Vision d'une marionette (2004)

alyciane

Ombre dansante et rieuse
Je m’amuse d’ordinaire
De vous donner, pour vous plaire
Mes amours ennuyeuses

Vous m’habillez de vos fils
Lumières folles et nocturnes
Embrassées d’espoir taciturne
Couvrent de songes dociles

Ô mon Maître, quel délice !

De m’enivrer de vos yeux
Alcool émerveille et doux
Qui mord et tue comme il veut…
Comme je me mords de vous !

Ô mon Maître, quel délire ! 

De goûter vos tendres lèvres
Poison divin sage et fou
Qui se meurt, brûlante fièvre…
Comme je me meurs de vous !

Je veux vous garder rien qu’à moi !

Chuchotez moi encore ces mots-là 
Ceux que vous m’avez pleuré autrefois
Maître, comme je vous hais aimez moi 
Car sur moi, Vie ou Mort vous avez droit

Habiles mains, liez notre amour passé
Car, je me dois de vous le confesser
Comme je ne veux être séparée
De vos paroles qui font rêver

Et tant notre âme intimement nouée
Tirent leurs ficelles noires et dorées
Notre destin implacablement né
De deux êtres tellement opposés

Car sans moi vous n’êtes rien, car sans moi
Vous ne serez jamais plus ce grand roi
Qui règne par delà et au-delà
Car nous n’existerions plus vous et moi

Qu’il est bon d’être une ombre gracile qui danse à vos pieds
Ô mon Maître que j’ai tant aimé.

Signaler ce texte