Un espèce d'arc-en-ciel de couleur naze'

fefe

Du jaune, du rouge, du blanc, du tiède et le cosmos dans mes yeux.
Il est neuf heure du matin et normalement un dimanche à cette heure, on est proche de la mise sous pli par la couette, prêt à disparaître derrière un volet de bonne facture qui bat la puissance des rayons bientôt puissant.


Seulement mon cœur me gêne il palpite.
S'impose à lui tout seul de respirer; plus vite.
La gêne éprouvée dans les lombaires est l'indice que la soirée a été longue, puissante, rythmée par d'intensifs boomers sans pitié.
Nuit sans concession, bruyante.
Fatigue...
L'addition des fréquences, synonyme de plaisir vif en longueur, a giflé ma perception de la réalité m'invitant à goûter ces délicieux mets qui se transforment en poison dès l'entrée en scène du silence.
Le calme de la sortie, la fraîcheur du marché qui s'installe, l'aspect paisible du bitume et des pavés bien reposés d'une courte nuit d'été; un peu tout ça rassemblé n'avait pas été apprécié à sa juste valeur ni même vécut normalement.


Mauvaise cohésion du corps avec l'esprit, gestes imprécis sur corps incontrôlable. L'individu qui se perd dans l'espace parmi rien d'autre.
Tandis que la soirée est finie, l'acide poursuit vaillamment sa course au déglinguage des neurones, s'effritant les uns sur les autres comme on passe une feuille Canson à la machine à confettis.
Noble victoire du produit synthétique sur le cerveau réduisant le métabolisme naturel à l'apogée de sa défaillance.
Les couleurs apparaissent, tout devient feutré; rien d'autre n'existe; qu'un tableau pastel affichant un environnement psychédélique.
Et pourtant la réalité des faits est moins marrante, la pastille est un concentré de merde, de merde très concentrée.
Un pareil voyage impose un triste retour à la réalité où tout ce qui est normal est triste.
La descente fait mal, l'organisme comprend qu'il s'est fait avoir, que la veille n'était qu'un rêve à durée limité facturé avec majoration.
Passage pénible, pas même égal au contraire du bonheur traversé.
La peine est lourde, rappelle les passages à vides et les heures d'oublies totales.
Faudra s'armer de courage pour patienter jusqu'à vendredi. En attendant j'ai pas faim, j'ai pas soif; j'veux juste oublier la réalité blanche et vide de sens en avalant mon plat préféré du samedi.

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