", celui que vous voulez renforcer pour plus de motivation à bouger sera en permanence titillé. Les curieux vont s'intéresser à tout, se poser plus de questions, et donc chercher les réponses (et aller les chercher).

Je vous propose un petit exercice : si vous avez un jardin, même petit dressez la liste des plantes qui y poussent et leurs origines. Vous trouverez des exemples étonnants sur ce lien :

http://www.jardinsdefrance.org/des-plantes-venues-du-monde-entier/ 

1378, (mais déjà introduit à l'époque romaine) indigène, jusqu'au Kurdistan : Crocus sativus (Safran vrai)
1503 avant, Lilium candidum (Lis de la Madone)
1548, Chine : Paeonia albiflora (Pivoine de Chine)
1560, Orient : Hyacinthus azureus  (Jacinthe bleue)
1570, Perse, Turquie : Fritillaria imperialis (Herbe aux sonnettes, Fritillaire impériale)
1571, Espagne : Iris xyphioïdes (Lis du Portugal)
1571 et avant, Anemona  coronata (Anémone des fleuristes)

Ou des plantes indigènes :

Alisma plantago (Plantain d'eau)
Allium moly  (Ail doré)
Allium spaerocephalum (Ail à têtes rodes)
Allium ursinum (Ail des ours)
Anemona coronaria (Anémone des fleuristes)
Arum italicum (Arum d'Italie)
Arum maculatum (Gouet tacheté)
Asphodelus albus (bâton royal)
Bulbocodium vernum (Crocus rouge)
Colchicum autumnale (Colchique des prés)
Crocus vernus (Crocus printanier)
Cyclamen europaeum (Cyclamen d'Europe)
Fritillaria meleagris (Fritillaire pintade)
Galanthus nivalis (Perce neige)
Gladiolus communis (Glaieul commun)

Et la faune des jardins ?

Les papillons migrateurs abondent :

Belle dame, Monarque, Morio, etc…..

Les oiseaux migrateurs :

Bergeronnettes, Martinets, Palombes, Cigogne, etc…

Les insectes migrateurs :

Libellules, criquet pèlerin, essaim d'abeilles (très spectaculaire !).

Les lézards, les reptiles en général sont une famille très riche « en couleur » pour les passionnés d'Herpétologie. 

Les escargots voyagent bien :

Helix aspersa aspersa: le petit gris : Europe occidentale

Helix aspersa elata: Afrique du nord

Helix aspersa major: Maroc

Helix aspersa maxima: Algérie

 

Nos cagouilles ne sont pas venues « à pied » depuis l'outre-mer mais elles sont là,  prêtes à nourrir les hérissons qui peuplent nos haies. Alors quand vous méditerez sur vos voyages à venir et tenterez de combattre vos angoisses, n'oubliez pas de penser affectueusement aux escargots mangeurs de vos salades et de leurs aventures incroyables au travers du globe.  

A chaque sortie DANS VOTRE UNIVERS demandez-vous d'où viennent la faune et la flore de vos jardins ? Et où vont-ils. Soyez curieux de leurs voyages et vous le serez des vôtres. Le plaisir de les voir se reposer dans vos 300 mètres carrés de jardin en plein centre-ville vous permettra de créer un monde de voyage à votre mesure.

D.                Autour de chez soi : un jour un voyage

 

L'étape suivante sera pleine de promesses car il s'agit de couper les ponts en prenant conscience de la richesse historique et temporelle de son quotidien.

L'idéal est de se préparer : psychologiquement mais aussi culturellement. Pas besoin de beaucoup d'argent pour cela. Les médiathèques, certains sites de voyages, de randonnées, les sites de toutes les communes de France proposent des séjours thématiques à pied, en vélo, en bus pour une journée. Je propose le même schéma que celui de la recherche de vos passions. A quoi voulez-vous vous attacher pour ce premier choc avec un voyage à quelques kilomètres, ou quelques heures de chez vous ? Listez les thèmes en vous faisant aider si besoin et hiérarchisez les :

-       Parc d'attraction

-       Activités ludiques (randonnées, vélo sur l'île de Ré)

-       Vendanges dans votre région (ou visite et dégustations des vins)

-       Spectacle (Théâtre, ballet, cinéma, expositions)

-       Croisières sur un fleuve près de chez vous, un canal

-       Découvertes : vieilles voitures, jardin japonais, musée du peigne (super !)

-       Restaurant et cours de cuisine…….

 

Parfois vous n'avez même pas besoin de prendre un transport, votre village (ville) peut être une mine d'activité. Je pense aux grandes villes bien sûr mais aussi aux villes moyennes et petites dont l'histoire remonte aux premiers hommes. Combien d'entre vous n'en ont pas visité les musées ?

