Une belle rencontre

venise3

Donc j'ai passé trois nuits à la clinique pour me faire opérer... Je n'avais pas opté pour la chambre individuelle, le supplément était un peu trop élevé et pas pris en charge par ma mutuelle intégralement. 

Donc c'était un peu la loterie ;) tomber sur une mamie acariatre ou grincheuse, une Tatie Danielle peut être. Ou pire une Russe blonde botoxée avec sa panoplie Vuitton et snob +++. 

La première nuit j'ai été seule. Mauvaise première nuit j'avais encore mal, j'ai tourné et retourné dans mon lit, entendant le moindre bruit, la sonnerie du téléphone dans le bureau des infirmières, la soufflerie de la clim, imaginant mille scénarios catastrophes pour l'intervention, me repasssant les pires images de Grey's Anatomy, emplies de sang, de cicatrices, d'alertes sur les machines de surveillance en salle d'op. Vous voyez le style. 

Mais le lendemain matin, ma voisine de chambre arrivait. Tout d'abord, on est restées discrètes l'une et l'autre, je l'observais du coin de l'oeil s'installant, en compagnie de son mari. J'étais sur mon lit, on s'est juste saluées ou un peu plus. 

C'est un moment si particulier, l'hospitalisation. On se retrouve face à soi-même, face à ses peurs. On devient un patient, un corps, une maladie, le "rachis de Monsieur le professeur machin" comme j'ai entendu en salle de réveil et non plus Madame Untel. On se retrouve infantilisé, on écoute les consignes, à la merci du surgissement dans la chambre de l'infirmière armée de sa seringue à anti coagulants (je la retiens celle ci l'infirmier qui m'a piqué le premier soir ne m'a pas fait très mal mais j'ai un bleu et une bosse énormes, le lendemain sa collègue m'a pincé pour me piquer, j'ai dégusté mais je n'en garde aucune trace). 

Bref, c'est aussi un peu intime, on se retrouve malgré soi parfois dénudé, exposé, on parle de choses intimes, privées. Et on partage malgré soi cela avec celle qui est dans la même chambre. Même si la notre était grande, on reste à portée de voix ;) 

Et là on a eu une chance inouie, parce que j'ai hérité de la voisine parfaite. Celle avec qui je me suis trouvée sur la même longueur d'onde, compagnes de galère on s'est entraidées. On s'est peu à peu dévoilées, découvertes, trouvé des points communs. On n'a pas le même âge, on n'a pas le même parcours, mais mille petites choses semblables. 
C'est une tornade blonde, une énergique, débordante de vitalité. Même dans la douleur, elle fait entendre son sourire. On a plaisanté, on a su rester chacune à notre place, bavardant mais sachant aussi respecter notre espace, notre besoin de silence parfois, de tranquillité. 

La conversation s'interrompait et reprenait naturellement, en douceur. 

Une douce rencontre, un petit miracle, de celles qu'on n'oublie pas. 

Cela a fait de ce séjour un heureux souvenir malgré tout. Je me sentais honteuse d'être si bien après l'opération alors que pour elle la convalescence douloureuse ne fait que commencer. 

J'étais toute fière de ne pas l'avoir réveillée, elle au sommeil léger pendant ma courte insomnie d'entre 3 et 4 heures la dernière nuit alors que c'était surement le seul moment où elle a enfin fermé les yeux, la douleur cédant à la fatigue dans ce qui fut une mauvaise nuit. 

On a fait les mêmes bêtises, complices, de se lever la première fois après le bloc sans aide du personnel, l'une veillant sur l'autre ;) 

On a partagé nos menues gourmandises apportées par nos proches. Echangé des tuyaux, parlé cuisine, parlé de mille choses. 

Tout ceci dans le plus grand respect mais avec une grosse pointe d'affection. On se vouvoie poliment mais tendrement. 

J'ai de la chance... 

Merci Nanou d'avoir été là. je vous embrasse et j'espère bien qu'on restera en contact, comme nos petits messages de ce matin comme un rayon de soleil, celui que vous avez dans la voix. Ne changez pas :) Ne devenez pas sage :) Vous êtes une belle âme

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