Voilassons

Isabelle Polle

Il était une voix
qui pénétra
mon repère
ma tanière
raccordée d'une alarme
A travers le haut parleur
ce voyeur
pour que je désarme
me murmura comme  un nourrisson
de calis-son
qui sonnèrent à mon pavillon
comme un tenson
jusqu'à mon insondable frisson
Une voix chaude, smooth
ténor et surtout très douce
où souvent j'entrevoie
son sourire et sa respiration
mêlé à un léger
accent étranger
Mais son détenteur inaccessible
aussi présent qu'invisible
aux ultrasons
de velours
refusa toujours
de m'avouer son nom
Comme possédée absonlument
par son merveilleux instrument
je convoite
ce timbre d'albatros
et rêve que vous voilâtes
en chair et en os
que vous me voyageâtes
pour être enfin à l'unisson
comme le son
l'est à vos cordes vocales
à vos poumons
et à votre étrange prononciation
qui me sont indispensables
Car il est ma voilupté
ou la voix de mon maître
et suis la voyelle de sa voix
qui me laisse sans voix
mais, vox populi vox dei
ma voix intérieure me hurla
"apprivoises la
cette tendre voyoucratie"
dont le timbre et l'amplitude
sont devenus ma servoitude
J'ai donc analysé l'empreinte vocale
de l'insondable timbre musical
de cette belle voix d'homme
pour  empris-sonner ce fantôme
qui me voisina
Voix là

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