A Dijon par exemple vous pouvez suivre le balisage au sol conduisant vos pas de couvents en musées (tous fermés le mardi, ne vous faites pas avoir comme moi !), de places en église remarquables. A ce propos je vous conseille la moutarde à la pression dans des pots de grés réutilisable. Une merveille de goût et de force.

Votre première sortie peut se dérouler dans le cadre sécurisant et gratuit de la journée du patrimoine.

                 

6.                Trouver l'argent et se préparer.

 

A.                Le cash

 

Je ne parle pas de faire des économies : la liste des stratégies pour y parvenir est très personnelle. Certains ne fument pas, roulent exclusivement en voiture, jouent aux courses et dépensent des fortunes en portable ! Je ne suis pas plus malin que vous, ni plus riche cependant ma famille et moi avons eu le plus grand mal à partir en vacances (loin) tant que nous n'avions pas mis en place une stratégie financière simple mais imparable. Ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier.

A la suite d'une vive discussion sur un séjour en Grèce qui tournait à l'aigre, (celle dont on ne sort pas indemne, surtout lorsque l'été revient) nous avons décidé les choses suivantes :

-          Ouvrir un compte joint dédié uniquement aux loisirs. J'ai bien dit les loisirs. Ce compte permet la collecte de tous les surplus d'argent issu de notre stratégie personnelle.

-          Il faut savoir qu'à l'ouverture de ce compte j'ai été parrainé  et que la banque nous a versé un bonus à l'ouverture des livrets liés à ce compte. Nous voilà avec une petite fortune de quelque 150€. Ouf, pas assez pour partir une semaine en Grèce. Alors il a fallu se donner les moyens.

-          Nous avons fait quelques vide-grenier (sous la pluie),

-          Vendu des « inutilités » sur un site Internet et chez les spécialistes de ce marché.

-          Comme je suis bénévole pour la justice de mon pays je fais verser les indemnités kilométriques à laquelle j'ai droit sur ce même compte.

-          Plus des droits d'auteur versés en début d'année.

-          Notre compte est aussi abondé par la location d'une voiture dont nous n'avons pas besoin tous les jours.

-          Vous pouvez louer votre tondeuse, votre perceuse, vos vélos, votre cave, un garage, etc…

-          Lorsque nous prenons notre voiture nous covoiturons (toujours très sympas).

-          Vous pouvez louer votre voiture depuis le parking de l'aéroport où elle est garée à prix d'or.

-          Louer votre domicile pendant vos absences.

-          Achetez des billets d'avion sur des sites qui remboursent un pourcentage de votre achat sur votre compte en banque à partir de 20€.

-          Chèque vacances de votre Comité d'Entreprise ou son aide en numéraire.

-          Pour faire bonne mesure nous vous pouvez placer un peu d'argent sur des livrets lors de promotions à 3% sur trois mois (en général).

-          Vendre l'électricité générée par vos panneaux solaires, une éolienne.

-          Louer votre façade à un annonceur publicitaire (pas très écolo mais bon !)   

En presqu'un an nous avions la somme nécessaire pour partir. Nous avons financé les compléments avec notre argent « personnel ».

B.                 Pas de préparatifs

 

Ne pas préparer votre voyage peut être une option raisonnable. Après tout vous partez à l'aventure (ou pas !). Il faut pouvoir assumer certaines choses. Que les hôtels et gîtes, camping  soient complets ou qu'il ne reste que des hébergements très chers. Comme vous les savez, aujourd'hui les prix sont fixés par des services marketing et vont croissants des périodes les plus chargées à celles les moins touristiques.

Qu'importe. Il faut aussi assumer de pouvoir changer d'itinéraire au risque de vous retrouver dans un charmant village de brique rouge perdu dans une vallée verdoyante et possédant une auberge de remarquable qualité. Ou bien dans un désert au milieu d'une cour de ferme car vous avez voulu suivre le panneau « village étape » posté en bord d'autoroute. Le restaurant a refusé de vous servir un café à 14 heures pour des raisons incompréhensible encore aujourd'hui par votre serviteur.

Alors certains vous diront : n'organisez pas trop. Vous connaissez la destination. Ne prenez pas l'autoroute, ne branchez pas votre GPS. Demandez votre chemin aux personnes des villages traversés et parlez de vos projets : vous trouverez sans doute une personne qui a elle aussi vaincu se phobies du voyage et aime les fossiles. Elle va vous parler des endroits les plus beaux de son paradis. Des produits locaux à découvrir, des artisans géniaux qui travaillent dans l'ombre des vignes, des arbres fruitiers, des bergeries ou se prépare le fromage du coin. Sans parler du beau mec ou de la jolie fille à inviter pour un café  ou plus si affinités. Et là il faut un peu de temps libre à lui consacrer.

