Une saison passe

raphaeld

Les eaux de la Seine emportent nos paroles maladroites, nos souvenirs sublimés, notre vie révolue. Tu as tenu à serrer mon corps une dernière fois, tu t'en vas, je vois tes épaules trembler. Tu ne t'attendais pas à ça.

Que peut-on y faire ? On ne doit plus vivre dans le passé, il faut apprendre à laisser les fantômes s'en aller. C'était inévitable. On a joué avec le feu, on n'a pas voulu y croire, mais la vérité était là, tout du long, sur ce quai, c'était ces deux directions opposées, au bout d'une nuit à cœur ouvert.

Que reste-t-il à dire ? On a enfin tombé le masque. Ces dernières retrouvailles n'étaient que des piqûres de junkie qui ne s'avoue pas qu'il est en train de rechuter. On n'a pensé qu'à ça, ces derniers mois, se retrouver, on était tendu vers ces moments interdits, ces chants de sirène, et pourtant ça s'est arrêté là, on n'a pas sauté du pont. Il y a bien une raison à ça.

Où aller maintenant ? Au fond de soi d'abord, pour un certain temps. Il faut affronter les ténèbres, il faut accueillir la douleur. Ne pas fuir le combat cette fois. Ça durera le temps qu'il faudra, qui peut vraiment le dire ? Et puis le monde ouvrira à nouveau ses portes.

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