VITIS SEZANNENSIS – Écrire

Jay M Tea

Début d'autobiographie.

J'ai beau chercher un point de départ, il y en a des milliers. Le point d'arrivée, lui, est unique : je veux répondre à mon envie d'écrire. Sans nécessairement répondre au comment de son origine (la question ne se pose pas, nous nous incarnons) ni même définir ce vers quoi cette envie tend, je veux simplement la raconter. Je veux la regarder de loin et revivre de près, sur le papier, les aventures encrées de ma mémoire.

Mettre mon désir en mots, c'est une purge, une mise à nue. C'est un voyage fait d'ombres et de lumières dont l'itinéraire sentimental m'échappe bien malgré moi. Sorte de brouhaha où tourbillonnent les échos de mes voix mentales. Cette collection riche des discours rapportés de mes expériences humaines et intérieures s'entrechoque dans ma tête, en rythme avec les battements de mon cœur. Ça grouille. Y a tout un univers là-dedans et ce qui semble être, en cet instant, un début d'histoire, pue le destin à coup sûr.

Reste à savoir d'où partir, en pleine conscience, avant d'entamer la marche aléatoire et digressive qui reliera les points innombrables de ma démarche initiale. Les étapes en va et vient formeront l'impossible constellation terrestre et capitale que j'entreprends d'écrire : « D'où partir ? »

À mesure que je m'interroge sur le point fixe d'où partira le mouvement de ma main, le choix du centre autour duquel tout semble graviter m'apparaît. Je m'en saisis comme cette forme terrible qui nous scrute droit dans les pupilles au réveil : la chaise scabreuse soutenant le linge de la semaine, le pli des rideaux ou pire encore, l'aiguille des secondes arrêtée sur le douze d'un réveil sans sommeil.

Je dois partir de Sézanne.

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