Cette non organisation (relative) va permettre de privilégier la qualité à la quantité. Pas d'horaire de départ, d'arrivée, pas de réminiscence du quotidien. Deux mots clés pour ce paragraphe qui ne nécessite pas de plus amples développement : No stress.   

C.                 Se préparer

           

Vous avez choisi votre première destination ? Vous avez trouvé vos co-voitureurs ? Votre gîte ? Vous avez respiré à fond en mettant votre sac dans le coffre. Deux jours c'est bien. La route des vignobles du Mâconnais vous tend les bras. Elle associe les visites du musée de la roche de Solutré et ses reproductions de la migration des chevaux sauvages 15000 ans avant notre ère ; la cueillette de fossiles dans les vignes labourées de frais (il suffit de se baisser sur les fonds de cette ancienne mer), et la dégustation d'un pouilly-fuissé (de Solutré-Pouilly) dans la fraîcheur d'un caveau chargé d'histoire de vignerons. J'aurai fait comme vous, d'ailleurs je l'ai fait !!!

Vous préparez une liste de choses à ne pas oublier : je n'ai même pas eu besoin de vous le dire :

-          Papiers d'identité personnels : Photocopier tous vos papiers (passeport, carte de crédit, permis de conduire, etc.). Laisser une copie à un membre de la famille et apporter l'autre avec vous.

-          Donner vos coordonnées (courriel, cellulaire, hôtels, etc.) et votre itinéraire à vos amis et à la famille.

-          Cartes de paiement (2 au cas ou l'une d'entre elles ) ou moyen de paiement (vérifier les clauses d'annulation de votre carte ou de votre assurance annulation forfaitaire)

-          Voucher du gîte ou de l'hôtel avec le plan pour s'y rendre.

-          Chèques vacances si vous en avez

-          GPS ou cartes du coin.

-          Linges de rechange avec un manteau pour l'ascension de la Roche (La météo prévoit du vent froid), trousse de toilette (voir la liste de vos besoins avec le gîte ou l'hôtel)

-          Votre trousse de médicaments si besoin

-          Un nécessaire de soins pour les ampoules ou une chute bégnine dans les rochers de la grimpette de votre petite fille… très dissipée ne général.

-          Tout ce qu'il faut pour les enfants et votre conjoint cela va sans dire.

-          Niveaux mécanique de la voiture et bidons de remplissage (lave-glace, liquide de refroidissement, huile, pression des pneus), le double des clés de la voiture.

-          Papier de la voiture : carte grise, assurance et n° d'assistance en cas de panne ou d'accident (n'ayez pas peur ce n'est qu'une précaution UTILE)

-          Prévoyez votre téléphone portable chargé, son chargeur, le cordon allume cigare et l'enregistrement des numéros utiles au voyage (accueil du gîte par exemple).

-          Les revues décrivant les lieux à ne pas rater.

-          Une petite bouteille d'eau et une barre de céréale pour la route

-          Les lunettes de soleil pour la conduite

-          Votre appareil photo dont la batterie sera chargée (ne pas oublier la carte Mémoire)

-          Le nécessaire à pique-nique si vous avez l'intention de profiter du beau temps à fond

-          Rangez les clés de la maison dans un endroit sûr (ne les laissez pas dans la voiture)

D.                Personnaliser les préparatifs

 

Et pour terminer (cette liste doit être personnalisée en fonction de vous, de votre état de santé, de votre âge, de votre sexe, etc), de la composition de votre famille voyageuse (une personne âgée, ou un bébé ne voyagent pas forcément sans une attention particulière à leur confort).

Croyez-le ou pas ma femme et moi avons rajouté un testament dans la liste : laissez en un exemplaire chez vous et confiez en un à un membre de votre entourage.  Tous nos papiers d'assurance vie, patrimoniaux, sont, eux aussi dans un classeur identifié. Pensez au pire (et encore est-ce le pire ?) ce n'est pas s'angoisser c'est prévoir. Et commander à qui que ce soit, sa peur par exemple, c'est prévoir.

