Un plan d'action

Jay M Tea

Un vieux machin retrouvé et modifié quelque peu.

Sur un banc.


- Puis-je te faire une confidence ?

- Bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ?

- Je ne sais pas trop. Je me sens nostalgique. Il y a quelque chose qui me manque mais je ne saurais dire quoi. C'est comme si ça me grattait le ventre de l'intérieur.

- Euh... Ouais... mais genre, tu te sens bien ?

- Oui pourquoi ? J'ai dit nostalgique, il n'y a rien de déprimant là-dedans.

- Non bien entendu, mais tu es sûr qu'il n'y a rien d'autre ?

- Si. Il y a ce vide en moi.

- Quel vide ?

- Je n'en sais rien. C'est une sensation à laquelle je n'arrive pas à rattacher le moindre souvenir.

- C'est-à-dire...

-... que quand j'y pense, je ne ressens rien du tout, à cet endroit.  

Il pointe son cœur et reprend.

- C'est peut être ça. Je ne me sens le cœur à rien. Je me contente d'être et de me taire.
- Et pourtant, tu me parles, non ?

- Avec toi c'est différent. Tout semble évident. Tu me poses les bonnes questions. Tu as toujours été là pour moi. Je sais bien que je suis malade et que personne ne veut plus m'approcher.

- Ne dis pas des choses pareilles. C'est absurde.

- Non, je sais bien que je suis mort d'une certaine façon, bien avant l'heure. Il me reste tant à voir.

- Donc il y a tout de même du positif dans tout cet bazar dans ta tête.

- Ce n'est pas dans ma tête. C'est dans mes nerfs.

- Tes nerfs.

- Oui.

- Explique.

- C'est comme si, dès que je me retrouve en compagnie de trop de personnes, tout mon corps saturait en décharges électriques et que mes nerfs irradiaient.

- Ouais, intense, quoi.

- Non, plus encore.

- Hmm...

- Le problème, c'est que je sais que je dois utiliser ces manifestations d'une certaine façon, je rêverais de les transposer, de les rendre visibles, vraies aux yeux de tous... Et c'est là que le vide s'installe de nouveau.

- Mais ce ne sont que des passades. Tu verras. Ca ira mieux. Je te le promets. Malheureusement, je dois partir. On me fait signe. Mais je reviens te voir très bientôt.

- Oui, s'il te plaît. J'ai besoin de toi pour élaborer un plan.

- Un plan... ?

- Oui, un plan pour communiquer ce que je suis.

- Nous en reparlerons. Profite des nouveaux CDs que j't'ai apportés. Tu les demanderas à tes infirmières.

- ...

- Allez, je dois vraiment y aller. À une prochaine.


Il pleure. Elle quitte. 

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