E.                 Les enfants et leur santé en voyage

 

Le souvenir d'une journée à Sigean dans le parc animalier reste pour moi un traumatisme. Nous venions d'avoir un bébé (le second) et l'avions laissé dormi dans son siège auto tout habillé. Elle s'est mise à pleurer et nous nous sommes vite aperçu que notre petite fille était déshydratée. Bien sûr nous avions tout le nécessaire pour la faire boire. Et nous n'étions pas dans le désert de Gobi ou la jungle Birmane. Mais les bébés nécessitent une attention particulière. N'oubliez pas l'eau, l'écran solaire total « spécial enfant », le chapeau (vous savez, celui qu'ils ne veulent jamais porter plus de 40 secondes), de lunettes de soleil (idem que le chapeau). Bien sûr la liste sera complétée en fonction du lieu de villégiature : mer ou montagne. Bouée ou sac à dos pour le promener. Et pour tout le monde mais surtout lui : le répulsifs anti-moustique adaptés à sa physiologie. Peut-être, suivant les saisons et les lieux sera-t-t-il utile de prévoir une moustiquaire à imprégner de produit répulsif !

7.                Trouver le temps pour partir

A.                Planifier les temps courts

B.                 Planifier le temps à plus long terme

C.                 Les moyens légaux pour ne pas perdre son emploi

D.                Jeunes ou vieux les moyens diffèrent

8.                Les voyageurs et l'administration : en France et à l'étranger

A.                Les différents papiers

B.                 Les ambassades, les consulats

C.                 Les cultures : tabous et interdits

D.                Les précautions d'usage : bagages, douanes, santé.

 

9.                Partir loin et pour longtemps

A.                Où ais-je envie d'aller ? Avec qui ?

B.                 Prévoir le taux de change, les retraits à l'étranger

C.                 Les assurances : annulation, rapatriement

D.                Une liste détaillées des éléments à ne pas oublier

 

« Qu'est-ce qui vous gênerait si vous partiez un peu plus loin? Que risqueriez-vous ? Pourquoi le voyage ne serait-il pas intéressant ? Vous questionner permettra d'abord de sortir de vos certitudes. Vous pourrez ensuite faire un premier pas. Même tout petit : partir en vacances dans un autre département, par exemple. Changer progressivement permet de réaliser que l'on en est capable, donc de gagner en confiance avant de faire un pas de plus. »

 

 « Cherchez autour de vous un grand voyageur, et partez avec lui ! Choisissez une personne à la fois sérieuse et organisée pour vous rassurer, et curieuse pour vous motiver. Vous appuyer sur elle et apprendre à son contact vous donneront peut-être le goût de la découverte. Cela vous révélera aussi des parties de vous-même que vous ignorez certainement. Sur place, essayez de retrouver votre regard d'enfant : expérimentez par vous-même – loin des injonctions habituelles – les images, les goûts, les sons. Vous aimez ? Vous n'aimez pas ? Une façon d'en apprendre beaucoup sur soi. »

 

10.          Se donner les moyens

A.                Prendre un coach voyage ?

B.                 Se débrouiller tout seul

C.                 Partir avec une agence

D.                La préparation psychologique

 

 

 

« Pour moi l'étranger, c'était inévitablement les insectes, la saleté, la chaleur, une mauvaise nourriture, une autre langue… Impossible ! Pourtant, quand je recevais une carte postale, j'avais des regrets en pensant que j'allais prendre une semaine de vacances dans la maison de famille, et le reste chez moi. Grâce à une thérapie psychocorporelle, j'ai compris d'où venait mon besoin de repères : j'ai grandi sans père, ma mère me surprotégeait. J'apprends des techniques de relaxation, et j'espère bientôt pouvoir m'offrir un petit voyage. »

Sandrine, 30 ans : « Je croyais que je n'aimais pas partir loin. C'était en fait simplement parce que je n'étais jamais partie. Je suis née en Bretagne, la plus belle région du monde ! En 2005, contrainte et forcée par un groupe d'amis, j'ai accepté de passer une semaine de vacances en camping dans le Sud. En arrivant, je n'arrêtais pas de râler : tout était moins bien que le Morbihan. Ensuite, j'ai bien dû l'admettre : le Var révélait des trésors. Cette expérience m'a donné l'envie d'aller voir ailleurs. Mais pour comprendre cela, il me fallait d'abord me lancer. »

11.          Jour J

A.                La maîtrise du stress par l'organisation ou le lâcher prise

B.                 Le rêve peut commencer

C.                 On n'est pas chez soi

D.                Souriez ! Vous êtes filmé ! 

 

12.           Revenir

A.                Reprendre pied dans le quotidien

B.                 Partager votre expérience

C.                 Reprendre le travail sereinement

D.                Préparer le prochain voyage

 

Conclusion

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